Ahou numérique miniature n°8 (14/0/2022) : La maladie sénile du communisme (le « gauchisme »)

Merci à la camarade GJ pour l’image originale !

« Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen ! Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen ! Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen ! »


Sommaire

* La maladie sénile du communisme (le « gauchisme »)

* Lettres d’avant tour : « À bientôt dans la rue !  », disent-ils…

* Alluvions

poème

*BD – Les Géométriquement aventures de Marcel Triangle et René Rond En Gilet Jaune

* Quelques articles de presse d’analyse des résultats du 1er tour


La maladie sénile du communisme
(le « gauchisme »)

L’histoire ne se refera pas mais des situations analogues peuvent se présenter.
Sans amertume, rendre compte du passé pour se projeter…

Le programme porté par l’Union Populaire et la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas « la révolution demain matin » ou la socialisation intégrale des grands moyens de production.

Même s’il propose des nationalisations dans des secteurs stratégiques (des banques, EDF, ENGIE, les branches énergies marines d’Alstom et éolienne offshore d’Areva, la SNCF, les autoroutes et « aéroports stratégiques », la Française des Jeux etc.), ainsi que le « droit à l’eau […] par la gratuité des mètres cubes indispensables à la vie digne », « un grand service public de santé » et une « loi anti-concentration dans les médias ». Avec la planification écologique est proposée en partie un « pilotage » de l’économie par l’État : carnets de commande, orientations de la production selon les besoins. C’est à dire ne pas laisser l’économie au laissez-faire du marché, à « l’anarchie de la production » comme disait Marx. L’Avenir en commun propose des avancées concrètes dans la vie quotidienne des plus nécessiteux : SMIC à 1400 €, blocage des prix (alimentation, énergie), une Garantie d’autonomie pour les jeunes à 1.063 €, la retraite à 60 ans, le RIC etc. Nous n’égraineront pas les avancées sociales du programme, ça serait trop long… Ce n’était donc pas « le grand soir » mais une chose est sûre, par simple décret, un remède était proposé à l’urgence en contrôlant les prix et d’autres mesures plus structurelles avec la planification écologique auraient, en période de crise, aider à parer au quotidien pour des millions de Français (notamment en créant des emplois…).

Par ailleurs, nous connaissons ce que représente Le Pen et Macron. Ce sont des néolibéraux. La première se donne un vernis social et reste d’extrême droite malgré son lissage communichationnel. Le second détruit tout, se fait de plus en plus autoritaire, ne fait rien pour le climat etc. En somme ce duel entre la peste et le choléra selon l’expression consacrée, beaucoup de Français n’en voulaient pas ! Mélenchon et son équipe ainsi que le programme qu’ils portaient représentaient (ce n’est pas fini !) un espoir de prendre l’appareil d’État, le pouvoir exécutif et donc de proposer autre chose que : « tout pour le fric » ou « dehors les pas comme nous ».

S’il avait gagné cette Présidentielle des mesures concrètes auraient pu se mettre en place. S’il avait accédé au second tour sans être élu par la suite, cela aurait tout de même permis de parler d’autre chose que d’immigration et Macron aurait été mis devant ses contradictions quant à ses politiques autoritaires et inégalitaires (il y avait aussi la possibilité d’un duel Mélenchon/Le Pen…). Soit un moment de politisation devant des millions de Français : le débat d’entre deux tours. Car qu’on le veuille ou non, beaucoup regardent encore la télévision, qui plus est ce fameux « rituel républicain ». En somme, ça aurait permis une fonction tribunitienne. Lénine, dans La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») critiquait des communistes qui pensaient qu’en aucun cas les communistes ne devaient participer à la « démocratie bourgeoise », à ses assemblées et syndicats. Ils voulaient agir uniquement en dehors de ses institutions. Lui y voyait l’opportunité d’une fonction tribunitienne et de politisation des masses c’est à dire de gens moins politisés, avec moins de conscience de classe, d’intellectualisation de l’antagonisme avec le capital et l’État qui le sert… Soit une dialectique entre le « jeu » institutionnel et l’« à côté » révolutionnaire. Lénine n’emploie pas forcément ces mêmes mots mais l’idée est là : il ne refuse pas de manière dogmatique les élections, le parlementarisme car il y voyait un moyen d’attiser la lutte de classes et donc d’aiguiser la conscience de classes et d’augmenter les chances d’une future révolution pour renverser le capitalisme et aller vers le communisme.

