AHOU numérique n°7 (23/10/2020)

 

Ahou : Un cri de résistance

 

S’organiser

 

(face à la répression et la propagande raciste et réactionnaire)

 

Ne cédez pas à la peur


 

Édito

 

 

La campagne pour les élections présidentielles de 2022 semblait bien lancée dès cet été par des chaînes d’infos en continu comme C NEWS. Sur la montée des inégalités ? Les grands groupes profiteurs de crises ? Le Plan de relance leur profitant largement ? La crise économique, le million de personnes ayant basculé dans la pauvreté, les plans de licenciements qui pullulent un peu partout, les futures faillites de TPE/PME annoncées en masse pour le début 2021 ? Nos libertés qui foutent le camp ?

 

Non bien sûr, rien de tout ça mais plutôt l’« été Orange Mécanique », l’« ensauvagement », le « séparatisme »/ »communautarisme », les « territoires perdus de la République », la « dictature des minorités », l’« indigénisme », la montée de l’islamisme radical, une France « au bord de la guerre civile ».

En un mot braves gens : flippez, le danger est partout, c’est votre voisin, c’est même peut-être vous-même, faites attention à vous, ne sortez pas de chez vous, c’est bien trop dangereux dehors !… Et puis ça tombe bien en plus il y a un « couvre-feu », et puis mettez votre masque que diable, non, pas comme ça, au dessus du nez, oui voilà vous y êtes !…

Alors autant vous dire que lorsqu’ arriva la moyenâgeuse décapitation du professeur Samuel Paty, les esprits avaient déjà été chauffés à blanc.

Une fois de plus, l’appel est lancé à l’« Union Nationale ». Bientôt, ne pas être raciste et islamophobe sera vu comme totalement ringard. Ou pis, le signe d’une naïveté qui auparavant traitée avec une condescendance un peu moqueuse sera vue comme intolérable, de l’islamo-gauchisme !!! L’étrange concept avait été également avancé tout l’été…

Nous pouvons donc assister au spectacle navrant d’éditorialistes et personnels politiques se montant le bourrichon, surenchérissant en propositions toutes plus musclées sur les plateaux télé. Il faut faire montre de fermeté et tant pis si les droits y perdent, nous sommes en guerre, il va enfin falloir porter ses couilles bordel !!!

La moindre critique face à cette union nationale masquant toutes les incuries gouvernementales, sera quasiment vu comme un crime contre la Nation et franchement douteux. Il faudra être avec eux sans nuances. Sans « mais » possible. Tout est mis sur le terrain moral, il est recommandé de ne plus réfléchir, l’émotion submerge tout.

N’oubliez jamais qu’en période de crise du capitalisme, cette économie, l’État et la caste politique qui les soutiennent, s’accommodent largement d’un pouvoir autoritaire, pis, ils le demandent. Ce n’est pas un hasard si Bolloré a racheté le groupe Canal+ et notamment C News. Ce n’est pas un hasard si toutes ces chaînes aux mains de milliardaires font monter la peur, mettent tout sur le terrain de la sécurité comme un appel d’air pour un État fort, intraitable. Le Rassemblement National semble mis en avant et bientôt peut-être son électorat dépassera sa base ouvrière (+ employés), gagnera ainsi une classe moyenne en voie d’accélération de sa paupérisation, ce qui est un des signes annonciateurs de la montée du fascisme (ici néo-fascisme). Et si Le Pen ne le fait pas, Macron se placera sur ce terrain là, pour ratisser large et surtout ne pas répondre de questions économiques.

Le sage regarde la crise systémique du capitalisme, l’idiot regarde le doigt inquisiteur trempé dans la merdasse zemmourienne et identitaire !

Circulez braves gens, il n’y a plus rien à voir. Avec cette hystérie collective, sous couvre-feu, que l’on ne vienne pas s’étonner si bavures policières et vengeances « citoyennes » il y a, tout nous y mène.

 

Et déjà (voir les articles de RÉvolution permanente) :

 

Ensauvagement, séparatisme Oui Celui de la bourgeoisie

 

 

« Peut être que c’est l’islamo-anarcho-gauchisme qui est responsable de la COVID, puisque le gouvernement lui fait la guerre ?… »

anonyme

 
Et déjà Darmanin d’annoncer :
  • que des opérations de police ont été lancées contre « des dizaines d’individus » qui n’ont pas un « lien forcément avec l’enquête mais à qui nous avons envie de faire passer un message » : elle est passée où la séparation des pouvoirs ?
  • qu’il allait bientôt «proposer», en Conseil des ministres, la dissolution de plusieurs associations qu’il considère comme «séparatistes » comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) (qui assiste les musulmans victimes de discriminations) ou Baraka City (organisation humanitaire animée par des musulmans).
Valls sorti tout d’un coup du chapeau :
  • « toute la presse dans les jours qui viennent doit publier les caricatures de Charlie Hebdo. Je pense que dans toutes les écoles, avec des élèves qui sont en mesure, en âge de l’entendre, il faut montrer ces caricatures et expliquer ce qui s’est passé »
  • “Il a été d’une très grande complicité, il a une très grande responsabilité dans tout ce qui s’est passé, dans tout le rapport de la gauche avec la lutte contre l’islamisme”, au sujet de Jean Luc Mélenchon
  • de fustiger « nos lâchetés, nos ambiguïtés, et à gauche notamment… » « Je vous arrête là-dessus, exulte Jean-Baptiste Boursier, parce que vous avez eu des mots extrêmement durs à l’endroit de La France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon, vous avez dit : “Ils ont une responsabilité dans cette lâcheté.” » Et donc dans l’assassinat de Samuel Paty. « Oui, bien sûr, cette gauche-là, vilipende Manuel Valls. La France insoumise, la gauche journalistique, Edwy Plenel, la gauche syndicale, l’Unef, la Ligue de l’enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme, qui ont fait rentrer les théories de Tariq Ramadan en leur sein. »

Dimanche midi, sur BFMTV, Christophe Barbier lance une autre idée frappée au coin du non-sens. « On peut agir très rapidement, il faut relancer la loi Avia censurée par le Conseil constitutionnel, qu’on peut très bien remettre sur l’établi en changeant la Constitution. »

citations tirées de :
À lire aussi sur le sujet :

Face aux médias racistes et réactionnaires Plus que jamais l'entraide


 

Pourquoi ça bouge pas ?

 

Ou l’analyse de l’absence de mobilisation sociale à la hauteur des enjeux actuels

 

C’est la rentrée. C’est la rentrée sociale. Ah bon ?

Le mois de septembre, s’il coïncide avec le début de l’automne, est généralement un mois agité dans l ‘hexagone. C’est le mois de l’appel à la grève, le mois de la mobilisation des paroisses syndicales. Les gens sont chauds, requinqués par leurs vacances, ils sont prêts à se mobiliser contre les projets de lois passés en douce pendant l’été.

Mais 2020 n’est décidément pas une année comme les autres. Depuis la reprise, les 2 appels nationaux (des Gilets Jaunes et des syndicats) ont été peu suivis. Les personnes présentes étaient certes déterminées, mais les nouvelles forces vives, espérées, ont brillé par leur absence. A cela probablement une multitude d’explications. C’est ce que nous allons essayer d’analyser ici.

 

Une seule liberté Celle de travailler

 

Contextualisation des luttes sociales (pour celles et ceux qui auraient loupé un épisode)

Le début de la phase sociale actuelle est probablement à dater de 2016. Elle se déroule en 3 grands temps. Le premier est celui de la mobilisation contre la loi El Komri, qui a ouvert en France un nouveau chapitre de luttes, marqué par une certaine autonomisation. La ZAD de Notre Dame des Landes en symbole précurseur, Nuit Debout comme expérience également fondatrice. Un espoir était né après la période folle des attentats de 2015.

