AHOU numérique n°8 (25/12/2020)

Ahou : Un cri de résistance

Ahou numérique spÉcial Noël… euh non, sécurité !

Ahou 2021 C'est la faute.

 

Sommaire

  1. Pour un mouvement social offensif

  2. Logos à gogos

  3. Climat pré-fasciste : où va la France ?

  4. Réponse à un commentaire d’un lecteur concernant l’article : Ahou numérique miniature n°2 (28/11/2020) : 1) L’union de la gauche, pour quoi faire ?

  5. Du beau du câlin du pangolin, notre rubrique Arts et douceur

  6. Liens


 

Pour un mouvement social offensif

 

Ne nous trompons pas de combat en focalisant par exemple sur le masque ou autres éléments particuliers de la gestion gouvernementale catastrophique de la crise sanitaire.

Il nous faut politiser c’est à dire monter en généralités et dépasser la simple critique légitime de Macron. Ne perdons toutefois pas de vue que celui-ci sert les riches avec la Police à ses ordres (ou est-ce l’inverse ?) pour assurer cet ordre injuste et inégalitaire.

En cette fin d’année 2020 en France  :

De plus, nous commençons à peine à rentrer dans ce qui s’annonce comme l’une des plus graves crises économiques de l’histoire. Comme l’explique l’économiste David Cayla dans cette vidéo, les plans sociaux vont continuer et beaucoup de TPE/PME vont faire faillite tout au long de l’année 2021 et le risque de faillites de banques et donc d’une crise financière sera bien présent.

La masse de pauvres en France n’est donc pas prête de diminuer.

Nous devons anticiper cet état de notre société et porter d’ors et déjà nos revendications sur le terrain économique. Plus encore si c’est déjà fait. Pour cela il nous faudra stopper les privatisations et au contraire que l’État, ou mieux encore les travailleurs, reprennent en main la production : quels emplois veut-on ? Pour produire quoi et dans quelles conditions ?

Et surtout, que faire du profit ? Plutôt qu’il enrichisse des actionnaires déjà très fortunés, exigeons qu’il serve au bien commun, par exemple en des services publics réellement au bénéfice de la population.

Ainsi, ne restons pas dans une lutte uniquement défensive mais prônons de nouveaux droits comme par exemple une sécurité sociale de l’alimentation, ceci, en cessant toute supplique au Pouvoir, pour une vie digne et dans un soucis écologique.

Ne multiplions pas les luttes sectorielles mais œuvrons à un mouvement de masse unifié autour de revendications positives, d’un changement en profondeur de la société renversant le régime actuel de propriété afin de maîtriser nos existences.

Pour des idées stratégiques et de fond lire Alain Badiou pour QG :

L’auteur est certes un peu hors-sol en proposant comme ordre général unificateur la « collectivisation de tout le processus de production ». Il semble que nous ne en soyons pas encore là, en tous les cas pour une large partie de la population. Mais cette idée pourrait se diffuser plus vite qu’on ne le croit…

De plus, il ne prend que très peu en compte l’état du mouvement social en ses capacités d’organisation (auto-organisation ?) et d’actions concrètes. Toutefois, ses réflexions restent intéressantes pour nous aider à proposer une ligne politique offensive dépassant la simple addition de divers mouvements sociaux catégoriels.

En prolongement du texte d’Alain Badiou, lire aussi :

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Logos à gogos

Une collection d’étiquettes sur une banderole à Brest pour les manifestations « contre les violences policières et les lois sécuritaires », pour le « retrait de la loi « Sécurité globale » ».

La belle affaire ! 27 logos : à quoi bon ? Prélude à l’union de la gauche pour 2022 ? Toutes les forces dites « progressistes » qui iraient main dans la main à l’assaut du pouvoir d’État ? Admettons… Mais sur quel programme, quelles idées ? Un accommodement avec le capitalisme ? Le social-libéralisme du Parti Socialiste ? L’écologie compatible avec l’économie de marché de Yannick Jadot ? Le social-démocratisme du PCF ? (qui peut-être par mauvaise conscience semble rétif à proposer toute reprise en main des grands moyens de production par les producteurs eux-mêmes). Bref, à quoi bon une collection d’étiquettes plus ou moins vides et surtout, à quoi bon les 32h proposées par la CGT, les diverses et autres mesures cosmétiques pour aménager le capitalisme s’il n’y a pas de véritable lutte des classes visant à changer en profondeur le mode de production.