Soit tout le contraire de positions gauchistes, ne croyant que quasi-exclusivement en la lutte hors des institutions républicaines comme l’UCL (« c’est dans la rue que ça se passe »), ou abstentionniste comme ici la CNT brestoise ou autres (membres de KBAL, etc.) : de « tout ou rien », comme si TOUT se jouait dans la rue, RIEN dans les institutions (évidemment imparfaites et biaisées). Ainsi, après la bataille, la CNT brestoise appelle avec d’autres syndicats à se rassembler pour dire « Non à l’extrême droite, pour la justice et l’égalité ! »… Et certains de se lover dans une « pureté révolutionnaire »… Ou est-ce une sorte de narcissisme de la rébellion ? En somme il s’agit d’une pensée binaire, aux deux pôles séparés, non-dialectique. Quel recul théorique et idéologique : un retour à l’idéalisme à l’opposé de tout matérialisme historique renouvelé ! Et de les voir (certains d’entre eux) d’après Le Télégramme déclencher une « manifestation spontanée contre le duel « Macron – Le Pen » » !… S’ils ne voulaient pas de ce duel il y avait une solution… un bulletin de vote… On vous laisse deviner lequel. Et de s’organiser pour amplifier la dynamique en sa faveur… Car que l’on peste contre les institutions ou non – et il y a de quoi, particulièrement avec la 5ème république, d’où la proposition de Constituante… -, l’élection devait avoir lieu ! Le vote était dès le 1er tour un instrument « antifasciste » de 1er plan !

Nombre de militants de(vraie) gauche ne sont pas allés voir les Gilets Jaunes, mouvement historique, l’un des plus grands mouvements sociaux depuis Mai 68, par sa vigueur insurrectionnelle notamment. Ou alors ont-ils suivi ça de loin, sans vraiment parler aux gens ou s’impliquer dans l’organisation, les actions, les AG, les commissions, bref, sans véritablement en être, ou alors toujours de manière séparée. Évidemment le mouvement n’était pas homogène comme la plupart des mouvements de masses. Il en aurait été étonnant qu’il en soit autrement étant donné le fort vote Le Pen chez les ouvriers. Alors pour ne pas laisser la place à l’extrême droite, résolument, sans peur de se salir, il fallait en être. Ni comme avant-garde, ni à la remorque en suivant et laissant tout faire, mais au milieu, en assumant et proposant des idées d’émancipation et orientations stratégiques. Certains l’on fait, ont apporté des cadres nécessaires, notamment pour les AG, l’organisation. C’est la moindre des choses que l’on puisse attendre de ceux qui ne jurent ou presque que par les luttes (et la révolution) !

