Pass sanitaire : que font les syndicats ?

Le pass sanitaire concerne bien évidemment aussi le monde du travail : pressions sur les non-vaccinés, risque de suspension de salaires de salariés ne voulant pas se faire vacciner, conditions de travail dégradées pour ceux obligés d’assurer des fonctions de contrôle relevant de fonctions de police etc.

Et pourtant, les grandes centrales syndicales sont absentes et regardent passer les trains, en l’occurrence ici celui de ce mouvement social contre le pass sanitaire qui pourrait bien s’élargir à bien d’autres colères plus sociales et donc concernant la sphère des attributions syndicales : défendre les travailleurs. Certains syndicats appellent tout de même à des grèves illimitées. Mais la CGT donne surtout RDV en octobre pour combattre l’entrée en application pleine et entière de la réforme de l’assurance chômage. Combat légitime tant cette dernière va opérer une saignée sur le corps social !

Toutefois, les centrales syndicales vont-elles rater le coche pour « frapper » ce gouvernement efficacement et massivement comme elles le firent en se tenant à distance voire en se désolidarisant des Gilets Jaunes ? Ceci, également sous prétexte qu’il y aurait des éléments minoritaires d’extrême droite la plus dure et intolérante, raciste et excluante ? Mais n’est-ce pas le rôle d’organismes structurés de contribuer à l’« hégémonisation » en idées progressistes socialement, en augmentant le nombre de participants les partageant : travailleurs, chômeurs, précaires, jeunes etc. Bref, de défendre les classes et catégories sociales les plus fragilisées par cette politique de ségrégation opérée par la mise en place du pass sanitaire et autres mesures liberticides, et qui touche surtout les plus pauvres, les plus éloignés des services publics, « les déserts médicaux » ?

La réponse est dans la question ! Si nous critiquons ce manque de perspective stratégique ce n’est pas pour que ces syndicats s’accaparent le mouvement et finissent par négocier au moins disant. Non, il faut qu’ils acceptent d’être débordés par leur base mais aussi débordés par les masses moins rompues au militantisme traditionnel. Il ne faut plus que le cadre syndical soit un frein au mouvement social mais l’accompagne pour l’aider à s’amplifier.

Nous avons conscience qu’il s’agit ici d’un vœu pieux et que les vieilles structures syndicales sont surtout déterminées à se perpétuer dans leur être, le propre des institutions. Mais même dans cette logique, laisser passer ce mouvement social sans y intervenir (ou trop tard), semble une erreur stratégique pour cet objectif. Ou comment se tirer une balle dans le pied, d’autant que les critiques fusent sur leurs compromissions, notamment parmi les Gilets Jaunes nés aussi de la déliquescence du rapport de force tenu par les syndicats vis à vis du patronat et de l’État, mais également de leur base parfois plus vindicative et révolutionnaire.

Ainsi, nous ne pouvons que continuer à nous organiser à la base, avec très régulièrement l’aide de syndicalistes combatifs. Mais que ça soit pour ceux qui se disent révolutionnaires, ainsi que pour les grandes centrales syndicales, il faut se rendre à l’évidence : un mouvement de masses spontané est très souvent hétéroclite, confus et l’extrême droite la plus réactionnaire et intolérante voire raciste peut être présente dans les cortèges !… Mais plutôt que de craindre de se faire contaminer par une très minoritaire « peste brune » et de se voir ternir son image à son contact, il conviendrait d’œuvrer à minorer encore plus ces éléments inacceptables, que ceux-ci soient noyés dans la masse, voir éjectés progressivement pour les plus violents et nauséabonds !

Bref, « hégémoniser » un mouvement de masses, y apporter un élargissement à des revendications plus sociales, ça se fait en y participant, par un afflux encore plus massif de gens, de militants qui étaient peut-être échaudés par la visibilité marquante de groupuscules d’extrême droite, complotistes, très confus voire délirants, largement amplifiée par des grands médias de milliardaires qui n’en demandaient pas moins pour discréditer l’ensemble d’un mouvement comme ils l’avaient fait pour les Gilets Jaunes. Répandons également l’idée toute stratégique que la présence d’un de ces énergumènes peut faire fuir 10 personnes, pour schématiser. On entend parfois qu’ils faudrait taire cette critique éthique, pour ne pas diviser. Au contraire, la dire c’est contribuer à rassembler et amplifier le mouvement.

Un mouvement social n’est jamais figé, mais par définition toujours en mouvement et devient ce qu’on lui insuffle… Ne pas y participer pour amener des idées d’émancipation, c’est laisser la place à un peu tout et n’importe quoi et ainsi peut-être en faire un repoussoir à son amplification susceptible de faire plier ce gouvernement.

A bon entendeur !… Et bien sûr on fait ce qu’on peut, et petit à petit, ça monte ça monte !…


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