Car si l’on est lucide sur la situation écologique qui semble en fait déjà bien foutue, il n’y a pas d’autre moyen que révolutionnaire (non synonyme de violence) pour stopper la catastrophe à venir, c’est à dire pour bouleverser les rapports de propriété afin de décider qui, quoi, comment et en quelles quantités produire. Les ultra-riches et leurs valets politiques (parfois ce sont les mêmes), ça, l’ont très bien compris, que l’on ne pouvait plus rien faire… ou si peu. Alors foutu pour foutu, autant continuer comme avant tout en s’offrant les moyens répressifs pour mater le bas peuple. C’est déjà à l’œuvre et ce n’est pas prêt de s’arrêter (voir notre article ci-dessous Climat pré-fasciste : où va la France ?).

Nous vivons une crise systémique du capitalisme qui pourrait bien emporter le bébé, l’eau du bain, papa, maman, la baby-sitter, bref, un bordel monstre ! 2021 s’annonce chaotique sur le plan économique, avec la prévision de faillites en cascade pour des TPE/PME en France, qui in fine, par effet de dépendances d’entreprises n’assurant plus de commandes à leurs fournisseurs, et de débiteurs à créanciers, pourrait bien amener, telle la crise des subprimes de 2007/2008 aux USA qui s’est ensuite étendue à la planète entière, à une crise financière à côté de laquelle celle-ci nous paraîtra une vaste plaisanterie.

Face à cela, devons-nous nous réduire à choisir une social-démocratie -la « gôche quoi ! » – molle et résignée à ne pas assumer de rapport de force avec le capital ?

Devons-nous rester dans le même carcan économique ou alors faire un pas de côté et véritablement changer en profondeur les « règles du jeu », c’est à dire révolutionner les structures économiques et politiques pour plus de démocratie sociale et politique : revenir comme le propose Alain Badiou sur les privatisations depuis 1986 ? Mais plus encore, ne pas rester sur des luttes défensives, mais entamer un processus de socialisation, démocratisation et amélioration des grands moyens de production stratégiques qui ne doivent en aucun cas rester « entre les mains » du marché et subir la mise en concurrence : eau, énergies, communications (télécoms, internet, La Poste), transports (SNCF, RATP, autoroutes, aéronautique et aéroports, ports, des navires), usines vitales comme dans le secteur de l’alimentation (une agriculture écologique, redistribution des terres), Santé et Éducation (plus de moyens), logement (réquisition ou expropriation de logements vides afin de reloger SDF, migrants, précaires) ; nationalisation des banques avec pouvoir de décision citoyen quant à leurs invétissements ; démanteler les grands groupes médiatiques oligopolistiques et trouver un autre modèle de financement des médias etc. Quant-aux représentants politiques, ils devraient être beaucoup plus contrôlables par le peuple : obligation de « proximité » avec la population en répondant de leurs actes lors d’assemblées locales et révocabilité possible en cours de mandat.

Soyons aussi vigilants à ce que ce ne soit pas uniquement la bourgeoisie mais les classes populaires (prolétariat + employés = 50 %) qui soient en proportion représentés dans les corps politiques. Marx disait de la Commune de Paris de 1871 qu’elle était à la fois un corps « législatif et exécutif » : les délibérations se faisaient au grand jour et les décisions devaient s’appliquer dans la foulée par les mandatés eux-mêmes, sous l’œil vigilant du peuple parisien. Un autre exemple historique est celui des sans-culottes des sections parisiennes de 1792-93, qui lors de la révolution française avaient un rôle moteur et de contrôle de la politique du gouvernement révolutionnaire.