Ainsi selon nous, ça valait le coup de pousser une candidature Mélenchon. Pas pour porter allégeance, être idolâtre, fétichiste de l’élection, naïf au point de croire qu’une fois le bonhomme élu c’est du « tout cuit »… mais bien pour un programme et une équipe à même de changer concrètement la vie quotidienne des plus pauvres et d’agir face au désastre climatique en cours. En disant qu’il faut prendre ce qu’il y a à prendre, qu’il en va de notre responsabilité de ne pas rester dans la pusillanimité. Et donc d’appeler à voter Méluche, car objectivement, c’était lui qui défendait nos intérêts. C’est un votre de classe. Il suffit de voir les résultats : il est « en tête en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, en Outre-mer, dans plusieurs grandes villes (Lille, Toulouse, Marseille…) et chez les jeunes. » Il y eut un gros travail contre l’abstentionnisme (porte-à-porte), pour que des gens qui ne votaient pas aillent voter POUR et non plus juste être CONTRE. Bref : un espoir ! Que les intérêts des gens (matériels) soient défendus. Les GJ ont été mutilés, éborgnés, humiliés, emprisonnés. Certains sont encore en prison, d’autres croulent sous les amendes… JLM proposait leur amnistie ! D’autres sont usés, désespérés (parfois jusqu’au suicide) par une lutte sans fin et ont besoin de victoires, de voir que leur combat aura eu un débouché politique, notamment sur le pouvoir d’achat (pour vivre dignement compte tenu de l’inflation), la fiscalité, le RIC, les services publics. Malgré toutes les forces hostiles (du capital, dans l’État, médiatiques), même le simple commencement du programme L’Avenir en commun aurait permis de répondre à ces demandes. Tout le monde n’est pas maximaliste. Beaucoup se contentent de peu. Et même ce « peu » là ils ne l’ont pas eu, ou alors quelques miettes jetées par Macron. Le programme permettait aussi des avancées pour les autres mouvements sociaux : écologiste, féministe, antiraciste et contre les violences policières etc. Il était donc complet et intelligent car liant les choses entre elles.

Alors, c’est ne rien comprendre que d’appeler abstraitement à l’abstention, voire, est franchement déconnecté de la majorité la plus pauvre de la population en voie de désespérer. Cela relève d’une posture confortableet esthétisante, de principe et pour tout dire dogmatique, d’autant plus quand l’on sait queles riches et les vieux sont surreprésentés dans ceux qui votent, à l’inverse des pauvres et des jeunes !

Nous pensons que la candidature Mélenchon aura permis tout de même une politisation, d’aborder certains thèmes dans des grands médias en misant sur l’intelligence des gens et non leurs bas instincts. Par les réseaux sociaux et notamment sur You Tube, le travail accompli, organisé, rigoureux, est colossal et va à l’encontre de la dépolitisation souvent en vigueur. Nous aimerions pouvoir en faire autant et c’est l’une des faiblesses des luttes en auto-organisation. Ce travail pour l’hégémonie culturelle est indispensable et primordial pour la prise du pouvoir d’État et économique, et au final, pour la conscience de classe, celle de la « classe laborieuse », quasiment 80 % de la population, avec évidemment tout sauf une homogénéité, des contradictions etc. Elle profite également aux luttes sociales et écologistes : grèves, manifs, assemblées de base, ZAD etc.

Alors certains appelaient à nous retrouver dans la rue… exclusivement ! « Sus aux institutions bourgeoises pourries ! » pourraient-ils dire. Elles le sont. Ainsi nous devons être dans les manifs, les grèves, les assemblées de base en auto-organisation qui pèchent souvent par manque d’organisation et une horizontalité abstraite stérile. Nous devons être aussi dans les syndicats (et le sommes déjà). En tous cas, nous pouvons pousser les bureaucraties syndicales à sortir du cadre institutionnel de négociations défensives entre « partenaires sociaux » pour obtenir le « moins pire », sans véritable stratégie de coordination offensive, comme devrait le proposer un syndicalisme digne de ce nom, en mesure d’assumer le rapport de force avec le capital et l’État, c’est à dire révolutionnaire et « politique » – dans le sens de bousculer voire renverser le cadre de négociations néolibéral, voire le capitalisme pour une démocratie économique. Mais cela n’exclut pas d’être dans les institutions, à l’Assemblée nationale pour bloquer l’action du futur Président et de son gouvernement.

