Ahou numérique miniature n°7 (11/03/2022) : Le monde merveilleux de Pôle Emploi


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* Le monde merveilleux de Pôle Emploi

* Pour aller plus loin


Le monde merveilleux de Pôle Emploi

Nous avons reçu ce témoignage, une plongée dans le monde fabuleux de Pôle Emploi.

J’avais rendez-vous pour une réunion collective de Pôle Emploi. Je révisais quelque peu avant des chiffres sur le chômage, quelques articles dont j’avais connaissance. Notamment celui de Libération affirmant en septembre 2021 qu’il y avait 13 fois plus de chômeurs que d’emplois vacants en France. Malheureusement, j’oubliais de relire celui de Frustration démystifiant la fameuse embellie vantée par les macronistes. Je le regretterai après coup, il m’aurait fourni quelques munitions pour contrecarrer le discours triomphaliste des animateurs de cette réunion.

En effet, pour eux tout allait bien, ils n’avaient pas vu une situation aussi favorable pour les chômeurs depuis des années. Un million d’offres d’emploi au niveau national, 350 rien que dans cette agence ! Les patrons cherchaient mais pauvres d’eux, ne trouvaient personne pour occuper les emplois qu’ils nous offraient généreusement à nous chômeurs ingrats. Nos deux animateurs s’étonnaient de cette situation. Je me risquais à une intervention : peut-être est-ce que c’est parce que les salaires n’augmentent pas (contrairement aux prix) ? L’un deux me concédait cette éventualité. J’oubliais peut-être d’évoquer cet été 2018 où des syndicats patronaux de l’hôtellerie-restauration demandaient même au gouvernement de faire venir des « migrants » (qu’il conviendrait d’appeler « réfugiés »). Car précarisés de fait, ils accepteraient les pires conditions de travail, les pires salaires. Mais j’’y allais par petites touches, ne monopolisais pas la parole. Toujours cette ligne de crête de contestation de l’institution Pôle Emploi, sans trop se faire repérer non plus, pour qu’ils ne m’emmerdent pas par la suite… Dans ces cas là, toujours rester courtois et calme, rationnel. C’est ce qui peut le plus les gêner je crois.

Car l’émotion est noyée dans l’œuf par une langue néo-managériale réifiante, déshumanisante. Ainsi des expressions : « faire le match ». À laquelle quelqu’un répond : « le smatch ? Le contact quoi ! » Puis le même animateur de conclure : « genre Tinder ». Les accointances des chômeurs avec ce que demande le patron sont ici mis en parallèle avec des rencontres matrimoniales arrangées sur internet où l’on peut trier sur critères les personnes que l’on souhaite rencontrer, où rien n’est laissé au hasard… Ensuite, pour les « personnes qui ont des parcours de vie plus difficiles », des « freins périphériques », est proposé un parcours « emploi compétences ». Pour cela l’employeur reçoit une aide de l’État. Des assistés vous dis-je ! Puis on nous parle d’« offre en insertion par l’activité économique ». Ça fait rêver. Mais il faut que vous soyez « acteur de votre parcours » nous dit-on poétiquement. C’est à nous de bosser pour pouvoir bosser quoi. Puis à la stupeur générale, en une envolée lyrique, Pôle Emploi est comparé à un médecin qui « donne des médocs ». Après, il ne peut pas savoir « si vous les prenez »… C’est à toi de jouer bonhomme ! « Je traverse la rue je vous en trouve » du boulot ! Bref, on se serait crû dans un séminaire macroniste où la langue néolibérale pouvait s’exprimer dans toute sa violence symbolique. Mais à un tel niveau on pourrait enlever le mot « symbolique ». C’est de la violence à l’état pur ! Qui plus est, c’est dit à des chômeurs de longue durée qui ne trouvent pas de boulots depuis des plombes ou par ci par là, qui peinent parfois avec les nouveaux outils informatiques, sont usés par le travail, le chômage, ont ici visiblement pour beaucoup plus de 50 ans, galèrent à payer l’essence, n’ont pas forcément le permis etc. C’est à dire que derrière ces discours hors sol (de petits bourgeois CPIS ?) il y a des réalités sociales, des vrais gens avec leurs milles contrariétés de la vie quotidienne, très concrètes : les gosses à aller chercher, la famille, un couple qui tangue etc. Car bien souvent les emplois proposés ne sont pas dans la zone géographique d’habitat… Mais face à cela c’est au chômeur de s’adapter… au marché du travail. Donc de se reformer à ses convenances. Magnanime, notre animateur concède que c’est « peut-être long mais on arrive à une fin rose ». On est là au cœur de la logique néo-libérale : l’individu est responsable de tout, c’est donc à lui qu’il revient de se dépêtrer… seul. Il n’y a pas de déterminismes sociaux, juste des monades qui partent à égalité sur la ligne de départ. Ainsi nous serions à égalité pour négocier avec le boss nous dit-on en substance dans cette réunion. Je fais remarquer qu’il y a un lien de subordination et que donc non, nous ne négocions pas d’égal à égal. À moins que cette pensée me vient par « esprit d’escalier » comme on dit, après la bataille, quand on se dit, putain, j’aurais dû dire ça pour leur clouer le bec. Je ne me rappelle plus mais une chose est sûre : tout cela sent mauvais… le « darwinisme social » ! Tellement sidérant que ça en devient irréel et vous désarçonne pour savoir quoi répondre. Mais je crois que personne n’était dupe… Il suffisait de voir le manque d’entrain à répondre aux questions des animateurs… Je scrutais parfois la salle à la recherche de regards désapprobateurs ou pour le moins circonspects. Je vis une personne qui ne s’exprima pas une seule fois mais qui en cette circonstance fit « non de la tête ».