Les Gilets Jaunes, présentés comme irréalistes et demandant quelque chose d’inimaginable par les médias versaillais… pardon, parisiens (les BFM, C News, LCI etc.), médias de propagande des milliardaires, étaient bien dans la continuité de ces deux formes historiques d’« auto-gouvernement ». (On pourrait évoquer «également les soviets russes originels…). Rajoutons que simplement changer de forme politique nous semble insuffisant, car le contenu économique pourrait bien être sensiblement le même, avec de grands groupes, multinationales notamment, nous menant tout droit dans le mur (climatique notamment).

Quant-aux têtes syndicales, elles semblent condamnées
à négocier la longueur de nos laisses…

Wouf, rien ne sera simple, facile, allant de soi, sans antagonismes et surtout pas gagné d’avance. Le chemin pour populariser largement ce genre d’idées qui il y a quelques décennies encore ne paraissaient pas si exubérantes ou irréalisables, certaines même étaient même largement appliquées : EDF et GDF, entreprises d’État rendant un véritable service public, vous vous rappelez ? Au lieu de quoi le démantèlement et la privatisation de l’électricien semble en marche (projet Hercule).

Des années de lavage de cerveaux, d’idéologie néolibérale, de véritable propagande, de défaites ouvrières sur fond de désindustrialisation très largement du fait de nos personnels politiques, d’individualisme érigé en valeur suprême, nous ont conduit dans ce marasme culturel et idéologique, à tout devoir recommencer !..

Nous n’avons rien à perdre si ce n’est nos chaînes, mais un monde nouveau à gagner, enfin… vous connaissez le refrain quoi !…

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Climat pré-fasciste : où va la France ?

Bienvenue au pays du néolibéralisme autoritaire

Tour d’horizon non exhaustif :

2002 : Jean Marie Le Pen au second tour. À l’époque, stupeurs et tremblements !

2005 : émeutes en banlieue. Si quelques uns voulaient y voire une geste politique révolutionnaire, il conviendrait mieux d’y voir des actes désespérés, car en effet les émeutiers foutaient le feu dans leurs propres quartiers, les voitures qui brûlaient étaient celles de leurs voisins. Ils ne s’attaquèrent pas aux quartiers bourgeois… Il faut rappeler que ce qui entraîna ces émeutes fut la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés dans l’enceinte d’un poste électrique où ils s’étaient réfugiés étant pourchassés par la police.

2006 : CPE, victoire défensive du mouvement social !

Rappelons ici que pendant des décennies dans les quartiers populaires il y eut des violences policières et bien d’autres morts : Adama Traoré, Théo, Boubacar, la liste est bien trop longue pour tous les citer.

2008, EDVIGE : projet de fichier de police informatisé créé en juin 2008 et qui a été retiré en novembre de la même année.

2014 : changement de pratique policière avec le retour de la nasse en manifestation (d’après le policier Alexandre Langlois sur Thinkerview : entrevue bien flippante sur l’état de la police)

A Sivens, Rémi Fraisse est tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 par un gendarme mobile.

Après les attentas de 2015, un gouvernement socialiste proposa la déchéance de nationalité, avec le caporal Vals en chef de file de la réaction.

Lors de la Loi travail de 2016 (El Komri) le climat social s’est tendu avec la création d’un cortège de têtes et des violences policières se sont multipliées.

Vinrent ensuite des politiques néolibérales brutales pour casser le statut des cheminots puis une nouvelle Loi Travail en 2017 : individualisation du droit du travail, désormais les accords d’entreprises primeront sur ceux de branche ou la Loi, ; plafonnement des indemnités prudhommales afin de permettre aux entreprises de budgétiser leurs licenciements !…

Bref, des politiques violentes quand dans le même temps était supprimé l’ISF sur les valeurs mobilières ; flat tax, baisse de l’impôt sur les sociétés, pérennisation du CICE (gouffre financier) en baisse de charges patronales, et nous en passerons : en soi une politique brutale en faveur des riches. Ainsi les APL étaient diminuées de 5 euros, la CSG augmentée ce qui appauvrit les retraités puis arriva la taxe sur l’essence pour financer la baisse des charges patronales.