Espérons qu’autour de l’Union Populaire (son parlement), pourra se consolider ce pôle de rassemblement permettant de structurer sur la durée un bloc capable d’assurer ces deux fonctions là – être à la fois dans les luttes et les institutions – inter-agissant entre elles. Peut-être pour cela faudra t-il continuer la formation militante, en particulier de « cadres » (en faisant, dans l’action…), répertorier les « compétences » (techniques notamment) que chacun peut apporter, avoir un lieu pérenne où se retrouver et éventuellement y dérouler des activités contre-culturelles, d’« éducation populaire », d’édition (journaux en ligne et papier, réseaux sociaux, chaîne You Tube, podcasts, brochures, tracts affiches etc.), de politisation, de fêtes et événements culturels nous permettant de sortir de trop de sobriété militante et de numérisation. Pour que la joie demeure, que le militantisme ne soit pas un sacerdoce, qu’il attire, brasse du monde mais surtout, « fidélise », pour sortir de l’« état gazeux », du mouvementisme permanent. Mais aussi pour lier et coordonner des actions communes avec d’autres groupes militants, associations etc. Finalement, comme une sorte de grand « parti » populaire en évitant les travers bureaucratiques, avec donc une autonomie à la base. La forme que prendra l’Union Populaire n’est encore qu’esquissée mais son Parlement va continuer à œuvrer pour les législatives, en accueillant notamment des primo-militants mais aussi des syndicalistes et militants politiques, GJ, associatifs, avec pourquoi pas, un Parlement local. Tout ceci, afin de consolider et structurer un bloc de (vraie) gauche à même d’être suffisamment puissant/organisé pour peser sur la vie politique du pays ces prochaines années, autour d’une base commune patiemment construite : le programme L’Avenir en commun qui lui non plus ne restera très probablement pas figé mais pourra connaître des modifications de compromis.

Les crises aidant, la situation politique et sociale du pays risque d’être très tendue et des mouvements de masses advenir. Alors, tant bien même l’Union Populaire serait arrivée au pouvoir, des mouvements de masses auraient pu pousser à ce que le programme s’applique, voire plus !… Comme lors de la Révolution françaiseoù les sans-culottes des sections parisiennes poussaient au cul le gouvernement révolutionnaire des Jacobins. Pendant La Commune le peuple parisien fit aussi pression sur ses représentants et pouvait même les révoquer. Mais l’exemple typique est celui du gouvernement du Front Populaire qui n’aurait pas accompli ses avancées sociales (congés payés, réduction du temps de travail etc.) si la rue n’avait pas poussé par des grèves et occupations d’usines. Tout ça pour dire que ces deux formes de lutte ne s’opposent pas. Leur combinaison est même souhaitable et des gouvernements de gauche véritable pourraient être « dépassés » par la rue. Cela paraît évident mais apparemment pas pour tout le monde. Trotski voyait la nécessité d’avancées du droit du travail et démocratiques dans la démocratie bourgeoise, qui devaient ensuite aller plus loin vers le socialisme puis le communisme. De nos jours, à minima, Mélenchon élu, nous aurions pu aller vers l’éco-socialisme… puis à d’autres d’aller plus loin…

Mais soyons rassurés : de quelque manière, sous d’autres formes ou latitudes,

Les Gilets Jaunes triompheront !

PS : nous n’avons volontairement pas parlé ici des attaques indignes voire calomnieuses de Jadot, Roussel, Hidalgo et de membres de leurs partis envers J.L.M. Il y aurait à la fois trop à dire… et rien à dire. Laissons-les à leur insignifiance, en tous les cas pour l’instant.


Pour aller plus loin

Vous pouvez lire nos textes aux positions analogues d’avant élection :
Mais aussi :

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Lettres d’avant tour :
« À bientôt dans la rue !  », disent-ils…

Bonjour,

Vous ne comprenez pas les GJ. Si vous leur parlez, beaucoup ne veulent pas de Macron et tombent souvent dans le « Tous pourris », ou le « Tout sauf Macron » qui pourrait profiter à Le Pen. Le programme L’Avenir en commun permettrait des avancées concrètes pour les gens qui galèrent et sont dans des problématiques de survie, pas d’abstractions qui ne répondront pas à leurs besoins matériels. Le vote n’est pas magique et ne peut pas tout mais peut un peu et beaucoup de gens paupérisés dans notre pays ne peuvent pas se payer le luxe de refuser les avancées sociales permises par l’élection de Mélenchon. Et dans le texte précédent elles ne sont juste que survolées, la vie des gens pourrait être profondément transformée, pour mieux vivre !