Le mouvement des Gilets Jaunes s’inscrit en quelque sorte dans la continuité. Ce dernier, par son ampleur, sa durée, et surtout son intensité, a marqué les esprits. Aussi bien positivement pour ses acteurs, que négativement pour une certaine part de la société. En effet, bon nombre de citoyen.ne.s qui n’ont pas pris part au mouvement, même s’ils pouvaient s’en déclarer solidaires, ont été fatigués psychiquement par cette lutte. Ils s’en sont lassés, bien aidés en cela par le pilonnage médiatique de cette période.

Le 3e temps est celui de la grève contre la réforme des retraites, débutée le 5 décembre 2019. Si cette grève a été longue, et quand bien même certains secteurs se sont littéralement jetés dans la bataille, il faut admettre que la mobilisation escomptée, au regard des enjeux, a été décevante. Peut-être que la lassitude populaire préalable, exprimée via la poursuite du mouvement des Gilets jaunes, y est pour quelque chose.

Il est aussi à noter que cette mobilisation coïncide avec une volonté de reprise en main des luttes sociales par les têtes syndicales, bien aidées en cela par l’État. La pseudo mobilisation de la CFDT n’en est que le plus bel exemple.

Le non soutien de la base syndicale par sa tête dans certains cas, conjugué au retour de l’inefficacité de certaines formes de luttes dans d’autres cas, le tout saupoudré d’une violence policière et judiciaire bien rodée après l’épisode des Gilets Jaunes, a fini d’achever la mobilisation.

De cet enchaînement d’évènements peut sans doute ressortir un début d’explication à la situation actuelle. Même si certaines pauses ont eu lieu entre ces mouvements, nous pouvons interpréter cet enchaînement comme un certain continuum. Cela représente donc 4 ans de luttes. Quatre années intenses, faites de plein de bonnes choses évidemment, de rencontres, de joies, etc, mais 4 ans de peu de succès immédiats, concrets.

Le droit du travail et les retraites sont en passe d’être détricotés, la justice fiscale et la démocratie directe voulues par les Gilets Jaunes continuent à être piétinées. Il en résulte chez bon nombre de protagonistes une fatigue, une lassitude, parfois de la résignation. Un parallèle avec la situation sociale en Angleterre dans les années 1980, où les luttes se sont vue anéanties suite à l’inflexibilité de Thatcher envers les mineurs de charbon, n’est d’ailleurs peut être pas si déconnecté de la réalité que nous vivons.

 

L'État décapite l'hôpital Et ça n'émeut personne

 

Contextualisation sanitaire et sociale

Le gouvernement joue parfaitement depuis le début de l’année. Oui oui, sa copie est presque parfaite. Tout du moins si l’on fait l’effort de se placer de son point de vue. Petit retour chronologique en plusieurs temps.

Tout d’abord, le pré-confinement. Mi janvier, avec près de 3 semaines de retard, le gouvernement chinois admet l’existence d’un problème épidémique sur son sol. (1) Le monde entier est donc au courant, et à fortiori notre gouvernement. A ce moment là, il existe encore peu d’informations fiables sur le SARS COV-2. Néanmoins, la COVID-19 se révèle quand même être une maladie contagieuse virale à manifestation surtout respiratoire dans les cas graves. Tout médecin bien formé sait qu’une telle contamination se fait en général par voie ORL, via une inhalation de l’agent pathogène ou contact avec celui-ci. La première arme de lutte contre la propagation de ce virus réside donc à minima dans : la fourniture de masques adaptés et de matériel de lavage des mains.

Normalement, il fait parti des devoirs de l’État d’anticiper la survenue d’une problématique épidémique sur son sol. Or dans ce cas précis le gouvernement ne met pas en œuvre cette anticipation.

C’est alors que débute la mascarade actuelle. Comme chacun.e l’a désormais compris, le gouvernement ment de manière éhontée sur la question des masques pour pallier à son incompétence. Mais ça passe.

Pire, jusqu’au 15 mars, veille de confinement, l’État continue à détruire en toute discrétion le peu de stocks de masques qu’il lui reste. (2) Soit dit en passant, mais c’est important à noter d’un point de vue stratégique, il commandera à la même période pour 3,5 millions d’euros de lacrymogènes (on voit où il place ses priorités). (3) Mais ça passe aussi.

Puis vient le temps du confinement. Confinement décidé, c’est à noter, sur des bases empiriques, mais non validées scientifiquement, pour pallier une fois de plus à l’incompétence de l’État sur la question des masques. (4) Et encore une fois, ça passe. Et ça passe même très bien. La population a été (et continue d’être), faut-il le rappeler, extrêmement disciplinée. La peur, utilisée comme arme de persuasion massive, est un outil très efficace.

Il est important de noter que cette période a marqué les corps et les esprits. Nous commençons tout juste à en cerner l’impact.

Enfin vient le 3e temps, celui du post confinement, que nous vivons. Il faut l’envisager comme la suite presque « calquée » du confinement. En effet, tout se passe actuellement comme si il n’y avait pas eu de rupture avec la période précédente. En d’autres termes, le dé-confinement a été décrété, mais le gouvernement conduit une politique en tout point similaire à la phase du confinement : le respect de certains droits fondamentaux continue à être bafoué dans les textes (mesures coercitives prolongées jusqu’au 30 octobre), la propagande dans les médias et dans la rue bat son plein (5), la répression dans les tribunaux ou via la police reste sévère.

L’articulation de ces différents moyens (législatif, médiatique, répressif) permet au pouvoir d’avoir les mains libres. Il surfe tout à la fois sur la pulsion de consommation post-confinement pour espérer relancer l’économie, et sur la peur savamment entretenue d’une 2e vague.

A cette première peur désormais intériorisée par la population depuis le confinement, il y adjoint une seconde. Une seconde peur que la population a là aussi pu faire sienne, mais depuis bien plus longtemps : celle du chômage. L’annonce de la crise économique, c’est la vraie 2e vague pour la population. Elle commence tout doucement à entraîner pour certain.e.s un repli sur soi.

 

Nouvelle vague Oui Mais de licenciements

 

Ce qu’il faut comprendre dans cet enchaînement récent, c’est que nous vivons là un moment particulier de l’histoire. En effet, l’époque actuelle est caractéristique de ce que l’on peut appeler la stratégie du choc, du nom de la théorie avancée par Naomi Klein. (6) Pour faire court, cette stratégie permet à l’État, suite à un traumatisme massif (guerre, attentat, épidémie,…), de mettre en œuvre une politique qu’il n’aurait pu mener en l’absence de sidération de sa population.

Et à l’heure actuelle, la population française est effectivement comme sidérée, affaiblie par le souvenir des luttes perdues, apeurée par l’épidémie, effrayée par les conséquences de la crise économique débutante. La problématique est que ce phénomène, actuellement, s’auto-entretient. Car si normalement la stratégie du choc est rendue possible du fait de la sidération de la population, la sidération actuelle de la population permet aussi à l’État d’accélérer la précarisation de la société (sa politique) puisqu’il ne rencontre aucune résistance à sa dite politique.

A ce propos, il est inquiétant de relever quelques indices qui mettent en perspective la montée du totalitarisme ambiant, au travers d’exemples qui pourraient être qualifiés de réactions perverses du gouvernement. En effet le pouvoir se trouve actuellement dans un sentiment de toute puissance, de maîtrise. A la limite du sadisme.

Le premier exemple est cette notion de « premiers mai chamailleurs qui lui manquent», lâché par Macron pendant le confinement. Cette énième provocation, notamment quand on repense à l’affaire Benalla, le président se la permet car il se sent en force pour la faire. Le second exemple concerne un aspect de la communication actuelle du gouvernement : il dit craindre, en coulisse, une explosion sociale au vu de la montée de la précarité. Là encore, au vu de l’état actuel de soumission de la population, on ne saurait nous faire croire que le gouvernement pense réellement ce qu’il affirme. Énième manipulation.