Plus humiliant encore : maintenant on nous parle de « valorisation de profil » : « on valorise » nous dit un animateur. Quel beau métier ! Le léger sentiment d’être traité comme une marchandise me submerge. « On a reçu un objectif de travail » de la Direction générale pour un « plan d’action » nous dit-on. Youpi, ça a l’air sacrément bien torché ! Je peine à cacher ma joie. De plus, on sent là une manière de se défausser de l’institution. Après la réunion je resterai discuter avec deux autres chômeurs. Devant mes critiques l’un dit : « Ils font leur boulot. » Il ne faut donc pas leur en vouloir. C’est bien là le problème ! A tous les échelons, chacun fait son boulot… Tous responsables : personne responsable. L’institution permet ici toute la dépersonnalisation nécessaire pour qu’elle perdure dans son être, à accomplir sa tâche : fournir de la « chair à patron ». Le rôle des animateurs est ici d’assurer la « réduction des tensions » par une « montée en compétence des demandeurs d’emploi ». Ici l’impression d’être une machine qu’il faudrait juste re-régler… car elle aurait dysfonctionné. Ceci au cas où « les compétences ne matchent plus », pour « vous reconvertir vers d’autres métiers ». Un « plan spécifique » est prévu à cet effet.

Alors un dialogue s’installe entre les animateurs et un chômeur qui a plus de 50 ans. Il dit qu’il n’arrive pas à trouver un emploi, qu’on ne le prend pas. Ceci malgré le formidable état du marché de l’emploi qui nous est vanté par ailleurs… Les animateurs lui proposent alors de travailler dans les serres. Celui-ci se plaint du dos, qu’il ne peut pas travailler à ce type de métiers. Un animateur se tord alors en circonvolutions langagières néo-managériales pour évoquer l’état physique de cette personne. Malheureusement je n’ai pas retenu les mots exacts. Mais la rhétorique était la suivante : comment dire que le travail casse sans le dire. Autrement dit : comment mettre la poussière sous le tapis ! Un grand moment de gêne profondément abjecte ! Cachez cette douleur que je ne saurais voir semblait dire sans le dire l’animateur. Soit la souffrance déniée, cachée, escamotée. On vous en dépossède ! J’intervins alors pour mettre les mots sur la table : « cassé », « usé », par le travail, je parle de personnes ayant subi des « accidents de travail ». J’évoque la difficulté pour des chômeurs de plus de 50 ans de trouver du travail, qu’ils sont souvent mis en « préretraite », mis sur la touche en somme.