Au « printemps 2018, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes « des milliers de gendarmes, des drones, des hélicoptères et des bulldozers sont envoyés sur la zone. Plus de 13 000 grenades sont tirées en quelques jours. La main d’un jeune homme est arrachée. » (Nantes Révoltée)

17/11/2018, Acte I des Gilets Jaunes ! Ahou ! Nous ne referons pas ici l’historique du mouvement mais attirerons l’attention sur le fait qu’il fut réprimé comme jamais ne l’avait été un mouvement social depuis la guerre d’Algérie : mutilations, traumatismes psychologiques. Il y eut la mort de Zineb Redouane ; celle de Steve tué suite à une charge policière sur les quais de la Loire à Nantes (été 2019). Beaucoup d’arrestations préventives, de comparutions immédiates, de jugements sévères, de prison ferme. Macron réprimait son propre peuple sans vergogne, ne tenant que pas sa police qui s’autonomisait dans le rapport qu’elle avait avec le pouvoir politique. On se souviendra aussi du 1er décembre insurrectionnel des Gilets Jaunes et de ces lycéens de Mantes-la-Jolie à genoux les mains derrière la tête (06/12/2018).

Mais avant cela, des lois sécuritaires avaient été mises en œuvre


«
Le 30 octobre 2017, le président de la République promulguait la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme qui transposait les dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun sous prétexte de lutter contre le terrorisme. » Dans la pratique, elle peut permettre aux préfets d’« interdire des manifestations et autoriser la fouille de véhicules » comme lors du mouvement des Gilets jaunes. (Lire : La quatrième loi scélérate d’Emmanuel Macron – blog de Médiapart)

Puis vint la Loi sur le secret des affaires (30/07/2018) !… « Cette loi menace la liberté d’informer au motif de protéger les entreprises contre la divulgation d’informations stratégiques. »

La Loi Asile et immigration est promulguée le 10/09/2018 imposant « un durcissement des conditions de délivrance de certains titres au nom de la lutte contre la fraude et la création d’un fichier biométrique pour pister les mineurs isolés et éviter qu’ils ne demandent successivement protection à plusieurs départements. Cette fois, la loi traite principalement du droit d’asile et de l’éloignement des étrangers en situation irrégulière (…) ». Lire : Aperçu critique de la loi du 10 septembre 2018 relative à une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie.

Arriva ensuite la « Loi anti-casseurs » (10/04/2019) autorisant « les fouilles de sacs et de véhicules dans les manifestations et à ses abords sur réquisition du procureur », et sa création d’un « délit de dissimulation volontaire du visage puni d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende » (cf. hyperlien précédent).

Enfin vint la Loi Avia qui fort heureusement fût retoquée par le conseil Constitutionnel (le 18/06/2020), ici garde-fous utile, mais qui pourrait bien revenir par le biais de l’Union Européenne.

Croche-pattes RVBLe croche-pattes de trop ?

Voici venu le temps du confinement en mars 2020. Nous l’acceptâmes relativement docilement même s’il y eut au moins 12 morts des suites de rencontres plus ou moins directes avec la police pendant ce confinement. Sortaient aussi ça et là moult cas de dérives racistes de policières : « Un bicot, ça ne nage pas » dit le policier (video) (26/04/202). Voir aussi ici et (Street Press). Le commissariat du 19ème est particulièrement visé comme le raconte le journaliste Valentin Gendrot qui l’infiltra. Au même endroit : un cas de bizutage raciste, là des actes de tortures.

Surfant sur le climat nauséabond, les mots de l’extrême droite qui se répandent un peu partout, notamment du fait des chaînes d’info en continu parlant d’ « été Orange mécanique« , d’ensauvagement, de communautarisme et de séparatisme, arriva la proposition de Loi sur le séparatisme (le 06/10/2020). Braves gens tremblez, voilà l’Islam ! Marine Le Pen semblait satisfaite…