La France a peur

Analyse sociologique

A ces deux notions préalables (la fatigue secondaire à l’échec des luttes récentes, et l’état amorphe de la société suite au contrôle des esprits depuis le confinement), une troisième voie d’explication peut être recherchée.

En effet, la crise sanitaire survient alors que la population française a été biberonnée depuis plusieurs décennies au culte du Moi. La publicité, l’ode à la consommation, le développement des réseaux dits sociaux permet la constitution d’un terreau d’individualisme chez chacun.e. Cet individualisme s’est progressivement immiscé dans de nombreux champs de nos vies.

Tant et si bien que depuis quelques années, un autre pallier à été franchi. L’injonction à l’individualisme, en plus d’être présente partout et en tout temps, a évolué pour devenir un autre vecteur de propagande via la responsabilisation individuelle. Exemples :

– il faut bien trier soi même ses déchets pour lutter contre la pollution de notre environnement.

– il faut bien éviter d’aller aux urgences pour rien et ainsi éviter de surcharger ce service débordé.

– il faut bien respecter les mesures sanitaires pour faire reculer l’épidémie de Coronavirus

– etc

 

Stop à l'individu roi, place à l'individu libre MAM RVB

 
Il est très clair que cet appel à la responsabilité de chacun.e n’est qu’un écran de fumé, bien utile au pouvoir pour masquer sa propre responsabilité dans certains domaines.

Mais il est aussi très clair que cette pseudo responsabilisation a d’autres effets ragoutants : elle victimise tout à chacun.e, pour mieux l’isoler. Et ceci à grands renforts de rationalité (du moins apparente).

On obtient ainsi un groupe de citoyen.ne.s, relativement homogène, obéissant à des principes qui de prime abord semblent logiques, mais isolé.e.s les uns des autres. C’est à dire des citoyen.ne.s observant.e.s pour eux.elles mêmes et aptes à consommer pour eux.elles mêmes. Et le pire dans tout cela, c’est que cette observance semble consentie. Elle semble même venir des individus eux-mêmes.

Alors, pourquoi un tel constat, déjà connu, dans cet article. Et bien parce que ici, l’argument clé, c’est celui de la rationalité. Les personnes consentent à de telles objections au nom de cette rationalité. Et cela nous amène à la 3e notion que nous voulions développer.

En effet, au cours de la période actuelle, un phénomène assez nouveau pour notre génération s’est progressivement modélisé. Il s’agit de l’instauration d’une confusion ambiante dans les messages gouvernementaux. Autrement dit, le gouvernement a été capable d’affirmer tout et son contraire dans un laps de temps très court.

En cela, la communication concernant l’utilité des masques a été un cas d’école. D’inutiles, ils sont rapidement devenus obligatoires. Idem pour les protocoles de soins qui chaque matin pouvaient changer. Ou bien encore sur la contagiosité potentielle des enfants.

Si il est entendu qu’il existe des raisons sous-jacentes bien identifiées à ces changements soudains de discours, du fait du « tâtonnement initial devant cette nouveauté », il n’en reste pas moins qu’une telle communication se révèle extrêmement efficace pour asservir psychologiquement une population. D’autant plus que cette population a été habituée à « obéir » à la rationalité promue par la responsabilisation individuelle. Cela conduit à une perte totale de repères, et par là même à une obéissance renforcée. Comme si la communication gouvernementale devenait encore un peu plus le gouvernail unique du bateau population dans ces temps brumeux. En quelques sortes, cela correspond à un stade encore plus avancé de pensée unique.

Hannah Arendt parle très bien de ce confusionnisme pour décrire la communication des totalitarismes :

« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est coupé de sa capacité d’agir, mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez.» (7)

Ainsi, la population, progressivement désolidarisée, fatiguée par les luttes perdues, atone suite au confinement, se retrouve complètement manipulée et perdue, incapable de réaction. Nous vivons un de ces moments là.

 

La police recrute

 

Hypothèses d’évolution future

La situation est donc peu reluisante. Si l’histoire est en permanence faite de cycles, bien malin.e celui ou celle qui pourra anticiper la suite à court et moyen terme en France.

Sur le court terme, des notes d’espoir continuent cependant d’émerger et le tableau des luttes n’est peut être pas aussi noir que celui dépeint précédemment. En effet d’autres mobilisations ont eu lieu ces dernières années : la lutte écologiste (Youth For Climate, Extinction Rebellion) se diffuse progressivement dans des pans de la société, de nombreuses ZAD se sont créées, la lutte féministe reprend également de la vigueur. Mieux, la lutte contre le racisme a pris un nouveau tournant grâce à l’articulation des différents mouvements opérée par le Comité Justice et Vérité pour Adama Traoré. De manière générale, tous ces mouvements restent portés par une jeunesse qui n’en peut plus des œillères que la société cherche à lui imposer. Ils sont autant de lumières dans un ciel bien sombre. Mais sait-on jamais.

Sur le moyen terme, la situation est plus indécise. Si effectivement, de manière historique, la hausse de la précarité s’accompagne en général de révoltes, les faits énoncés plus hauts semblent constituer un frein important à la mobilisation. Il est à espérer que le repli sur soi-même ne devienne pas la norme, dans un pays en voie de vieillissement et biberonné à l’individualisme.

Certains auteurs entrevoient pourtant le mouvement des Gilets Jaunes comme les prémices d’un nouveau cycle d’ingouvernabilité, comme Emmanuel Todd ou Eric Sadin pour ne citer qu’eux (89). D’ailleurs les Gilets Jaunes, pour la plupart, ne disaient pas autre chose.

Deux autres facteurs sont sans doute à prendre en compte concernant les possibilités de mobilisations sociales à moyen voire long terme. Le premier, limitant, est le développement à outrance de la techno structure, et avec lui de la surveillance de masse. Les Gilets Jaunes avaient peut être vu juste sur ce point : le risque de ne bientôt plus pouvoir lutter est réel, tellement l’appareil répressif de l’État semble au point. Pire, il semble déterminé à aller bien plus loin, quitte à nous promettre une société similaire à celle du crédit social chinois.

Le second, favorisant, est celui des conséquences sociopolitiques potentielles du dérèglement climatique. Dans un monde en contraction, la lutte pour sa survie risque d’être plus qu’exacerbée.

 

Références

1 https://www.sciencesetavenir.fr/sante/ Coronavirus : comment rumeurs et théories du complot se sont mises en place en chine, une chronologie des évènements

2https://www.lemonde.fr/sante/article/2020/05/07/ La France et les épidémies, 2017-2020, l’heure des comptes

3https://reporterre.net En mars le gouvernement a lancé l’achat de gaz lacrymogènes plutôt que des tests du Coronavirus

4https://coroinfo.wordpress.com/2020/05/16/ Confinement :une utilité sanitaire ou politique ?

5https://www.liberation.fr/checknews/2020/09/24 La police a-t-elle le droit d’utiliser des drones pour surveiller les manifestations ?

6https://fr.wikipedia.org La Stratégie du choc

7https://www.nybooks.com/articles/1978/10/26/ Hannah Arendt from an interview

8– Les luttes de classes en France au 21e siècle, Emmanuel Todd

9 – L’ère de l’individu tyran, Eric Sadin


Les géométriquement correctes aventures de Marcel Triangle et René Rond

 

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Petit à petit Nos libertés s'en sont allés

 

 

On ne lutte pas contre la COVID

On construit la répression

 

On ne lutte pas contre la COVID quand on ne se tient pas au courant des évolutions scientifiques sur les risques pandémiques depuis les années 2010.

On ne lutte pas contre la COVID quand on dilapide sur des années les stocks de masques qu’on possède au nom d’une soi-disant rentabilité.

On ne lutte pas contre la COVID quand on continue de détruire le peu de masques qu’il nous reste jusqu’à la veille d’un confinement national.

On ne lutte pas contre la COVID quand on promet la suppression de postes de soignants et de lits d’hospitalisation (pardon, de modernisation…) aux CHU de Nantes, Toulouse ou Nancy pour ne citer qu’eux.