Diverses formations nous sont proposées. Un fameux « Actif projet » financé par Pôle Emploi. On note la verve toute rimbaldienne dans l’élaboration des titres ! Le principe est simple : « travailler sur des pistes professionnelles qui vous amènent à un emploi qui vous corresponde. » nous dit-on. Mais aussi : « travailler comme un entonnoir où le 360° est ouvert ». Ici encore on nous parle de « compétences », d’« envies ». L’idée est de déterminer 2/3 pistes professionnelles viables. On nous propose aussi de « mettre en place des immersions professionnelles ». Il y a aussi le « #tousmobilisés », soit des listes d’événements Pôle Emploi. On bat le rappel des troupes ! Est évoquée aussi la possibilité de visites d’entreprises. « N’hésitez pas à vous positionner. » nous dit-on. Pourquoi, les places sont chères car limitées ? Devrons-nous jouer des coudes entre nous pour y arriver ? Clou du spectacle, la prestation « « Valoriser son image pro » (VSI) pour permettre aux demandeurs d’emploi d’identifier et de renforcer leurs savoirs-être professionnels. » J’ai retrouvé le titre exact ici entre guillemets, plus tard, sur le site de Pôle Emploi. Mais lors de notre réunion on nous explique qu’avec cette prestation on peut avoir la joie immodérée de réaliser des simulations d’entretiens avec des entreprises qui peuvent être filmées pour qu’il puisse y avoir un « feed-back » « pour améliorer sa prestation ». Ils ne sont décidément pas avares en anglicismes ! Il faut dire que l’anglais est la langue des affaires… Tout ça bien sûr pour notre bien, pour travailler notre « savoir être », « aller de l’avant », « être souriant », « être motivé », « comme vous avez fait ce matin, c’est à dire venir à l’entretien. » Il y a dans tout ça, allez, osons-le, un brin de dystopie totalitaire de type orwellien ! Si si.

Il nous est ensuite vivement conseillé de rendre accessible aux employeurs notre CV, en ligne, sur le site de Pôle Emploi. L’un de nos animateurs nous dit aussi qu’elle peut appeler des patrons à notre place. Top cool. Dans le désordre, sont évoqués : un patron hyper généreux dans une île qui propose de loger son futur employé (qui ne voudra pas venir dans son trou paumé). Une offre d’emploi pour un menuisier payé 3000 ou 5000 euros je sais plus. Et pourtant, pas de preneurs ! Fichtre, encore ces maudits chômeurs qui ne sont pas adaptés à l’offre ! Formez-vous qu’ils disaient… et plus vite que ça !

Le bouquet final : un chômeur en combinaison de travail évoque ses échecs successifs à trouver un emploi. Il énumère ses permis de conducteur, mais que souvent c’est celui qu’il n’a pas qui lui est demandé. Mais ça titille un animateur qui a visiblement du taf pour lui, il peut faire l’entremetteur et dit : « Je vais en profiter pour faire mon marché. » « Aux esclaves » pensais-je immédiatement. Elle a qu’à lui regarder les dents aussi… Puis d’ajouter : « Vous m’intéressez ! ». Et lui de rétorquer du tac au tac : « Pas moi ! ».

Nous quittons tous ensemble la réunion, nous succédant en file indienne le long d’un couloir où me vient immédiatement à l’esprit l’impression d’avoir vécu un moment extraordinaire, presque surréaliste ! Une caricature de langue managériale, un paroxysme de déshumanisation ! Ici l’humain est une marchandise comme une autre, rien qu’une « force de travail » comme dirait Marx, qu’il faut recaser. Peu importe où, comment, quelles conditions de travail, pour produire quoi ? Saloper l’environnement, nuire socialement ? Peu importe, il faut fournir de la main d’œuvre au patron pour faire tourner la machine. Avec ce genre de logiques on est pas prêt d’avoir des politiques écologiques et des gens en bonne santé !