Puis vint la décapitation du Professeur Samuel Paty. Acte suffisamment ignoble en soit pour qu’il ne soit besoin d’y ajouter de l’ignominie. Ce n’est pourtant pas ce que décidèrent les membres du gouvernement, de La REM et autres médias déjà bien réactionnaires, C News ayant la palme de l’abjecte. Ces hommes et femmes politiques ciblèrent la gauche par ailleurs critiquable et notamment de futurs adversaires à la présidentielle de 2022 en les qualifiant d’islamo-gauchistes : Mélenchon, la FI, mais aussi l’UNEF, d’autres syndicats etc. Valls était ressorti du chapeau pour cracher sur la gauche. Goldnadel traite SUD Rail et Anasse Kazib d’« islamistes » sur CNews. Sur Arte Bruckner accuse la militante Rokhaya Diallo d’avoir « entraîné la mort des 12 de Charlie » qui y allait de sa couverture infâme : « Plutôt Charlie ou Kouachi ? » où l’on voyait Plenel, Mélenchon et Ramadan se faire tester à coups d’écouvillons dans le nez…

En somme l’idée était d’accuser de complicité d’assassinat des adversaires politiques et syndicaux. A ce niveau là ne faudrait-il pas plutôt parler d’ennemis tant cela semble leur coller une cible dans le dos ? Car le risque est réel pour ces personnes désignées comme complices du terrorisme : menaces de mort, harcèlement sur les réseaux sociaux voire des risques d’agressions physique, d’assassinats.

On a donc là un pouvoir prêt à profiter de tout, diviser les Français entre eux, prompt à utiliser les mots de l’extrême droite comme Blanquer et Darmanin l’ont fait par exemple, prêt à surfer sur toutes les peurs et même les amplifier. Trouver un bouc émissaire : le musulman. Et déjà l’annonce de la fermeture de la mosquée de Pantin et les dissolutions d’associations de défense des musulmans, le CCIF et BarakaCity !…

Bar Restos Fermeture Adminiqtrative Macron veut notre mort

Ajoutez à cela le couvre feu puis le confinement généralisé, l’exception devient la norme et la gouvernance se fait pas ordonnances.

Le gouvernement s’habitue à ce que le Parlement ne soit qu’une simple chambre d’enregistrement à ses ordres. Ainsi, Véran pète un cable le 03/11/2020 à l’Assemblée Nationale parce que la prorogation de l’état d’urgence sanitaire n’a été votée que jusqu’au 14 décembre par les parlementaires (l’Opposition était plus nombreuse que la Majorité ce jour-là…). Qu’à cela ne tienne, celle-ci est revotée quelque jours plus tard. Ainsi, l’Assemblée rétablit au 16 février l’échéance de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire.

Qui plus est, la Loi sur la sécurité globale en gestation met nos libertés en danger si elle est adoptée définitivement, c’est à dire si elle n’est pas retoquée comme la Loi Avia par le conseil constitutionnel, ou par le Sénat. La police fait désormais la Loi : l’auteur principal du texte, Jean‑Michel Fauvergue (LREM), est en effet l’ancien chef du RAID, de 2013 à 2017. L’article 24 conduira en pratique à interdire la diffusion d’images de visages de policiers et gendarmes en opérations. Donc plus de « lives Facebook », vidéos et photos sur les réseaux sociaux ou autres supports documentant les violences policières sous peine de risquer d’être puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Si cette loi avait déjà été en application sous Macron, il n’y aurait peut-être pas eu d’« affaire Benalla » ni de vidéos du tabassage policier du Burger King le 01/12/2018 pendant un Acte Gilet Jaune parisien, et bien d’autres exactions policières n’auraient pas été rendues publiques !… Mais d’autres mesures de cette loi restreindront nos libertés :

reconnaissance faciale, légalisation des drones, armement de la police municipale, autorisation du port d’armes pour les flics hors service, extension de fonctions de police à des boîtes de sécurité privées, prison ferme pour de la pyrotechnie, suppression de la possibilité de réductions de peine en cas de violences contre des policiers etc.

Le mouvement lycéen naissant (le 03/11/2020) est sévèrement réprimé. A coups de tirs de LBD comme sur cette vidéo !

De plus, la nouvelle « loi de programmation de la recherche » sera bientôt présentée au Parlement et au Sénat. Elle propose que « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé […], dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement» soit condamné : « 3 ans de prison et 45 000€ d’amendes sont prévus pour punir les étudiants qui voudraient se mobiliser sur leur campus » (Nantes Révoltée). Ainsi, le gouvernement espère se prémunir à l’avance de mouvements étudiants suffisamment puissants pour gagner un rapport de force.