On ne lutte pas contre la COVID quand on n’augmente que de 183 euros certains soignants alors que pour rétablir leur salaire sur la moyenne de l’OCDE ceux-ci devraient bénéficier de 300 euros pour tou.te.s.

On ne lutte pas contre la COVID quand on n’embauche pas de soignants après la pire crise sanitaire de ces dernières années (et qu’on laisse actuellement 34 000 postes d’infirmier.e.s vacants dans la fonction publique).

On ne lutte pas contre la COVID quand on ne met rien en place pour former normalement (et pas en 15 jours) de nouveaux soignants afin d’inverser la tendance.

On ne lutte pas contre la COVID quand on décide d’instaurer un forfait payant à l’entrée des urgences en l’absence d’hospitalisation.

On ne lutte pas contre la COVID quand on instaure le port d’un masque dans les rues de toute une agglomération, mesure allant à l’encontre de toutes les connaissances acquises sur ce virus.

On ne lutte pas contre la COVID quand on instaure un confinement ou un couvre feu sans aucun argument scientifique valable le justifiant.

On construit la répression quand on commande des lacrymogènes, des drones et des blindés pour les forces de l’ordre en plein confinement puis la veille de 2e vague.

On construit la répression quand on nasse et gaze une manifestation de soignants durant le post-confinement.

On construit la répression quand on tente de décrédibiliser une infirmière sur la place publique pour 2 cailloux lancés alors que cette dernière donne sa vie pour soigner les autres.

On construit la répression quand on instaure un pseudo Ségur de la santé destiné à diviser le monde de la Santé.

On construit la répression quand on décale complètement le débat sur l’islamisme radical ou la longueur des jupes des filles à l’école, alors que l’on fait face à la pire crise sanitaire, économique et écologique de notre temps.

On construit la répression quand on se permet de créer un nouveau schéma de maintien de l’ordre criminalisant les journalistes et les associations de défense des droits.

On construit la répression quand on se permet de licencier de manière complètement abusive plusieurs syndicalistes engagés dans la grève contre la réforme des retraites.

On construit la répression quand on instille progressivement la xénophobie et le racisme généralisé dans le débat public.

On construit la répression quand on fricote avec Mme Le Pen concernant un projet de loi d’un autre âge sur le séparatisme.

On construit la répression quand on ne répond à un crime horrible que par la surenchère répressive, la stigmatisation d’une partie de la population et l’abolition de la séparation des pouvoirs.

On construit la répression quand on infantilise une population au point de lui imposer la présentation par elle même d’une feuille de déplacement.

On construit la répression quand on n’apporte concrètement aucune réponse politique (et uniquement la matraque) à des mouvements sociaux d’ampleur.

On construit la répression quand … on ne veut pas vraiment lutter contre la COVID.

 


Pour l'honneur des travailleurs On est là BAM NB

 

Être instituant pour dépasser la révolte et le consentement

 

L’apparente question des comportements et des caractères

Pour celles et ceux qui se sont mobilisé.es ces dernières années, il est difficile de voir la situation sociale continuer de se dégrader, les hommes politiques profiter de la situation et une masse importante de la population ne pas réagir à la mesure de ce qu’elle subit. Ces contradictions ne sont pas nouvelles dans l’Histoire. Dans le contexte de la fin des années 60-70, période pendant laquelle les populations se sont soulevées dans de nombreux pays et ont trouvé des dictatures faces à elles, Paolo Freire partageait déjà ses réflexions concernant ces comportements sociaux :

 » Lorsqu’ils découvrent en eux-mêmes cet élan vers la liberté, ils perçoivent que cet élan ne pourra devenir réalité que lorsque ce même élan émergera en leurs camarades. Mais alors qu’ils sont dominés par la peur de la liberté, ils refusent d’en appeler aux autres ou d’écouter les appels des autres, ou même à l’appel de leur propre conscience. Ils préfèrent l’aspect grégaire, la protection du nombre à l’authentique camaraderie, ils préfèrent la sécurité au sein de la conformité dans leur état de captivité à la communion créative produite par la liberté et même par la poursuite de la liberté. »1

Si parler d’élan vers la liberté peut paraître un peu abstrait, nous pouvons parler de volonté de faire des choix concernant ce que nous pensons utile de produire et la manière dont nous voulons partager notre force de travail, concernant la manière dont nous voulons organiser nos lieux de vie et nos relations sociales etc. Cette aspiration prend d’autant plus sens avec le couvre feu instauré par le gouvernement Macron qui nous renvoie au slogan « Travail, consomme et ferme ta gueule ». Face à l »arrogance et au mépris du pouvoir en place, comment favoriser le déplacement du curseur entre celles et ceux qui se révoltent et celles et ceux qui se résignent ?

Sans perspective proposant un autre mode de production et ne comptant pas sur le système politique actuel pour le mettre en œuvre, le rapport de force plafonnera en notre défaveur.

 

Glou glou glou Dans leur cerveau il n'y a que de l'eau

 

Des mobilisations fortes mais finalement isolées

Pour que « l’élan vers la liberté » puisse concerner le plus grand nombre et devenir réalité, il faut faire attention aux tentations alchimistes basées sur l’idée que le bon slogan, la bonne revendication, la bonne communication déclencherait ou décuplerait les mobilisations. Alors que les mobilisations syndicales sont souvent à la peine en prenant pourtant soin de clarifier leurs communications, le mouvement des Gilets jaune les a surpassé en nombre et en vitalité alors que chaque participant.e y apportait parfois sa revendication avec son vécu propre. Si on se base sur cette observation, on peut se dire que la situation sociale et l’utilisation de quelques moyens de communications peuvent jouer un rôle tout aussi décisif sur le déclenchement de mobilisations que le soi-disant savoir faire de certains chefs syndicaux. Pour autant, ni les syndicats, ni le mouvement des Gilets jaunes n’ont jusqu’à aujourd’hui permis de faire plier Macron. Mêmes si les mobilisations des un.es et des autres ont vécu des phases d’expansion et malgré le soutien d’une majorité de « l’opinion publique » aux sommets de leurs gloires, celles-ci n’ont pas entraîné les masses et « l’ordre » a petit à petit retrouvé sa place, resserrant même encore davantage la bride…

 

La piste insuffisante de la remise en question démocratique

Parmi celles et ceux qui ont essayé de convaincre de la nécessité de se bouger au son de « Macron Démission », combien ont entendu des « Je suis bien d’accord avec vous mais après ? Qui mettre à la place ? » ou « Oui mais que faire à la place et comment ? ». Avec le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC), les Gilets jaunes ont essayé d’apporter des réponses sur le plan du fonctionnement démocratique. Cependant, la compréhension diffuse du fait que le vrai pouvoir politique n’est pas entre les mains des institutions mais de celles des très riches a certainement limité la crédibilité des alternatives portées par le mouvement auprès des gens qui n’y participaient pas.

 

La désespérante reconnaissance de la légitimité du pouvoir institutionnel…

Du côté des syndicats, les années de « Dialogue social » qui consiste à caler les mobilisations sur des journées d’action rythmées par le calendrier des négociations avec des « partenaires sociaux » pourtant sourds aux manifestations, renvoie la question des changements politiques profonds aux stratégies électoralistes… La perte de crédibilité de cette stratégie a érodé années après années les capacités de mobilisation des syndicats pris dans un cercle vicieux. Ils continuent de tenter de négocier alors que le gouvernement liquide actuellement les maigres marges de manœuvres qui leurs restent. Dans l’hypothèse où les directions syndicales changeraient leurs stratégies, il faudra du temps avant de reconstruire la conscience que les syndicats sont un point d’appui pour obtenir des avancées sociales profondes. Pour l’heure et alors que la situation est catastrophique dans les hôpitaux, les écoles ou les entreprises, leurs directions continuent de quémander l’écoute du Président de la République et renvoient le changement aux élections présidentielles de 2022 en travaillant notamment à l’élaboration d’un « bon programme » dans le cadre de l’initiative « Plus jamais ça ». On ne sait pas encore qui aura l’honneur de porter ce beau programme et de l’abandonner sous la pression des capitalistes qui menaceront de mettre la France en Banqueroute en cas de tentative de mise en œuvre.