Je discute à la sortie avec deux autres chômeurs. Je suis rassuré de voir qu’ils ne sont pas dupes. L’un est malmené, doit régulièrement donner des preuves de recherche d’emploi et a même été jusqu’à faire un esclandre. C’est à lui que la conseillère (ça y est j’ai retrouvé le mot je crois) a dit lors de la réunion : « Vous m’intéressez ». L’autre lui conseille de la jouer plus discret. Il excuse plusieurs fois les conseillers (c’est donc lui…). Les bons conseillers ! Peut-être pense t-il spontanément que je critique les personnes plus que l’institution… Même si cette dernière est incarnée et il est difficile de la critiquer sans critiquer aussi ceux qui assurent son fonctionnement, qui mettent de l’huile dans la machine pour parler leur langue fonctionnaliste. Celui-ci évoque tout de même la montée des prix (voir cet article de Frustration écrit avant la guerre en Ukraine…), le retour possible des Gilets Jaunes. Car une chose que l’on a tous oublié de dire lors de cette réunion c’est qu’avec le prix actuel du carburant, prendre sa bagnole pour aller bosser… et ben, il se pourrait bien que le calcul ne soit pas bien rentable. Eh oui, nous aussi savons être rationnels, faire des calculs coûts/bénéfices comme un bon manager de la grande machinerie capitaliste !

Plus tard encore, je regrette de n’avoir pas su argumenter pour limiter leur enthousiasme sur les prétendus bons chiffres du chômage. Je peinais à croire à leur tableau idyllique et posais donc la question, avec l’air de ne pas y toucher : est-ce que ça n’a pas baissé en catégorie A et augmenté dans les autres. J’évoquais aussi des gens qui ne cherchaient plus. On me répondit : Ah bah !… L’air de dire, c’est de leur faute ! Je voulais sous-entendre qu’il y avait des découragés. Que comme aux USA, le « halo autour du chômage » avait augmenté (+ 48 000 personnes au 4ème trimestre 2021), certains se disant que ça ne sert à rien de s’inscrire. J’aurais du parler de tous ces gens qui sortent des statistiques parce qu’ils n’en peuvent plus, qu’ils se sont fait radiés (52.300 au 4ème trimestre 2021), j’aurais dû parler des 10.000 chômeurs qui meurent prématurément chaque année, notamment par suicide. J’aurais surtout dû évoqué la réforme de l’assurance  chômage avec « 1,15 million de chômeurs [qui] seront impactés la première année par la réforme du calcul du salaire journalier de référence, qui sert de base à celui de l’allocation-chômage » (baissant de 17% en moyenne), selon l’UNEDIC. Il faut désormais travailler plus longtemps pour ouvrir des droits… Elle a aussi amené un renforcement des contrôles. Des radiations désormais possibles « en cas de deux refus d’offres raisonnables d’emploi sans motif légitime ». Mais surtout, cette baisse artificielle des chiffres du chômage masque le recours de plus en plus systématique à des emplois précaires, de courte durée (CDD, de moins d’un mois, temps partiel). Et n’oublions pas aussi les Lois Travail qui ont affaibli les protections des travailleurs sous les quinquennats Hollande et Macron.