Le 21/11/2020, dans le 17ème arrondissement de Paris, Michel Zecler est sauvagement tabassé par la police.

Toujours dans la capitale, le 23/11/2020 c’est un camp de réfugiés qui est violemment évacué. Le journaliste Rémy Buisine filmant ces scènes est lui pris pour cible 3 fois dans la soirée par le même policer qui notamment le mit au sol et le piétina.

La France, pays des droits de l’homme, vraiment ?

Le 02/12/2020 : 3 décrets étendent 3 fichiers de « sécurité publique » ce qui permettra un fichage massif de «militantes et militants politiques, de leur entourage (notamment de leurs enfants mineurs), de leur santé ou de leurs activités sur les réseaux sociaux » . Le fichier EDVIGE dont le décret l’instituant fut finalement retiré le 20/11/2008 revient donc sous un autre nom, une autre forme mais le fond est le même : ficher les opinions et non les actes.

La loi « sécurité globale » et ces 3 décrets actent la « transposition du Livre blanc dans la législation ». L’idée est de permettre rapidement l’installation d’une technopolice avec les Jeux Olympiques de 2024 à Paris en vitrine high-tech de surveillance de la population pour la France.

Décembre 2020 : un peu partout en France, de nouveau, des policiers en service, en armes, avec leurs véhicules de fonction manifestent comme ici à Rennes le 17/12/2020. Illégal mais le ministre de l’Intérieur Darmanin, là, ne condamne pas… Ne parlons même pas de Lallement !…

Pour couronner le tout, rappelons que le gouvernement multiplie les commande d’armes pour sa police : en novembre 2019 pour 2 millions d’euros (LBD), ainsi que pendant le 1er confinement de mars à mai 2020 (Nantes Révoltée). Nous en oublions sûrement mais les flics réclament toujours plus, comme pour le Beauvau de la sécurité pour la police : “2,1 milliard d’euros dépensés depuis 2017 ont déjà permis de renforcer les pouvoirs de la police mais ce Noël, 1,5 milliards de plus seront mis sur la table pour les policiers.” A la clef : «primes, augmentation des salaires, véhicules neufs, réapprovisionnement d’armes et de munitions, nouvelles grenades et lanceurs de grenades, nouveaux commissariats flambants neufs. » (Cerveaux Non Disponibles).

Castex

Bref, tout semble fait pour donner les pleins pouvoirs de répression à la police, comme si le gouvernement anticipait de futurs troubles sociaux dus à la crise économique qui ne fait que commencer et s’aggravera tout le long de l’année 2021 (avec d’autres facteurs de crise possibles : sanitaires, écologiques, géopolitiques etc.).

De plus, ce 21/12/2020 un nouveau projet de loi vient d’être déposé à l’Assemblée Nationale visant à faire entrer l’état d’urgence sanitaire dans le droit commun, ce qui  permettrait notamment de restreindre l’accès à certains lieux aux personnes non vaccinées.

Mais le plus grave est peut-être ce conseil de défense qui dirige la France !
Une poignée de personnes (Macron, des ministres, des têtes de l’armée et du renseignement) décident de tout, du confinement, du déconfinement, de la restriction de nos libertés etc. La 5ème république et la verticalité du pouvoir qu’elle implique porte en elle la possibilité de dérives autoritaristes : nous avons donc un chef (Macron), un État-major et un Parlement aux ordres qui valident les décisions (projets de Loi…) venues d’en haut. Sommes-nous toujours en démocratie ? Mais l’avons-nous jamais été ? À quand réellement le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ? Il semble que nous nous en éloignons chaque jour d’avantage.

Où allons-nous ? La situation est particulièrement angoissante. Ne tombons pas dans cette surenchère de bêtise, de médiocrité et de violence ! Construisons un bloc capable de battre ces proto-fascistes et de mettre au pas le capital ! Ne laissons pas l’État aux mains de la police, la Justice aux mains de la bourgeoisie… Attention au coup d’État !… Mais il semble permanent…

Petit à petit nos libertés foutent le camp et l’on s’habitue à nos nouvelles laisses.

