Revue de presse au 05/09/2022

Visuel de couverture : Black Lines

Local


Un métier essentiel et pourtant dévalorisé. Un de ces métiers du lien exercé par beaucoup de femmes Gilets Jaunes… Sous-payé, aux conditions de travail dégradées, partout le travail se dégrade et les salaires n’augmentent pas quand les prix eux grimpent. Jusqu’à quand cela tiendra t-il ?

« « Un salaire de 860 € par mois pour 24 heures hebdomadaires, alors qu’on ne cesse de demander un temps plein, ne permet pas de vivre. Très peu d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) bénéficient d’un temps plein. J’aimais ce métier mais j’ai perdu la motivation » »





« deux enseignants manquant à l’appel […] Des enseignants de GEA (Gestion des entreprises et administrations) de l’IUT de Brest-Morlaix, à Brest, préparent un pique-nique revendicatif, en vêtement rouge, pour ce lundi, 5 septembre 2022, à 12 h 15, sur le parvis de l’IUT. Des étudiants se joindront à eux. »


« Brigitte Dubois, de Météo France, […] évalue le déficit en eau, dans le département, à 44 % depuis mars. . « On ne sortira pas dans le mois qui vient de la situation de crise », prévient Philippe Mahé, préfet. […] Conséquence : les restrictions qui découlent du placement du département au niveau d’alerte maximale depuis le 10 août resteront donc en vigueur. »

« Les prévisionnistes de Météo France annoncent pour le dernier trimestre 2022 des températures de 5° au-dessus des moyennes saisonnières et aucun signal global de fortes précipitations. Viendra-t-on à manquer d’eau potable ? « Pas pour le moment », rassure le préfet. »


« Ils ont décidé en fin de soirée de lancer une action : créer la pénurie dans les supermarchés, pour le beurre et le lait, en bloquant la sortie des produits finis des usines. »

« Ils réclament aujourd’hui un prix d’achat des 1 000 litres de lait à 500 € minimum. « Il manque 120 € pour l’atteindre », dit un producteur. L’augmentation des charges, comme l’énergie et l’aliment pour les bêtes, qui entrent dans les coûts de production, empire la situation. »


National



Lutte des classes





« Le plus stupéfiant est que cette grave crise, qui a redéclenché le spectre de l’inflation, a largement été causée par des décisions politiques irréfléchies. Le but des dirigeants occidentaux était de « réduire considérablement les bénéfices commerciaux de la Russie », mais ils ne comprennent pas, à l’évidence, les mécanismes de base de fixation des prix s’agissant d’un gros producteur d’un marché à offre limitée : cesser d’acheter à ce producteur ne peut que provoquer une hausse des prix, tout à fait capable d’augmenter au final les revenus du producteur sanctionné. C’est d’ailleurs exactement ce qui s’est passé, la Russie ayant perçu 40 % de revenus pétroliers en plus qu’avant la guerre. »



« avec seulement 36 % des demandeurs d’emploi indemnisés, la communication du gouvernement visant à rendre les chômeurs coupables du chômage passe pour ce quelle est : de la communication »


« En décembre 2018, l’annonce par FO de grèves de routiers avait été bien accueillie par les gilets jaunes. Grosse déception quand la grève est annulée, après satisfaction de revendications corporatistes. »

« Entre gilets jaunes et syndicats affaiblis, des passerelles et un fossé profond. Les seconds ne comprennent pas les modes d’action qui émergent, les premiers fantasment un syndicalisme tout-puissant et font de sa crise une crise morale, celle des « vendus du système », une critique évidemment réductrice alors même que certains syndicalistes se battent dans l’ombre depuis des décennies. »


«Depuis les années 1980, l’Etat et les collectivités territoriales réduisent les moyens de l’Office national des forêts (ONF) et des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), premiers remparts contre les incendies. Les fonctionnaires sont remplacés par des contractuels précaires et les effectifs fondent plus vite encore que nos glaciers. Lentement mais sûrement, l’Etat hypothèque nos chances de surmonter au mieux les catastrophes environnementales à venir. »

« en avril 2022, la direction de l’ONF a annoncé la suppression de près de 500 postes supplémentaires d’ici 2025 via un contrat Etat/ONF »

« Depuis 2017, il n’y a plus de recrutement de fonctionnaires pour les techniciens forestiers ! La part de contractuels a atteint 50% à l’ONF »