Plus largement, pour calmer leurs ardeurs j’aurais dû parler des « 9,2 millions de personnes [vivant] sous le seuil de pauvreté monétaire en France en 2019 » (INSEE : serait stable selon eux en 2020…), des riches qui font sécession et des inégalités qui explosent avec « 7 millions de personnes [qui] ont besoin d’aide alimentaire pour vivre, soit 10% de la population française » selon le Nouveau rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales (voir aussi ici), de la baisse des APL, la hausse des prix des logements qui se poursuit (INSEE), des 4 millions de personnes qui sont « non ou mal logées » selon la Fondation Abbé Pierre, des prix qui augmentent… Bref, de tout ce qui empoisonne la vie des gens ! Peut-être auraient-ils trouvé cela hors sujet, trop vaste… J’aurais pu, j’aurais dû en parler… Mais finalement, ne soyons pas trop durs avec nous mêmes : j’ai tout de même pu placer quelques remarques sans monopoliser la parole et paraître réciter un catéchisme avec moult chiffres à l’appui (comme ici mais on est à l’écrit). Sans paraître le gauchiste de service, qui au fond, « c’est juste ce qu’il dit, mais il exagère ! ». Quoi qu’il en soit, cela aura peut-être contribué à rendre mes interventions plus sincères car plus spontanées.

Mais de toute façon, la plupart des gens présents à cette réunion n’avaient pas vraiment l’air de trop y croire, à tout ce cirque. En espérant que ce récit d’expérience et arguments à tête reposée puissent pourquoi pas inspirer des chômeurs décidés à ne pas laisser ces agents de Pôle Emploi dérouler sans contradiction leur langue néo-managériale des plus violentes sous les dehors de la bienveillance. Car j’oubliais – et c’est encore plus violent – tout est dit avec le sourire, avec de l’allant. Après tout, il faut montrer l’exemple ! Le genre de situations où, si vous vous rebiffez, ils auraient vite fait de vous faire passer pour un esprit chagrin, un mauvais coucheur.

En résumer, l’idée principale, jamais dite frontalement mais toujours insidieusement sous-entendue est : c’est de la faute du chômeur s’il est au chômage.
C’est donc à lui de se prendre en main, on ne peut pas tout faire à sa place ! Face à cette culpabilisation il est urgent de dédramatiser : ce n’est pas de votre faute, on les emmerde ! Ne pas retourner la violence contre soi mais parvenir à se grouper pour se défendre, à se politiser, c’est à dire, à monter en généralité et compréhension de cette situation qui nous nuit, où le chômage est partie intégrante du capitalisme pour assurer le rapport de force du capital sur le travail : faire pression à la baisse sur les salaires et faire qu’en bas, on se batte pour les quelques emplois qu’ils voudront bien nous donner. Et si tu veux pas ce boulot de merde, il y aura toujours quelqu’un derrière toi pour l’accepter ! Le capital nous nuit et n’hésitera pas comme naguère à nous remplacer par des machines. Il ne nous donne rien généreusement mais toujours par intérêt. Et si vous êtes « privés d’emploi » comme le disent maintenant les syndicats mimant ce même genre de circonvolutions langagières managériales – comme si l’emploi était une aubaine – vous pouvez aussi refuser le travail en bloc, ce travail là. C’est à dire celui qui consiste à engraisser le capitalo, pour des conditions de travail pénibles, des emplois précaires mal rémunérés et souvent nuisibles socialement et pour l’écosystème. Car le capitalisme écocide maltraite tout : « Le capital épuise deux choses : le travailleur et la nature » (Karl Marx).

Refusons la culpabilisation et stigmatisation des chômeurs comme des assistés, des feignasses qui feraient preuve de mauvaise volonté. Le cadre est biaisé, leurs règles à sens unique pour le patronat. Refusons ce chantage à l’emploi, pour produire n’importe quoi, n’importe comment sans trop savoir pourquoi. Organisons-nous pour leur en faire voir, dire que l’on ne mange pas de ce pain là, que notre court passage sur terre, on ne veut pas le gâcher pour faire tourner un système qui marche sur la tête : le capitalisme écocide.