Les idées racistes et réactionnaires, anti-migrants, contre les travailleurs et les chômeurs de Marine Le Pen et du mal nommé Rassemblement National -tant il divise la société française- sont maintenant sans aucun doute largement banalisées. Emmanuel Todd mettait en évidence une corrélation entre les deux votes aux présidentielles de 2017, comme la face d’une même pièce de monnaie, quand il y a l’un il n’y a pas l’autre etc. Au point de se demander s’il n’y avait pas une sorte d’identité inversée entre les deux… Il parlait aussi dans Les luttes de classe en France au 21ème siècle d’une autonomisation de l’État par sa Police. Celle-ci servant Macron mais votant à environ 50 % pour Le Pen, il avançait le concept qui pouvait peut-être sembler farfelu de macrolepénisme. Il semble que ça le soit de moins en moins.

Et finalement si jamais il faut choisir en 2022 au deuxième tour de l’élection présidentielle entre Macron ou Le Pen, ce sera un faux choix, tous deux se ressemblant de plus en plus, tous deux étant autoritaires et libéraux en économie. Tous deux étant pour la cinquième république laissant place à la personnification et verticalisation du Pouvoir. Et si jamais Le Pen était élue, Macron aura préparé le terrain sécuritaire, elle n’aura plus grand-chose à faire !… Elle ferait sûrement pire : plus d’autorité, moins de libertés !

Faisons tout pour ne pas que les Français soient confrontés à cette impasse.
Halte au macro-lepénisme

 

Réponse à un commentaire d’un lecteur concernant l’article : Ahou numérique miniature n°2 (28/11/2020) : 1) L’union de la gauche, pour quoi faire ?

Le commentaire :

« Il s’agit d’une habile récupération des critiques d’extrême gauche pour un souverainisme qui n’a rien de progressiste. »

Que les choses soient claires : nous n’avons rien à voir avec un nationalisme et souverainisme excluant (comme le fait le réactionnaire Michel Onfray par exemple). L’idée principale est de remettre la main sur le capital avec pour cela à minima comme première étape, le retour de l’État social et l’arrêt des privatisations. Pour cela il y a des outils douaniers, monétaires pour contrôler le crédit et la possibilité de nationalisations.

L’UE est vue ici comme rouleau compresseur néolibéral. Tout cela peut se combiner avec les luttes sur les lieux de travail, des à-côtés du capitalisme (ZAD, vie associative, coopératives etc.) , le mouvement social et écologiste voire les luttes insurrectionnelles qui couvent.

Le mouvement ouvrier s’est largement développé au 19ème siècle à l’écart du parlementarisme de la république qu’il faut bien appeler bourgeoise.

La social-démocratie allemande, la plus puissante à la fin du 19ème s’est fourvoyée en essayant supposément de changer le capitalisme de l’intérieur par le jeu du parlementarisme, ainsi que les ancêtres du PS en France. Pire pour ces derniers, et c’est historique, ont accepté totalement le libre marché et été moteurs de la phase néolibérale du capitalisme dans les années 1980, ainsi que de son acceptation culturelle. Et beaucoup à la dite « gauche » ont clairement abandonné les classes populaires.

Si nous voulons le socialisme (ici au sens générique du 19ème siècle), c’est à partir de la réalité concrète. Il s’agit d’un autre mode de production et d’échange à construire. Par ailleurs, il va de soi que si nous refusons la domination du capital sur le travail, nous refusons celle des hommes sur les femmes et l’écrasement de toutes les minorités qu’elles soient ethniques, sexuelles ou autres.