« L’ONF n’est donc pas à proprement parler privatisée… mais simplement vidée de ses fonctionnaires, ce qui n’est pas sans conséquence sur son activité. »

« Enfin le développement tous azimuts de la fonction commerciale de l’ONF, consistant à planter des arbres afin qu’ils soient exploités, pose également question. « La forêt française est gérée comme son agriculture. On n’a d’ailleurs pas affaire à une forêt mais à des champs d’arbres, destinés à être rentables. Or faire de la monoculture de résineux, c’est planter des arbres qui seront de potentielles torches. Pour mieux résister aux incendies il faut mélanger les essences et ne pas penser uniquement à la rentabilité », conclut Patrice Martin. »

« La France compte au total 251 900 pompiers. Or parmi eux, 197 000, soit à peu près 80%, sont volontaires. Les pompiers professionnels, fonctionnaires, ne sont qu’au nombre de 41 800. »


⚕️ SURMORTALITÉ CET ÉTÉ : CANICULE ET EFFONDREMENT DES HÔPITAUX

L’INSEE, l’institut national de statistique français, dresse un constat sans appel : une forte augmentation du nombre de morts cet été en France. Cette hausse de la mortalité au mois de juillet serait «vraisemblablement» liée, selon l’institut, à «la vague de chaleur» survenue à cette période. À savoir une série d’épisodes caniculaires inédits en juin et juillet.

138 522 françaises et français sont morts durant l’été 2022, soit une hausse de 5,7% par rapport à 2021. Dans le détail, 1750 personnes ont perdu la vie en moyenne chaque jour en juillet 2022, contre 1610 le mois précédent. Le 19 juillet, un pic de 2098 morts est enregistré, bien supérieur au chiffre maximal relevé en juillet 2021 – 1777 disparitions. Lorsqu’on remonte aux années précédentes, l’écart est encore plus fort : juillet 2022 a été plus meurtrier de 13% par rapport à juillet 2019.

Même en comparaison avec 2003, année de grande canicule, juillet 2022 se démarque. Il y a 19 ans, lors du tristement célèbre été brûlant et particulièrement meurtrier, il y avait eu 133 069 décès, soit 5000 de moins que cette année. Le plus troublant est la totale indifférence politique autour de ces morts, alors que le coup de chaud de 2022 a frappé plus fort que la canicule de 2003. Les décès de la canicule en 2003 avaient provoqué une crise politique majeure qui avait mis en grande difficulté le gouvernement de Jacques Chirac, et coûté son poste au ministre de la santé. Absolument rien de tout ça sous Macron. Aucune remise en cause. Cela n’a même pas été un sujet.

Autre point d’interrogation : pourquoi l’INSEE et les médias dominants qui relaient ces chiffres «oublient» soigneusement une autre cause de surmortalité : l’effondrement du système de santé français ? Tout l’été, des dizaines de services d’urgence ont été fermés. De nombreux soins n’ont pas pu être assurés, ou pas correctement, faute de moyen et de personnel. Le nombre de lits d’hôpitaux disponibles n’a pas cessé de baisser. Une situation de crise inédite des hôpitaux français. Pourquoi occulter la responsabilité politique évidente de la hausse de la mortalité ?

Car le phénomène ne concerne pas que les personnes âgées comme on pourrait l’imaginer. Pour la première fois depuis la guerre, la mortalité infantile – les enfants décédés avant l’age de 1 an – repart à la hausse en France. Cette remontée a lieu depuis 5 années, sous le mandat Macron. La hausse de la mortalité infantile, qui est un marqueur du niveau de soins d’un pays, touche d’ailleurs spécifiquement la France. Notre pays était dans le peloton de tête des pays ayant la plus faible mortalité infantile de l’Union Européenne à 15. Elle est désormais le pire élève des 15. Précisément sur une période où le système de santé a été sacrifié.

Exemple dramatique cet été. Une femme qui devait accoucher au centre hospitalier de Saint-Denis a été envoyée vers l’hôpital Robert-Debré à Paris, qui a refusé de la prendre en charge faute de sages femmes disponibles. Le bébé est décédé en réanimation à l’hôpital Trousseau à Paris. Selon Mediapart «de nombreuses maternités sont confrontées à une pénurie de personnels, et limitent les inscriptions, abandonnent le suivi de grossesse et sont parfois contraintes de refuser des femmes sur le point d’accoucher.» Cela a coûté la vie à ce nouveau-né.