 

Bouffon du roi RVB

 

 

Quels points d’appui pour ancrer les bases d’un autre système politique ?

Se saisir des cadres d’organisation existants

Ancrer une alternative politique à la base passe par la nécessité de rompre matériellement l’isolement accentué par le « nouveau management du 19ème siècle » sur nos lieux de travail, par des règles d’urbanisme n’incitant pas à la vie sociale et par les récentes mesures sanitaires… A l’heure où il n’est plus possible de se réunir sur les rond-points, où les réseaux sociaux montrent leurs limites et sont de plus en plus fliqués, les structures associatives ou syndicales constituent des solutions pour se réunir et maintenir les fils nécessaires à l’organisation et l’action commune au delà des réseaux de connaissances qui mettent des années à se construire et permettent souvent difficilement aux gens extérieurs de s’insérer. Avec leurs forces et leurs limites, ces structures permettent aussi parfois de créer des liens internationaux nécessaires pour échapper à la propagande médiatique nationale. Nous avons beaucoup appris des modes d’action à Hong Kong et les expériences de mobilisation au Chili, en Biélorussie ou encore au Liban sont très riches d’enseignements, notamment sur les stratégies à avoir face à des États plus répressifs ou encore plus discrédités que l’État français. Il est aussi possible de passer directement par des organisations politiques internationales qui se réclament par exemple d’un communisme révolutionnaire en rupture avec le stalinisme mais ces organisations sont pour l’instant encore assez faibles, parfois ambiguës vis à vis des stratégies électoralistes et leur fonctionnement démocratique est souvent difficilement « appropriable »… Pour autant, en plus de proposer quelques cadres d’organisation dans la période, elles ont aussi l’avantage de tenter de transmettre plus de 200 ans d’expériences de luttes sociales et de mettre en perspective les difficultés actuelles : les contradictions des syndicats ne sont pas nouvelles, les limites des tentatives de créer des sociétés idéales locales non plus par exemple.

 

Partir de ce que nous pouvons construire à notre échelle et des expériences historiques

L’Histoire du mouvement ouvrier est aussi riche des expériences qui ont permis d’organiser des systèmes de solidarité en l’absence d’un État social. A l’heure où la Sécurité sociale ou Pôle emploi continuent d’être démantelés et alors que les charognards macronistes du « Social business » se repaissent des dépouilles, il faut d’abord nous battre pour conserver les conquis mais il faut aussi penser à refonder des Bourses du Travail voire des Sociétés de secours mutuel tant les vautours ont gagné du terrain…

Il existe d’autres pistes pour devenir « instituants » et ne pas supplier les institutions actuelles sur lesquelles nous n’avons plus de prise de bien vouloir satisfaire nos besoins. Concernant la question de l’alimentation par exemple. Cette question est au carrefour des luttes sociales et écologiques actuelles : luttes des femmes précaires et voulant faire reconnaître le travail domestique, lutte des sans-papiers embauchés sans droits effectifs pour les récoltes ou les livraisons, travailleurs et travailleuses de l’agroalimentaire subissant des conditions de travail lamentables, maraîchers et maraîchères menacées par l’agrobusiness et l’agro-bio-business. Face aux « élites » financières et industrielles qui réduisent leur État à des fonctions répressives, ne pourrait-on pas commencer par la création d’une Sécurité sociale alimentaire pour faire face aux besoins humains et aux nécessités écologiques qu’ils sont incapables de satisfaire ? L’Histoire nous enseigne que le vieux monde ne se laissera pas grignoter petit à petit mais sans expériences instituantes, nos luttes seront toujours limitées par des débouchés qui remettront en selle les profiteurs du Vieux monde…

 

1Pédagogie des opprimés, Éditions Maspero,1974 (écrit en portugais en 1968)

 

C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches


 

Unissons-nous sur un principe simple :

Ne pas « taper » sur plus faible que soi,

Comme le chômeur, le migrant…

Mais s’attaquer aux puissants qui nous dirigent,

Au pouvoir politique et économique !

 

 

Socialisme utopique, le retour ?

 

 

Il semble que parfois nous soyons revenus à une sorte de “socialisme utopique” critiqué en son temps par Engels (Socialisme utopique et socialisme scientifique). C’est à dire le retour à la communauté, parfois inspiré de formes précapitalistes comme par exemple la commune villageoise, le retour à l’artisanat etc. On refait un peu le monde ex-nihilo sur une feuille blanche. On pense le communisme à part du monde capitaliste et non comme une de ses émanations, c’est à dire le dépassement d’un mode de production. Alors est abandonnée l’idée générale de la prise des moyens de production, la question de l’État, cet appareil servant le capital pour aller vite, à reprendre pour le compte des travailleurs eux-mêmes sous contrôle citoyen quant-aux investissements, à la production : que produit-on ? Est-ce vraiment nécessaire ? écologique ? dans quelles conditions (de travail) ? Quelles conséquences pour les travailleurs et les consommateurs en somme.

La solution localiste apparaît comme une émanation de l’individualisme néolibéral et des impasses de contre attaque qui lui furent attenantes. « Je fais ce que je veux, mon Moi est sacré. » La solution d’ensemble semble moins pensée. Retour au fédéralisme, à l’alliance des îles de l’archipel (voir Damasio). Le média Cerveaux Non Disponibles avait trouvé un texte de Damasio en faveur de cette archipellisation notamment comme le meilleur texte écrit pendant le confinement. Déception : la ligne de ce média paraissait auparavant sérieuse. Accorder autant d’importance à une « pensée » qui ne peut que nous conduire à la défaite et porte des accointances avec le « socialisme utopique ». C’est comme si l’on repartait de zéro. Cet archipel, des ZAD partout, l’autonomie, semblent avoir le vent en poupe et mine de rien représenter une part du mouvement social et écologiste relativement importante… quand le marxisme, le « centralisme » semblent stigmatisés d’autoritarisme et noyés dans un océan de moraline, que ce soit par les vrais adversaires pro-capital, comme pour des anarchistes, autonomes etc.

Une synthèse ne serait-elle pas possible pour un vrai mouvement révolutionnaire, rouge et noir (et jaune bien sûr) ? C’est revenir quelque peu à la première internationale (1864). Cela paraît improbable mais sait-on jamais, une proposition en ce sens nous semble t-il émane de Révolution Permanente, une tendance trotskiste du NPA. Et plus que de chipotage idéologique, il semble qu’il y a là posée la question de quels moyens nous nous donnons pour gagner : si il y a trop de « non-centralisme », que chacun part à l’assaut l’un après l’autre, plus ou moins dans son coin, si nous ne sommes pas capables de « frapper » tous au même endroit, coordonnés, alors nous sommes condamnés à la défaite.

Quant-à l’excès d’horizontalité sans accélération verticale afin de produire des effets autre que le verbiage ou des tâches collectives où chacun donne son avis/envie (pour écrire 10 lignes consensuelles par exemple), toujours s’imaginer nos maîtres les puissants, dominants omniscients qui nous regarderaient en se frottant les mains, ricanant et se disant : « C’est bon, nous sommes tranquilles, ils votent pour savoir s’il faut voter une proposition qui sera amendée. » Cessons de jouer à la démocratie, militons vraiment, cela implique la profusion, la bataille idéologique et de rendre « l’utopie possible », c’est à dire de nous donner les moyens de nos ambitions. Il faudra que le niveau de conscience politique s’élève globalement, monter en généralités, être capables d’argumenter et continuer à diffuser tracts, journaux, être présents sur internet, les réseaux sociaux etc. Juste se retrouver entre copains, dire que l’on n’est pas content, ça ne suffit pas. Alors autant que dix personnes écrivent 10 tracts plutôt que de se mettre à 10 pour écrire 10 lignes insipides, car passées à la moulinette d’une synthèse collective où chacun se sur-représentera l’importance du besoin de donner son goût et petite préférence personnelle.