Toutefois il faut toujours rester vigilant envers n’importe quel gouvernement. Le programme promet une Constituante, ça vaut le coup d’être tenté non ? Ça ne veut pas dire qu’il faudra rester inactif, bien au contraire. Il faudra même les pousser au cul pour qu’il tiennent leurs promesses. L’exemple typique est le gouvernement du Front Populaire qui n’aurait pas accompli ses avancées sociales (congés payés, réduction du temps de travail etc.) si la rue n’avait pas poussé par des grèves et occupations d’usines.

En conclusion, libre à vous de vouloir un second tour Macron/Le Pen avec la possibilité d’élection de Le Pen au second tour (elle est donnée à 48,5% dans un sondage en cas de second tour face à Macron, elle est donc dans la marge d’erreur…). Libre à vous de vous réfugier dans une position morale confortable de pureté (révolutionnaire peut-être ?) assez répandue à l’extrême gauche notamment, de surtout rester au dessus de la mêlée, parce que se mêler de politique institutionnelle salirait d’une tache indélébile… Alors pousser un peu pour une candidature qui aurait une chance de changer un peu la vie des gens ? Quelle horreur ! Mais sachez que la plupart des gens n’attend pas le grand soir mais veut juste vivre dignement. Il conviendrait de suivre un minimum le « sens commun » pour le dépasser comme le préconisait Gramsci comme résumé ici dans notre article : Lexique Gramsci

Ici un peu de courage ne serait-il pas de « prendre parti » ? Car ne pas prendre position revient à cautionner la répétition d’un second tour Macron/Le Pen voire la possibilité d’élection de cette dernière. Et ce sont les classes populaires qui en payeront le prix fort. Mais peut-être n’en seriez-vous pas réellement gêné ?

Il paraît compliqué de trop miser exclusivement sur la rue, vu le piètre niveau d’organisation/stratégie à Brest ! Cela fut criant pendant le mouvement contre le passe. Un « chacun fait ce qu’il veut » ou alors du « tout le monde est responsable de tout, mais, dans les faits, personne n’est responsable de rien » qui nous laissait dans le flou, dans l’indécision. Avec parfois un laxisme qui, consciemment ou non, revenait à cautionner la violence entre militants sensés être dans le même camp… Ainsi, nous n’avons clairement pas été en mesure de contrer l’extrême droite, les conspis etc. Nous ressemblions à une bande de poulets sans tête, sans direction, sans stratégie, sans savoir où aller. Lire à ce sujet notre article : Mouvements de masses cherchent tête et plus si affinités…

Quand à la proposition théorique et revendicatrice elle est quasiment inexistante quand elle n’est pas tout bonnement insipide ou juste remplie de bons sentiments.

Pour des idées de fond néo-communistes, voir notre article: Écosocialisme et néo-communisme

Un jour il faudra réellement s’organiser sur des bases théoriques, des revendications et une stratégie sans s’effrayer au moindre supposé début de commencement d’embryon de bureaucratisation. Et quel danger y aurait-il à ce qu’apparaissent des généraux sans armée qui prendraient l’appareil d’organisations sans réelle puissance ? Ainsi, la spontanéité des masses ne suffit pas et l’idée de tout miser sur la rue n’est donc pas franchement rassurante, pas plus que de naïvement tout miser sur l’élection.

Cordialement.

PS – sur des pistes d’organisation, lire notre article : Le grand Que faire ?

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Alluvions

« Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. »

Nous nous regardons nous larver, de foule en foule, à répéter les mêmes slogans,

Nous sommes perpétuellement en colère, lessivés…

Qu’en sortira t-il de bien ?

De la révolte du désespoir des rancœurs des corps délavés ?

Toujours les mêmes ritournelles, le même ton syndical,

Nous battre comme des chiens

Pour quelques miettes

Et de toujours gémir,

Aboyer, en vain.