Les politiques néolibérales tuent, du berceau à la maison de retraite. Les canicules provoquées par le capitalisme risquent d’emporter de plus en plus de vies. Et le système de soin public, que les gouvernements s’acharnent à détruire, ne peut plus assurer ses missions de base. La surmortalité de l’été 2022 en est le symptôme. Contre le règne mortifère du capital, il n’y aura pas d’état d’urgence, de grands discours ou de mesures exceptionnelles. En tout cas, pas sans renversement.

Une source : https://www.leprogres.fr/…/la-mortalite-a-fortement…



Politique



Stratégie

Une réflexion intéressante sur la stratégie que la gauche doit adopter pour être majoritaire. Selon François Ruffin, il lui faut reconquérir les classes populaires des bourgs, des campagnes, plutôt que de tout miser sur une augmentation de la participation du vote des classes populaires urbaines en sa faveur en abandonnant implicitement donc les ouvriers et employés qui s’abstiennent ou votent RN dans la France des bourgs et villages. Il préconise de revaloriser le travail comme une valeur essentielle pour la gauche, de mettre en avant des métiers du lien (aides à domicile, AESH), de la logistique (caristes), de l’agro-alimentaire, de redonner sa fierté à ces travailleurs qui permettent de subvenir aux besoins essentiels de la collectivité.

La question de stratégie n’est toujours pas tranchée en interne car il n’y a pas d’instances comme dans un parti, de congrès ou se confrontent démocratiquement différentes plates-formes avec des lignes politiques et stratégiques départagées par un vote des militants.


Médias

« à mesure que la situation sociale se tend, la bourgeoisie serre la vis de ses chiens de garde »

🧾 ALGÉRIE : LE MONDE CENSURE UN ARTICLE ET PRÉSENTE SES EXCUSES À MACRON

La France s’enfonce chaque jour dans les profondeurs autoritaires. Le Monde, quotidien considéré comme étant «de référence» depuis la Libération, un journal réputé sérieux et impartial, présente ses excuses au président. Ce vendredi 2 septembre, Le Monde annonce la suppression d’une tribune sur Macron et s’excuse d’un crime de lèse-majesté. De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qui a été publié de si grave ?

Une tribune d’un chercheur en science politique évoquant la visite de Macron en Algérie ces derniers jours. Lors de ce déplacement, le président avait encore sorti une énormité face aux caméras : il avait qualifié les relations entre la France et l’Algérie d’une «histoire d’amour qui a sa part de tragique». Macron avait également récusé toute «repentance» pour la colonisation.

Ainsi, l’auteur de la tribune du Monde analysait la «droitisation» de Macron à propos de la mémoire de l’Algérie et invitait à une «lutte ambitieuse contre les haines racistes». Rien de bien choquant ni spécialement subversif, dans un pays dit démocratique. Mais en 2022, en France, il est audacieux et même dangereux de critiquer ainsi le Monarque.

Demandons-nous d’abord si les relations franco-algériennes sont bien «une histoire d’amour qui a sa part de tragique» ?

➡️ Dès les années 1840 l’armée française organise des «enfumades» lorsqu’elle colonise l’Algérie. Les personnes enfermées ou cachées dans une grotte sont asphyxiées en allumant des feux devant l’entrée. Des familles entières sont ainsi exterminées par ce qui ressemble à une version rudimentaire de chambres à gaz.

➡️ Durant un siècle, les colonisés sont humiliés, réprimés lorsqu’ils s’expriment, leurs terres sont volées…

➡️ Le 8 mai 1945 des dizaines de milliers d’Algériens sont tués par l’armée et la police française dans les villes de Sétif, Guelma, Kherrata. C’est l’un des plus grands massacre colonial jamais commis par la France, le jour même de l’armistice de la seconde guerre mondiale.

➡️ Lors de la guerre d’Algérie l’armée française aura recours à des techniques de contre insurrection et de torture massives contre les indépendantistes. Une pratique de terreur utilisée dans les années 1950 fut baptisée les «crevettes Bigeard», du nom d’un général français. Des opposants étaient enlevés, leurs pieds coulés dans le béton, puis ils étaient jetés dans la Méditerranée depuis des avions ou des hélicoptères. Ils disparaissaient ainsi à tout jamais. Autre méthode barbare, les «corvées de bois» : les prisonniers étaient sortis de cellule pour ramasser du bois et exécutés d’une balle dans le dos. L’armée pouvait ainsi dire qu’ils avaient tenté de fuir.