Ahou ça fait mal mais c’est dit quand même

 

“Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes.”

Karl Marx et Friedrich Engels : L’idéologie allemande (1ère partie Feuerbach)

 

« L’État n’est rien d’autre qu’un appareil pour dominer une classe par une autre. »

Friedrich Engels : introduction à La guerre civile en France, 1871 (La Commune de Paris) de Karl Marx

 


Les temps sont durs Ne tapons pas sur les plus faibles Mais sur les puissants BAM RVB

 

 

Le syndicalisme d’hier et de demain ?

 

 

Plusieurs syndicalisme face au développement du capitalisme sauvage.

A l’époque des révolutions industrielles, la concurrence entre les possédants de capitaux et de moyens de productions a poussé l’exploitation des travailleurs et des travailleuses à des niveaux qui ont entraîné des conditions de travail et de vie révoltantes. Les réponses de celles et ceux qui n’avaient que leur force de travail pour vivre et parfois rien à perdre se sont traduites par des sabotages, des insurrections voire des révolutions. Ces réactions ont constitué un rapport de force qui a débouché sur la reconnaissance, par les capitalistes et les institutions de l’époque, du droit pour les salarié.es à s’organiser sous différentes formes, notamment en syndicats.

Les capitalistes se sont résignés à la constitution de telles organisations qui permettaient aux exploité.es de constituer des réseaux permanents de résistance face aux réseaux capitalistes. Mais la structuration de ces réseaux a aussi permis aux capitalistes de trouver des interlocuteurs et interlocutrices permanents pour tenter de canaliser les révoltes en cédant sur certaines revendications. Dès ses débuts, le syndicalisme a donc été traversé par des contradictions qui ont entraîné des débats et différentes formes de syndicats en fonction du projet de société et de la stratégie pour le mettre en œuvre. Pour structurer la discussion, on peut présenter trois grandes catégories de syndicalisme.

La première catégorie concerne un syndicalisme visant à collectiviser les capitaux et les moyens de production par la révolution. La deuxième catégorie concerne un syndicalisme ayant le même but mais ayant une stratégie graduelle déléguant la prise du pouvoir politique aux partis politiques dans les institutions étatiques. La troisième catégorie concerne le syndicalisme visant à réguler le capitalisme de manière à le rendre vivable. Ces trois formes de syndicalisme existaient et existent toujours parfois dans un même syndicat.

 

La marque du XXème siècle dans l’évolution des syndicats

La fin du XIX ème siècle et le début du XX ème siècle ont été marqués par une forte intensité de la lutte sociale et une concentration des industries qui ont favorisé le développement d’une conscience dans le monde ouvrier d’avoir des intérêts communs. Le développement des moyens de productions a également favorisé le développement de l’idée qu’une société « moderne » où les besoins sociaux seraient démocratiquement satisfaits était possible. Le syndicalisme de cette époque était imprégné de l’idée qu’une sortie du capitalisme était possible, et l’action directe, c’est-à-dire sans passer par l’approbation légale des institutions, y était très développée. La lutte pour la limitation de la journée de travail à 8h a par exemple principalement été portée par des syndicalistes révolutionnaires et des anarchistes qui l’ont imposée dans la pratique avant que celle-ci soit inscrite dans la loi.

Une partie du syndicalisme de cette époque était aussi portée par des socialistes plus légalistes qui entendaient faire passer les revendications du monde du travail par l’élaboration de lois adoptées par les parlements plutôt que par l’action directe et les grèves.

Au milieu du XXème siècle, sous l’effet toujours des mouvements sociaux mais par peur de voir se développer le modèle « communiste » incarné par l’URSS, de nombreux États ont développé un rôle plus social et ont petit à petit pris la main sur les organisations du mouvement ouvrier pour gérer les solidarités acquises grâce à la lutte de classes. De son côté, la classe sociale au pouvoir en URSS, la bureaucratie, n’a pas cherché à dépasser ce cadre et a accompagné voir encouragé l’institutionnalisation des partis communistes, notamment pour ne pas ouvrir de conflits trop durs avec les bourgeoisies des pays capitalistes qui pourraient la faire disparaitre.

Avec la chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS, les partis communistes qui avaient bien souvent une grande influence sur les syndicats les plus implantés dans la classe ouvrière ont abandonné la perspective d’une société socialiste et la fin de cet horizon s’est accompagnée de l’abandon dans les faits du projet socialiste pour bon nombre de syndicats. Dès lors, leur logiciel politique les a conduits à se considérer au mieux comme des contre-pouvoirs du capitalisme.

 

Le syndicalisme du XXIème siècle : service après vente des capitalistes ou retour aux fondamentaux ?

La perte des prérogatives des syndicats sur les systèmes de solidarité au profit des Etats et l’absence de perspective de société non capitaliste dans leur projet a abouti ces dernières années à un nouveau modèle de gouvernance capitaliste : « Le dialogue social ». Ce modèle se caractérisait jusqu’à maintenant par les discussions entre « partenaires sociaux » pendant lesquelles syndicats de salariés et de patrons et États élaboraient à froid des compromis permettant d’assurer une certaine cohésion sociale.

Selon ce modèle, il suffisait à qui voulait bien le croire de représenter une certaine partie de la société et de déplacer le curseur des réformes en fonction de cette représentativité. Les syndicats ont alors surtout parié sur les élections professionnelles pour peser dans les instances du dialogue social et sur les élections « classiques » pour relayer leurs revendications dans les institutions. Dès lors un cercle vicieux s’est engagé où le syndicalisme d’instance s’est de plus en plus substitué au syndicalisme de terrain et d’action directe.

Avec le faible retour des bénéfices par rapport au capital investi dans plusieurs régions du monde, les marges de manœuvre pour les capitalistes en recherche de profits substantiels pour assurer la pérennité de leur position dans l’économie capitaliste ont diminué… Avec les crises économiques, notamment celle de 2009, les marges de manœuvres se sont encore amoindries. Les capitalistes n’ont cessé d’exercer des pressions financières pour que les État nationaux ou les institutions supra-nationales servent plus directement leurs intérêts, souvent par recherche de profit, souvent pour survivre dans une économie concurrentielle. Le vrai pouvoir politique dans le capitalisme qui est le pouvoir économique s’est alors imposé de façon plus ou moins subtile dans les instances du dialogue social comme dans les parlements. Les syndicats qui avaient fait le pari de rentrer dans des stratégies parlementaires et de se lancer dans le syndicalisme de services individuels se sont retrouvés sans force pour structurer les salarié.es conscient.e.s de la pression qu’ils et elles peuvent exercer par l’intermédiaire de leur outil de travail, notamment en le faisant cesser de fonctionner par la grève. Pire, au lieu de tenter de réactiver et de coordonner ces forces, les directions syndicales en lien avec les pouvoirs publics ou le patronat préfèrent parfois négocier quelques miettes en échange de la démonstration d’un attachement au dialogue social qui passe par le fait de mettre des bâtons dans les roues au développement de la convergence des luttes et des grèves.

Mais en même temps que de nombreux syndicalistes ont été aspirés dans les instances du dialogue social, les structures syndicales se sont affaiblies et permettent à celles et ceux qui veulent se servir de ces structures pour créer des réseaux entre salarié.es dépassant les réseaux affinitaires (familles, amis, connaissances…) d’y trouver un formidable outil de mise en lien et de prise de décision. Les mécanismes de verrouillages par les bureaucraties syndicales sont encore très présents mais quelles autres types de structures permettraient de mettre en relation les travailleurs et les travailleuses dont le potentiel de pouvoir sur l’économie est énorme ? Certain.es diront les partis politiques ou les collectifs et ils et elles ont raison mais ces autres structures nécessitent comme pour les syndicats d’y mener un combat permanent contre la confiscation des pouvoirs et contre la tendance à céder aux pressions de l’argent. Dans toutes les structures d’organisation collective, il y a des contradictions et on trouve surtout ce que l’on y apporte… Réapportons au syndicalisme sa forme d’origine, refaisons-en un outil au service de la convergence des luttes sociales et de l’action directe !