Du beau du câlin du pangolin, notre rubrique Arts et douceur

LOGO Pangolin 2 détouré

6 Devant nous l'abysse

Blabla

 

Un bien étrange cauchemar

Bonjour Docteur, comme vous m’avez demandé d’écrire mes rêves au réveil je l’ai fait.
Voici ce que ça donne,…  le rêve que j’ai fait avant-hier, si vous voulez bien l’écouter…
Je lis mes notes au Docteur :
C’est un matin clair et brumeux, je me rends au travail à pied comme d’habitude,
mais je porte un gilet jaune avec des bandes phosphorescentes, vous savez les bandes
réfléchissantes qu’on doit porter en cas d’accident… même si en fin de compte je n’ai
pas de voiture.
Bref, en marchant je réalise que je n’ai plus de travail, c’est un sentiment, mais c’est sûr !
je veux dire c’est certain que j’ai été licencié, c’est un sentiment qui parait réel,
qui a du vécu ! Pris de panique, stupéfait, interjectionné, je reste cloué sur place au milieu de la rue. Parmi les passants un petit groupe de curieux personnages en tenue de chirurgine, se met à me dévisager, je suis le seul à ne pas avoir de masque. Bousculant la foule pour lui échapper, je m’enfuis en courant et en criant de frayeur pour aller me réfugier dans mon bar-tabac préféré.
J’y parviens très vite, car on est dans un rêve ne l’oublions pas, mais je suis surpris par une imposante queue de personnes encore masquées qui portent des colis en carton.
Je coupe la file d’attente pour jeter un œil par la vitrine : avec effroi je découvre que le bar s’est changé en dépôt-colis! Il y a un tas de cartons à la place des tabourets,
la tireuse de bière a été remplacée par une machine à scanner les étiquettes !
La file d’attente qui part de la porte d’entrée jusqu’au bas de la rue, se met à m’invectiver :
« On fait la queue comme tout le monde monsieur ! » (le chœur de la foule)
« Appelez la police ! » (le monsieur le plus en colère) , « Et les pompiers ! » (une autre, pressée).
Je me retourne et la police est déjà là, en demi cercle autour de moi ; oui c’est un rêve,
m’enfin devrais-je plutôt dire un cauchemar !
« Qu’est-ce que vous faites ici ?! »
« On vous parle monsieur! »
« Oh, monsieur ! » « On vous parle monsieur ! »
« On vous avait pourtant bien dit de rester chez vous monsieur ! »
(En fin de compte toutes leurs injonctions se terminaient par
« monsieur », mais c’était juste une façon de me dénigrer intégralement).
De là ils baissent tous leur visière et se mettent à me matraquer :
Je m’effondre par terre, gémissant.
Un des flics note l’heure de mon décès sur un morceau de papier, tandis qu’un
autre mesure la distance qui me sépare de chez moi.

Et puis voilà, je me réveille en sueurs désorienté et paniqué…
avec cette sensation de n’être plus rien, qu’en dites vous docteur ?
qu’en dites vous ?


Après une année 2020 difficile, Monsieur Rond se met en black bloc, il craque ! La police n’en finit plus de trembler :

Mr Rond en black bloc

 

Agenda/infos


Radio Pikez

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Des liens

 

En libre téléchargement pour imprimer :

giletsjaunesbrest@protonmail.com
 

N’hésitez pas à nous envoyer vos contributions pour le Ahou numérique à ahou@riseup.net : textes, dessins, BD, photos, photomontages etc.
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Nous y relayons toutes les infos allant dans le bon sens concernant les luttes sociales et écologiques de la région brestoise (et parfois d’autres échelons…), l’activité culturelle et d’ »éducation » populaire en lien avec la politique. Plus que jamais nous voulons participer à notre modeste échelle à un changement d’hégémonie culturelle visant à aller vers une société plus juste et égalitaire, réellement démocratique et viable écologiquement.

www.giletsjaunesbrest.com

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Merci à vous qui êtes arrivés jusque là !

En espérant que l’on ne vous aura pas fait trop mal aux cheveux. N’hésitez pas à nous contacter pour quoi que ce soit et plus que jamais pour cette année 2021 qui s’annonce difficile, entraidons-nous, ne laissons pas les puissants dicter nos vies, soyons fiers de ce que nous sommes et avons fait pour combattre cet ordre inique. Continuons à nous organiser pour le mettre à bas !

Ahou, voilà qui est dit, bonne 2021 à vous et à vos proches !

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