Et ce ne sont que quelques exemples de la violence coloniale française en Algérie. Si c’est une histoire d’amour, alors elle est hautement toxique. Si elle comporte «une part de tragique», cela n’a rien d’anecdotique et cette mémoire pèse encore des deux cotés de la Méditerranée. La suppression d’une tribune dans la presse française pour commenter cette formule est donc une censure pure et simple. Et les excuses d’un grand quotidien un signe inquiétant de soumission.

Cette même semaine, l’artiste Marc Rebillet invité à un festival musical au Touquet a insulté le président lors de son concert. La représentation a été écourtée, la directrice du festival a jeté le contenu d’un verre au visage du manager de l’artiste et a exigé le remboursement du cachet pour le concert. En France, le président est intouchable. Ce même DJ avait copieusement insulté Trump lors de concerts aux USA sans avoir de problème.

Le Monde, comme d’autres médias, perçoit d’importantes subventions d’État. Les grandes rédactions sont liées au pouvoir politique. Et à mesure que la situation sociale se tend, la bourgeoisie serre la vis de ses chiens de garde. Cette censure du Monde démontre, une nouvelle fois, la nécessité vitale de médias indépendants, pour jouer un véritable rôle de contre-pouvoirs.


Analyse


Écologie


« Pour la première fois dans son histoire moderne, la France fait l’expérience, à une échelle massive, de la finitude de ses ressources hydriques, comme en témoignent les camions-citernes qui ont alimenté en cet été 2022 plus de 100 villages aux sources asséchées. »

« le GIEC alerte sur un pourtour méditerranéen qui risque d’être le point de la planète le plus affecté par le réchauffement climatique. »

« Chaque année, ce sont 20% de la consommation d’eau potable que nous perdons du fait des fuites. »

« Toutes les cultures n’ont cependant pas les mêmes besoins hydriques. Le maïs arrive sans broncher sur le podium des plantes les plus gourmandes (25% de l’eau consommée en France). La France en est le premier pays producteur d’Europe et il s’agit de la deuxième culture la plus répandue sur notre territoire. Le tout non pas pour nourrir l’homme directement, mais les bêtes d’élevage qui finiront dans nos assiettes. L’agriculture est soumise à une demande qui fait la part belle à la viande au grand dam de nos ressources hydrauliques. Ce régime alimentaire (et plus généralement de consommation) est si hors-sol qu’il nous faut importer près de quatre fois l’eau que nous consommons sur le territoire national. Un tel surrégime, qui épuise tant nos terres, à travers l’usage massif de produits phytosanitaires, que nos eaux, est tout bonnement insoutenable à terme. »

« l’augmentation des températures terrestres accentue le phénomène d’évapotranspiration qui assèche tant l’eau en surface que celles dans les sols. La vapeur d’eau étant un gaz à effet de serre, elle fait donc partie de ces nombreuses rétroactions qui accélèrent encore le réchauffement planétaire. »

« A l’aune de toutes ces dynamiques, il n’est pas étonnant de voir fleurir des prévisions enregistrant une baisse de 10 à 25% de la recharge des nappes en France d’ici 2050, ne leur permettant plus d’alimenter nos rivières comme nos cultures. L’insécurité alimentaire à venir n’est alors plus une hypothèse mais bien une certitude. »


International


Lutte des classes


⚡ ITALIE 🇮🇹

Une centaine de membres d’un mouvement de chômeurs ont organisé une manifestation à Naples contre « l’inflation ». Ils ont notamment brûlé leurs dernières factures d’électricité et de gaz. Cette action fait écho au mouvement Don’t Pay qui gagne du terrain depuis plusieurs semaines au Royaume-Uni.


Géopolitique




Écologie



BIENTÔT CHEZ NOUS ?

Point sur la situation au Pakistan : 33 millions de personnes touchées par les inondations

Nous sommes nombreu.x.ses à avoir vu passer les images des inondations dont le Pakistan est victime depuis plusieurs jours.