Que reste t-il de nos libertés 2 RVB

 

Bientôt l’on ne pourra plus danser.

Ah non, c’est déjà le cas.

Petit à petit nos libertés foutent le camp.

Oh ça a commencé par trois fois rien,

Une histoire de masque mal porté,

Sous le nez, c’est pas bon disaient-ils,

Vous voulez tous nous tuer ?

Puis ils ont interdit aussi de chanter.

 

Je me rappelle ce jour où dans un train ils ont plaqué cet homme à terre et lui ont tordu le bras pour lui foutre les menottes. Il faut dire que c’était un récalcitrant. Il avait refusé de porter son masque. Lui prétextait que c’était pour manger ses nouilles chinoises. « Encore les chinois, décidément » lui répondit le brigadier chef. Dans le train ça ne réagissait pas, ou si peu. Beaucoup trouvaient que le dit récalcitrant ralentissait la bonne marche du train. Ils n’avaient pas que ça à foutre, en somme, que de se lancer dans un débat interminable sur le masque. Eux, tout ce qu’ils voulaient c’était arriver à l’heure, déjà qu’avec la SNCF à l’accoutumée c’était difficile, alors ils n’avaient pas besoin d’un gugusse qui leur pourrisse leur journée. Et puis s’il était arrêté c’est sûrement qu’il avait fait quelque chose !…

 

Ça avait commencé comme ça. Puis ça avait glissé, petit à petit, sans que l’on n’y prenne gare…

 

Déjà pendant le confinement, il y en avait qui vous regardaient d’un drôle d’air parce que vous vous attardiez à promener le chien, ou jouiez trop longtemps avec votre enfant sur le terre-plein au milieu des barres d’immeubles. Il faut dire que le gouvernement avait ordonné de ne pas sortir pus d’une heure par jour, de ne pas s’éloigner de plus d’un kilomètre.

L’on avait accepter tout cela sans trop broncher. Les violences policières également : 12 morts pendant le confinement des suites de rencontres inopinées, plus ou moins directes avec la police… Il n’y avait pas grand monde pour s’en émouvoir. Et avant cela, les Gilets Jaunes pouvaient se faire éborgner, mutiler, sans que les grands médias daignent en parler, sans que que les bonnes âmes s’en émeuvent , ces « artistes » en tous genres toujours prêts à s’indigner, verser la larmichette, le stylo en alerte pour signer la moindre pétition un tant soi peu humaniste d’une main tremblante. Non, pour les Gilets Jaunes, c’est un peu comme si une partie des Français s’était détournée de sa propre classe ouvrière, de la misère et difficultés de son propre peuple.

 

Ce jour-là à Paris, pour éviter les attroupements, la musique fût interdite.

 

Les temps sont tristes,

Remettons-y de la joie,

De la joie toute révolutionnaire.

La révolution est aussi une fête.

Sortons de l’indifférence.

Et si l’on ne fait rien maintenant,

Demain il sera trop tard.

Ayez confiance

 


Les géométriquement correctes aventures de Marcel Triangle et René Rond

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Revue de presse commentée


Ou des semaines de propagande raciste et réactionnaire
sur fond de montée de la pauvreté largement occultée

 

Macron ça sent le sapin BAM RVB

 

« Un programme contre la crise devrait ainsi inclure le refus absolu des licenciements et leur interdiction, la nationalisation sous contrôle ouvrier des entreprises menacées de fermeture, le partage du temps de travail comme réponse au chômage qui frappe déjà plus de 6 millions de personnes en France, mais aussi la fin des contrats précaires qui constituent une modalité d’ajustement des patrons face à la crise. Un programme de ce type, articulé à un plan de bataille pour l’imposer dans la rue et par la grève, serait central pour unifier les Gilets jaunes et le mouvement ouvrier autour de revendications communes contre le gouvernement, mais aussi le grand patronat qui dicte à Macron sa politique économique. Finalement, alors que Gérald Darmanin prépare une longue offensive sécuritaire et raciste, cette bataille devra aller de pair avec une dénonciation claire de la politique du gouvernement qui va intensifier la répression contre les classes populaires et le racisme. »

Contre Macron et son monde On est là BAM RVB

 

  • Alexis Poulin

FRANCE – Les chiffres qui font mal

Les chiffres du COVID sont répétés en quotidienne. Il y a aussi d’autres chiffres à rappeler au quotidien :

➡️ 9,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté
➡️ 5 815 000 demandeurs d’emploi
➡️ 7000 plaintes pour viols sur mineurs en 2019 (estimations à 165000 viols)
➡️ 146 féminicides en 2019 (hausse de 21%)
➡️ 551 morts au travail en 2018
➡️ 250 000 sans-abris

Face à la pauvreté Plus que jamais l'entraide

 

Le fond de l’air (médiatique) est brun !…

La campagne pour l’élection présidentielle de 2022 est lancée, les chaînes d’infos en continu montent en épingle le moindre fait divers, utilisent ou relayent le vocabulaire de l’extrême droite, parlent d' »ensauvagement » pour à peu près tout et n’importe quoi, fustigent la dite « dictature des minorités », font trembler dans les chaumières avec des « éléments de langage » bien rodés : séparatisme, communautarisme, islamisme, « territoires perdus de la république » et j’en passe.

Bref, il faut que vous ayez peur, de l’autre, du migrant, du musulman, des noirs et des arabes, du jeune, de tout le monde voir de vous-même !.. Chacun est un délinquant potentiel, ça commence parfois par un masque en dessous du nez… puis la chienlit !!!…

Peur, sauf du grand méchant capitaliste qui lui, peinard, passera encore entre les gouttes alors que les inégalités sont partout « explosives » dans le monde, qui s’apprête à entrer pleinement dans l’une des plus grandes crises économiques de l’histoire, comparable à celle de 1929, c’est notre brave ministre de l’économie Bruno Le Maire qui l’a dit !… Mais là aussi peut-être, était-ce pour nous faire peur ?!…

En tous les cas, la campagne pour les Présidentielles s’annonce nauséabonde, ne tombez pas dans le panneau !

En 2022 Ni Le Pen Ni Macron Bloquons-les BAF

 

La RG n'est pas une nécessité MUR RVB

 

Voilà ce qu’est Valeurs Actuelles, dont des journalistes sont fréquemment invités à commenter l’actualité sur les chaînes d’infos en continu, comme si de rien n’était…

Comme s’ils n’étaient pas réactionnaires, d’extrême droite et cherchant à détourner l’attention du peuple des questions économiques et sociales pour se focaliser sur leurs obsessions identitaires.

Pendant ce temps on parle peu ou prou des mouvements sociaux, des licenciements qui pullulent ça et là. Ne nous laissons pas diviser, ne « tapons » pas sur plus faible que nous mais sur le haut de la pyramide : « Ne regarde pas en bas, c’est en haut que ça sert ! » pouvait-on lire sur les murs de la ville.

Ahou, voilà qui est dit

Ne regarde pas en bas, c'est en haut que ça se sert BAM RVB.

 

Quand on vous dit que le combat social et écologiste sont liés

« Pour Armelle Le Comte, responsable du plaidoyer climat chez Oxfam France, « la surconsommation d’une minorité aisée alimente la crise climatique, mais ce sont les communautés pauvres et les jeunes générations qui en paient le prix fort. » »

 

2 flics amish amish BDRJ RVB

 

Ça se passe en France en 2020

La focalisation médiatique sur la reprise de la pandémie de Covid-19 dissimule largement la crise économique, la pauvreté qui augmente et les annonces de plans de licenciements qui tombent de partout !