Et ainsi :

« Les mauvais jours finiront.
Et gare à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront. »

La Semaine Sanglante


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Pour aller plus loin

Des inégalités sur la façon de vivre le chômage

« Dans L’épreuve du chômage, Dominique Schnapper distingue trois types d’expériences vécues: le chômage total, le chômage inversé, le chômage différé. Le chômage total se caractérise par l’ennui, la désocialisation, l’humiliation. Il constitue l’expérience de la grande majorité des travailleurs manuels, de certains employés et dans une moindre mesure de cadres d’origine modeste, c’est-à-dire de tous ceux pour lesquels le travail représente le mode privilégié de l’expression de soi au sens où il apporte non seulement une activité et une rémunération, mais une raison d’être, un sentiment d’utilité et une reconnaissance sociale. Le chômage inversé est vécu de façon très différente, essentiellement par une population jeune, d’origine sociale moyenne ou même supérieure. Cette expérience peut correspondre à des vacances prolongées pour des personnes qui n’ont pas connu la vie professionnelle ou qui retrouvent, après une brève expérience de travail, le charme de l’oisiveté ou le plaisir d’avoir du temps pour soi ou pour ses loisirs. Certains profitent de cette expérience pour se consacrer à leur passion et dans certains cas à leur vie d’artiste. Enfin, le chômage différé, celui qui correspond à la catégorie des cadres, se caractérise par la recherche active d’un emploi ou l’adoption d’activités de substitution. La plupart des cadres qui font cette expérience tiennent à maintenir les normes de l’univers professionnel et s’accrochent au statut de «cadre en chômage», ce qui permet de différer au-delà d’un an l’apparition des traits propres au chômage total. »


« Paradoxalement, quand le marché du travail se durcit trop et rejette massivement ceux qui s’y trouvent, ou que travailler coûte trop et rapporte trop peu (ce qui se vérifie de plus en plus douloureusement avec la flambée récente des prix de l’essence et de l’énergie alors que les salaires stagnent), beaucoup finissent par le déserter, le plus souvent pour se résoudre à la précarité. »

« Certes, nous fabriquons de l’emploi, mais de l’emploi low cost pour les patrons qui expose les plus fragiles à toujours plus d’imprévus et de sacrifices. »

Doit-on (vraiment) se réjouir de la baisse du chômage ? – FRUSTRATION


« Ce partage subi du temps de travail est cependant, dans le capitalisme contemporain, le moyen classique de faire baisser le chômage. Mais il s’accompagne naturellement d’une mutation de l’emploi : les emplois créés sont des emplois de services marchands, souvent à faible valeur ajoutée et à faible productivité. Cette évolution ressemble à celle qu’ont connue les États-Unis ou le Royaume-Uni dans les années 2000. Et dès lors, la question qui surgit est celle de la qualité de l’emploi créé en termes de conditions de travail et de salaires. Une question que l’émergence de l’inflation rend encore plus brûlante. »

Bilan Macron. Des résultats économiques largement surestimés – MEDIAPART


Si vous voulez détricoter les chiffres du chômage, ici le dernier rapport de la DARES

Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi au 4e trimestre 2021


Plus simplement, vous pouvez lire l’article ci-dessous, résumé ainsi :

« Mais ces chiffres sont souvent sujets à caution, car les regards sont généralement tournés vers les seules catégories A, B et C, voire uniquement sur la catégorie A. En augmentant les entrées en formation, nombre de demandeurs d’emploi glissent d’une catégorie à l’autre et sortent de ces radars. Surtout, en augmentant les radiations, il est possible de les faire totalement disparaître des listes. Le durcissement des contrôles qui avait été annoncé par le Président de la République peut donc avoir un effet. Ou a minima jeter la suspicion sur ces chiffres. »

« plus de 52 000 sont sortis des listes à la suite d’une radiation administrative, soit un bond spectaculaire de 44,9 % sur un an (19,1 % sur le trimestre) ! »

Chômage au plus bas depuis 2008 : qu’y a-t-il derrière ces bons chiffres ? – OUEST FRANCE


Le bilan du quinquennat Macron qui détérioré les conditions de vie des plus pauvres

Le bilan économique et social d’Emmanuel Macron en 3 points et 8 minutes – FRUSTRATION


2017-2022 : le bilan Macron au scanner de Mediapart


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