La situation sur place est catastrophique. On dénombre plus de 1200 victimes, chiffre qui continuera vraisemblablement d’augmenter dans les jours à venir. Près d’un million d’habitations ont été détruites, le nombre de déplacé·es se compte en dizaines de millions. Les autorités estiment que près d’un tiers du pays se trouve sous l’eau. Enfin, plus de 80 000 hectares de terres agricoles ont été ravagés par les crues, faisant ainsi peser une grave menace sur la sécurité alimentaire du pays.

Les épisodes de moussons en Asie du Sud peuvent parfois s’avérer impressionnants, seulement, c’est la première fois de son histoire que le Pakistan est frappé par une telle catastrophe. Le dérèglement climatique en est le premier responsable. Depuis plusieurs années, la région observe un accroissement généralisé des phénomènes climatiques extrêmes.

Les moments de très fortes chaleurs se font plus longs, plus intenses, tandis que les pluies de moussons se font de plus en plus importantes. Cela n’a rien de surprenant, d’après les scientifiques, qui sera dans un premier temps la plus affectée par les effets du dérèglement climatique. Peut-être est-il d’ailleurs temps d’arrêter de parler au futur, les effets en question se font déjà douloureusement ressentir.

On parle ici d’une catastrophe humanitaire sans précédent, dont les effets se feront ressentir sur le long terme. Et pourtant, ce genre de drame est amené à se répéter de plus en plus fréquemment.

Rappelons également que l’Asie du Sud est le premier foyer de peuplement de la planète, de près de deux milliards d’habitant·es, dont plusieurs millions d’entre-elleux pourraient être amené·es dans un futur proche à prendre la route de l’exil pour des raisons environnementales.

Il ne s’agit pas d’un fait divers. Les conséquences du changement climatique sont déjà là.

La sécheresse que nous connaissons en Europe cette année n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. Les événements météorologiques de la violence de ce que nous observons en ce moment au Pakistan ne resteront pas cantonnés à l’Asie du Sud. Fermer les yeux sur les cataclysmes qui frappent le Sud Global ne les empêchera pas de toucher l’Europe dans les années qui viennent. C’est notre futur à toutes et tous que nous observons aujourd’hui au Pakistan.

L’heure n’est plus à la négociation. Le climat poursuit son dérèglement, les écosystèmes s’effondrent, la biodiversité est en chute libre, le plastique se répand jusque dans nos corps et nous sommes encore à nous demander s’il faut contrôler l’usage des jets privés ou interdire l’irrigation des golfs en période de sécheresse.

Nous ne sommes pas prêt·es.

VIDÉO


🚂 CELLES ET CEUX QUI M’AIMENT PRENDRONT LE TRAIN 🚊

En un été l’Allemagne aurait déjà économisé 1,800 millions de tonnes de CO2 en démocratisant l’accès au transport ferroviaire.

Alors que la France s’acharne avec des prix assez élevés, une ouverture à la concurrence désastreuse et s’enlise dans une situation catastrophique où un manque de 1200 conducteurs conduit à la suppression de certains trains (après la suppression de 1200 postes en 2017 non reconduits).

Aussi que la SNCF et ses concurrents type Ouigo sont débordés durant les périodes de fêtes ou de vacances et que les prix en dernière minute sont inacceptables car inaccessibles.

L’Allemagne et l’Espagne ont testé à titre expérimental, un abonnement à tarif unique sur des trains régionaux permettant de voyager à des tarifs très bas.

Nous l’avions précédemment évoqué dans le post « En Allemagne des tickets à 9 euros durant l’été ». Nous ne reviendrons donc pas une nouvelle fois en détail sur ce dispositif et son utilité. Ni le rapport au libéralisme ou aux énergies employées en particulier le charbon.

Cependant, nous pouvons toujours rappeler que personne n’aime passer des heures dans les bouchons, que l’essence coûte de plus en plus cher, et qu’il existe un enjeu de mobilité énorme à remettre sur pied d’anciennes lignes, plus particulièrement dans le monde rural.

Et puis il y’a l’urgence écologique, encore une fois. Si cela paraît être un détail comparé à la consommation des ultras riches, qui de toute façon, ne fourniront aucun effort pour changer leur train de vie, nous n’avons pas les mêmes valeurs.

Le résultat allemand est déjà spectaculaire, ainsi de nombreux usagers réclament le prolongement de ce dispositif.