Ne soyons pas dupes et diffusons largement toutes ces informations sur les dégâts sociaux causés par cette crise économique qui n’en est qu’à ses débuts.

L’orage gronde, la tempête est pour bientôt !..

Plus que jamais, soyons solidaires.

 

Darmanin ça craint BAD RVB

 

« En gros l’hégémonie de Gramsci, c’est l’équivalent au niveau politique de l’habitus de Bourdieu au niveau sociologique : ça produit des effets d’orchestration sans requérir aucun chef d’orchestre (Bourdieu). »

« C’est tout le charme de l’hégémonie dans le capitalisme : on a des films qui pourraient avoir été directement commandités par la préfecture de police, mais qui sont spontanément réalisés par une myriade de producteurs formellement indépendants – soit le meilleur des deux mondes. »

« Mais les spécialistes de la fausse critique, c’est-à-dire de la critique qui sait très bien jusqu’où ne pas aller trop loin, sont presque pires, puisqu’ils fournissent au système hégémonique de l’opinion ses alibis de pluralisme sans rien mettre en cause de fondamental – la preuve en étant fournie par le fait qu’on les ré-invite. »

« comme toute division du travail, la division du travail politique relève d’un double principe de spécialisation et de complémentarité : c’est par la mise ensemble coordonnée de contributions spécialisées que se fait l’œuvre collective. »

Plutôt un quart de rouge qu'un car de bleus BDRJ RVB

 

Macron, Pétain, même destin BAM RVB

 

“En ce sens, il est fondamental que la base des organisations syndicales exige de ses dirigeants une rupture claire et nette de ce cadre de négociations, et la rupture du « dialogue social » qui a pris une importance fondamentale ces derniers mois pour le gouvernement. A l’heure où les privatisations dans le secteur des transports se préparent et où les licenciements pleuvent sur l’ensemble du monde du travail, occasionnant une série de résistances pour l’heure éparses et minoritaires dans une série de secteur, de l’aéronautique jusqu’à la grande distribution, la cooptation des dirigeants syndicaux dans le dialogue social constitue la meilleure assurance de pouvoir attaquer les travailleurs sans résistance.”

Travaille

  • DROIT DE MANIFESTER : AMNESTY INTERNATIONAL ÉTRILLE MACRON – Le Média

 
Et oui ça se passe bien en France.
Petit à petit nos libertés foutent le camp.
L’État se fait de plus en plus autoritaire.
La pauvreté augmente.
Les nantis restent indifférents
Jusqu’à ce que la colère déborde
Que la peur les gagne.

 

Il y avait certes toutes sortes de tendances dans la résistance : communistes, « gaullistes », nationalistes (de l’Action Française par exemple). Reste à en déterminer en quelles proportions… Par contre, il est historiquement faux de dire que la création de la sécurité sociale relèverait d’une entente cordiale. Celle-ci provient d’un rapport de force imposé par les communistes (PCF, CGT). Ceux-ci étaient en armes à la libération et avaient délivré des villages et des villes françaises. Une partie du patronat français tel Renault avait collaboré avec l’occupant nazi et n’était donc pas vraiment en force pour négocier… Quant à De Gaulle, craignant une révolution communiste et voulant éviter la guerre civile, il lui fallait lâcher du lest… Et donc, quasiment à sa création, patronat et gaullistes dont le grand Charles lui-même voulurent revenir sur cette conquête sociale, avec notamment en 1967 les ordonnances Jeanneney imposant le paritarisme « syndicats/patronnat » pour la gestion des caisses de cotisations de la Sécurité Sociale, auparavant gérées majoritairement par les représentants élus par les syndicats.

Vous pouvez lire sur le sujet : Une autre histoire de la Sécurité sociale – LE MONDE DIPLOMATIQUE (Bernard Friot)

Il faudra un mouvement social de masse dépassant quantitativement ce que fût la mobilisation au plus fort des Gilets Jaunes. La population devra se mobiliser. Les travailleurs devront « frapper »ensemble au même endroit et non seulement par catégories professionnelles protestant les unes après les autres et se prenant un mur répressif et/ou d’indifférence de la part du gouvernement : pompiers, santé etc. Submerger l’institutionnalisation du conflit social , rompre avec tout « dialogue social » ou « négociations » syndicales, faire feu de tout bois.

Pour cela, il faudra un minimum de coordination et en effet d’unité.

 

« « Il y a un risque d’explosion sociale quand vous n’avez plus de boulot, que vous ne savez pas comment finir de payer le crédit de la voiture et la cantine » s’alarme un secrétaire d’Etat.. « N’oublions pas qu’il y a toute une France paupérisée, non qualifiée, de serveurs, d’employés de magasins d’habillement ou de la grande distribution, qui vont trinquer très fort. La crainte, c’est tous ceux qu’on ne pourra pas sauver. Ce sont des Gilets jaunes potentiels ». »

« Dans ce contexte, et alors que les directions syndicales participent aux concertations sur l’assurance chômage avec le gouvernement, il est nécessaire d’exiger la fin du « dialogue social », comme préalable à tout combat sérieux, ainsi que de pointer la nécessité d’un réel plan de bataille à la hauteur de la catastrophe social. »

Consomme

Très bon article sur les mécanismes médiatiques de fabrication de l’information et leurs biais idéologiques, soit la diffusion d’un climat nauséabond dans des grands médias (chaînes d’info en continu) : raciste, islamophobe, identitaire, nationaliste, sécuritaire (« ensauvagement »), stigmatisation de « minorités », omniprésence des thématiques du « communautarisme » voire du « séparatisme » etc.

Ils diffusent la peur d’à peu près tout. Pendant ce temps là, la pauvreté augmente pendant que le Plan de relance gouvernemental profitera surtout aux grandes entreprises sans contrepartie de création d’emplois ou écologiques, la crise économique se déploie lentement mais sûrement avec son flot de licenciements : ce n’est que le début.

Plus que jamais, lisez ACRIMED !

Ferme-la

L'entraide, un facteur de l'évolution Télé

 

Émission intéressante sur un problème essentiel !

Et loin de sentiments d’insécurité, d’impressions vagues propres à des sujets omniprésents dans des grands médias, des chaînes d’info en continu (« communautarisme », « séparatisme », « ensauvagement » etc.), ici, des chiffres, et ils sont implacables. Les inégalités continuent d’augmenter, la pauvreté également : plus d’un million de personnes en France basculant dans la pauvreté.

« Selon les associations caritatives, la crise sanitaire a fait basculer dans la pauvreté un million de Français, qui s’ajoutent ainsi aux 9,3 millions de personnes vivant déjà au-dessous du seuil de pauvreté monétaire – à 1 063 euros par mois et par unité de consommation, il concernait 14,8 % des ménages en 2018, selon l’Insee. »

« « Ce chiffre d’un million supplémentaire de pauvres est malheureusement une estimation basse, compte tenu des 800 000 pertes d’emploi attendues fin 2020 », redoute Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). »

La vaim justifie les moyens MUR portrait RVB


Agenda/infos

 


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La Midinale de Radio Pikez! : notre dose hebdomadaire d’infos et de liens pour développer notre curiosité et notre culture (politique et plus si affinités 🙂 )

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Nous y relayons toutes les infos allant dans le bon sens concernant les luttes sociales et écologiques de la région brestoise (et parfois d’autres échelons…), l’activité culturelle et d’ »éducation » populaire en lien avec la politique. Plus que jamais nous voulons participer à notre modeste échelle à un changement d’hégémonie culturelle visant à aller vers une société plus juste et égalitaire, réellement démocratique et viable écologiquement.

 

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Nous remercions chaleureusement Georges Soros pour son généreux financement,
ainsi que Bill Gates pour son futur vaccin dont il va tirer des profits juteux.

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