« Ne pleure pas, organise-toi. » disait Rosa…

Soyez véloces et puissants,

À ronger, organisés même en sommeil.

« Nous avons perdu les meilleures années,

Bientôt le jeu sera fini pour toujours »

Le spectacle se clôt, « il n’y a plus rien » disait Léo…

Encore un qui s’est brûlé les ailes !

Il nous reste des larmes et du sang cramé.

« Les rêves sont des éclats du passé non résolu. Ils éclairent unilatéralement des moments autrefois vécus dans la confusion et le doute. »

Toujours pas de spectacle, même ça, ils nous l’on enlevé !

« j’ai aimé mon époque, qui aura vu se perdre toute sécurité existante et s’écouler toutes choses de ce qui était socialement ordonné. » rajoute t-il.

« Avant de parler, il a tiré quelques coups de pistolet puis a débité, tantôt riant, tantôt sérieux, les plus énormes insanités contre l’art et la vie. »

Surréaliste celui qui descend les armes aux poings… et fait tourner le bal, disait à peu près le snob invétéré.

« Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné. »

Nous sommes séparés, bien trop loin.

« Une nouvelle époque s’est ouverte : après la première tentative de subversion ouvrière, c’est maintenant l’abondance capitaliste qui a échoué. »

Ça nous en fait une belle jambe !

Nous construirons… peut-être demain.

« À la moitié du chemin de la vraie vie, nous étions environnés d’une sombre mélancolie… »

La vie s’enfuit,

Puis le gouffre.

À une très chère amie.


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BD – Les Géométriquement aventures de Marcel Triangle et René Rond En Gilet Jaune


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Quelques articles de presse d’analyse des résultats du 1er tour

« Avec 26,31%, l’abstention est au plus haut pour une élection présidentielle depuis 20 ans. Si l’on ramène les résultats du premier tour au nombre de personnes inscrites sur les listes électorales, l’abstention arrive en tête, 6 points devant Emmanuel Macron. Seul un inscrit sur cinq a glissé un bulletin au nom du président sortant et moins de 17% ont choisi Marine Le Pen. Par ailleurs, 783 091 personnes ont voté blanc ou nul, ce qui représente davantage que les voix obtenues par Anne Hidalgo (616 614) ou Nicolas Dupont-Aignan (725 305) par exemple. »

Résultats présidentielle 2022 : six cartes et graphiques pour tout comprendre au premier tour – FRANCE INFO

Basé sur des estimations et non les résultats officiels :

Présidentielle : 10 infographies qui éclairent les résultats du premier tour – FRANCE INTER

Résultats présidentielle 2022 : découvrez les scores du premier tour de l’élection dans votre ville – FRANCE INFO

« 22 % des personnes s’estimant proches de la CGT ont voté pour la candidate du Rassemblement National en 2022, selon le sondage ; contre 15 % en 2017. »

« Selon le sondage Harris, le vote pour Marine Le Pen est particulièrement fort chez les personnes se disant proches de Force ouvrière puisqu’il s’élève à 31 %.  En 2017, dans la même enquête, il atteignait déjà 24% chez ses sympathisants. À la différence de la CGT, Solidaires et la FSU, FO syndique fortement au sein de la police, qui vote largement en faveur de l’extrême droite. »

Second tour : les syndicats marchent sur des oeufs – RAPPORTS DE FORCE


Nous croyons à l’importance des mots, des images, pour construire un récit et imaginaire communs sortant de la grande imagerie du capital qui nous borne à reproduire notre force de travail et consommer sa camelote prémâchée !

« Sans rêve et sans réalité, aux images nous sommes condamnés »

disait la chanson
Salutations canines

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2 commentaires

  1. […] Nous relayons ces informations de RDV dont nous ne sommes pas à l’initiative mais qui vont dans le bon sens (même si après la bataille…). Lire à ce propos : Ahou numérique miniature n°8 (14/0/2022) : La maladie sénile du communisme (le « gauchisme »). […]

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