Économie


🌾 CAPITALISME AFFAMEUR

Le saviez vous ? 4 multinationales contrôlent entre 70 et 80% du négoce de céréales dans le monde. Un véritable monopole, opaque, qui bénéficie de la flambée des prix des denrées alimentaires mondiales. Ces derniers mois, les profits des vendeurs de céréales explosent grâce à la réduction de l’offre et la spéculation financière. Les quatre négociants qui dominent le marché mondial des céréales depuis des décennies, enregistrent des bénéfices et des ventes record. Il s’agit des entreprises :

🇺🇸 Archer-Daniels-Midland

🇺🇸 Bunge

🇺🇸 Cargill

🇳🇱 Louis Dreyfus

Elles sont surnommées les «ABCD». Ces multinationale prévoient que la demande dépassera l’offre au moins jusqu’en 2024, ce qui va leur permettre des bénéfices encore plus élevés au cours des deux prochaines années. «Les marchés mondiaux des céréales sont encore plus concentrés que les marchés de l’énergie et encore moins transparents» explique un expert de l’ONU au journal anglais The Guardian. Ce qui permet les spéculations les plus folles.

Les prix des denrées alimentaires ont bondi de plus de 20 % cette année, et environ 345 millions de personnes connaissent une insécurité alimentaire aiguë, selon le Programme alimentaire mondial. Ce chiffre était de 135 millions de personnes avant la pandémie de Covid-19, et il devrait encore augmenté. Dans le même temps, Cargill a annoncé une augmentation de 23% de ses revenus pour atteindre un record de 165 milliards de dollars Archer-Daniels-Midland a réalisé les bénéfices les plus élevés de son histoire au cours du deuxième trimestre de l’année. Les ventes de Bunge ont bondi de 17%, et Louis Dreyfus a déclaré une hausse des bénéfices de plus de 80% pour 2021.

Ces multinationale de la faim empoisonnent les terres par l’agriculture intensive, spéculent sur le grain et affament les plus précaires. Une synthèse du capitalisme mondial. Durant la Révolution française, ceux que l’on nommait les affameurs ou les accapareurs risquaient la guillotine. Aujourd’hui, ce sont les maîtres du monde.

Source : https://www.theguardian.com/…/record-profits-grain…



Histoire


« Pour n’avoir pas saisi les multiples occasions de se réformer de lui-même, le système soviétique a fini par devenir irréformable. »


« Pour traiter de la révolution, ou de la visée communiste, il faut ainsi penser la dialectique entre le fondamental – les conditions nécessaires – et le décisif – l’action volontaire – : le déni, ou la sous estimation des limites du possible à une période donnée constitue un travers des révolutions du XXème siècle, que ce travers prenne la forme d’expériences utopiques sans conséquence systémiques (îlots de résistance légitimes mais faibles et isolés) ou la forme, catastrophique, d’une brutalisation de la société. »

« Lucien Sève étaye plusieurs exemples de « divergences politiques fondamentales entre Staline et Lénine » : oppositions concernant la question des nationalités (Lénine est un internationaliste, inflexible sur le droit de chaque nation à disposer d’elle-même, Staline est nationaliste), opposition quant à la façon de diriger l’État et le parti (conception ouverte au débat et au choix démocratique pour le premier, violence et culte du chef d’essence supérieure pour le second) ; conviction de Lénine qu’édifier le socialisme (première phase du communisme selon sa conception) est durablement impossible en Russie pour des raisons internes, contre discours de Staline estimant que le pays dispose de tout ce qui est nécessaire pour édifier une société pleinement socialiste etc. Sève aborde à ce propos les manipulations par Staline des écrits de Lénine. »

« Staline a délibérément mis fin au bolchévisme »

« la dictature du prolétariat se renverse en dictature sur le prolétariat, la démocratie des soviets en État autocrate, le socialisme en bureaucratisme, l’internationalisme en nationalisme, le marxisme critique en marxisme-léninisme doctrinaire »

« Sève en vient à cette appréciation aussi dure que nécessaire : « Il faut avoir la courageuse lucidité de le voir et de le dire : ayant révélé à des masses humaines la voie d’une émancipation vraie, mais sans leur en montrer assez l’inévitable longueur et complexité, ce qui est appelé « le marxisme », puissant initiateur de prise de conscience et de responsabilité, aura été aussi une formidable incitation à ce volontarisme ravageur ». »

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