Ahou numérique miniature n°2 (28/11/2020) : 1) L’union de la gauche, pour quoi faire ?

L’heure est à l’union, de la gauche, va sans-dire. Effectivement, il nous faut agir contre la loi « sécurité globale » et l’État autoritaire -pour dire le moins- qui se met en place. Mais devons-nous le faire avec n’importe qui ? Devons-nous par exemple mettre notre logo à côté de partis politiques comme le Parti Socialiste ou Europe Écologie Les Verts ?


La loi sécurité globale


Le PS ou« La gauche » contre le peuple

Il s’agit de la social-démocratie ayant trahi la classe ouvrière, les couches populaires. Pendant les 30 glorieuses où le capital était relativement dompté, ils pouvaient encore faire illusion. Une parie des « élites » socialistes était déjà convertie au néolibéralisme avant l’arrivée de François Mitterrand à la présidence de la république française en 1981. Puis vint le célèbre « tournant de la rigueur » de 1983 enterrant définitivement l’idée même de socialisme et, d’à minima, de contrôle du capital par des nationalisations certes imparfaites car soumises aux diktats de l’État sans véritable contrôle citoyen.

Appelons-les, « la gauche », car cela dit bien leur dépendance au parlementarisme mou visant à arrondir les angles des dégâts du capitalisme… Cette gauche se vouant à l’Union Européenne et au Système Monétaire Européen continua sa forfaiture en dérégulant à tout va durant les années 80 laissant la verrue financière se développer sans limités : libre circulation des capitaux ainsi que des marchandises (plus de droits de douane). Elle ouvrit donc la France (ses travailleurs) à la mondialisation, à la concurrence avec des pays à salaires, cotisations, protections salariales et environnementales faibles. Quant-à la libre circulation des capitaux, elle ne pouvait faire qu’enfler la bulle financière, l’évasion fiscale etc. En somme, ils ont organisé les moyens de leur inaction en s’enlevant tous leviers de commande sur l’économie. Qui plus est après le traité de Maastricht en 1992, l’euro et les traités européens limitant les déficits budgétaires et l’endettement des États (début des années 2010) ! Et avec la Banque Centrale Européenne : plus de possibilité de création monétaire directe par l’État français.

Toutes ces décisions politiques ont participé à la désindustrialisation de la France, à la mise en concurrence de la classe ouvrière française avec le reste du monde. Le Parti Socialiste y a largement contribué ! Pour l’élection présidentielle de 2012 , sur les conseil du cercle de réflexion Terra Nova, le parti abandonna la classe ouvrière au profit de la classe moyenne, des femmes et des minorités. Mais bien sûr, il n’y avait rien à attendre d’un parti depuis longtemps « social-libéral », c’est à dire converti au néolibéralisme sur les conseils de la fondation Saint-Simon. Ce n’est donc pas un hasard si bon nombre de membres du PS se sont ralliés à la Macronie.

Sur le plan répressif : la déchéance de nationalité, vous avez oublié ? L’état d’urgence dont des dispositions s’inscriront dans la loi sous Macron président ? Valls, ça vous dit quelque chose ? Hollande dont l’ennemi était la finance pour rafler quelques voix en fin de campagne qui envoyait sa police taper sur le peuple en 2016 lors des manifs contre la 1ère « loi travail » ? Et la mort de Rémi Fraisse ? Et les propos de Ségolène Royal sur les jeunes humiliés de Mantes La Jolie : « Ça ne leur a pas fait de mal à ces jeunes de savoir ce que c’est que le maintien de l’ordre, la police, de se tenir tranquilles ». Elle dévoilait là toute sa violence de classe bien lovée derrière son sourire et sa cool-attitude. Le PS a également accordé sa confiance au gouvernement Macron et n’a pas trop rechigné lorsque les Gilets Jaunes se faisaient mutilés. D’une manière générale, cette brave et bonne gauche et notamment la petite bourgeoisie culturelle, n’a que très peu dénoncé ces violences policières, ou très tardivement. Il suffit de voir le temps que leur organe de presse Le Monde a mis pour en faire sa Une !…

Syndicats : que peux t-on en attendre ?

De plus, qu’attendre des bureaucrates syndicaux et des syndicats qui ne représentent plus qu’environ 10 % des travailleurs. Nous ne parlerons pas de la CFDT, supplétif du PS… La CGT fût à sa création à vocation révolutionnaire. Qu’en est-il aujourd’hui ? Rappelez-vous, le 6 décembre 2018 les leaders des syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU) s’étaient réunis au siège de la CFDT. Ils dénocèrent alors ensemble «toute forme de violence dans l’expression de revendications». Ils auraient pu ne rien dire : ni condamner, ni approuver…

Pendant la grève contre la casse du système des retraites commencée le 5 décembre 2019, il apparaissait assez clairement que des consignes étaient données de haut en bas de la hiérarchie syndicale afin de ne surtout pas s’allier à des mouvements en auto-organisation, à la base, où figuraient notamment des Gilets Jaunes. Les vieilles bureaucraties semblaient vigilantes à ne pas se faire déborder par leur propre base mais aussi par des gens non-syndiqués venus en renfort…

Un renouveau d’un syndicalisme véritablement révolutionnaire est-il possible ? S’il doit se faire son sens doit être clair : ne pas négocier le moins-disant mais viser à gagner le rapport de force en vue de changer fondamentalement le mode de production et ceci sous contrôle citoyen : comment produire, quoi, en quelle quantité, pour qui, pourquoi ? Comment orienter les investissements vers des activités nécessaires au plus grand nombre et viables écologiquement ? Bref, changer les rapports de propriété !

Révolution France On est là


EELV ou le « social-libéralisme » repeint en vert ?

Avec EELV on sent revenir au galop la gauche petite-bourgeoise pleine de bons sentiments et s’enorgueillissant dans sa bonne conscience. Mais c’est le retour des sociaux-traîtres qui semble à l’œuvre pour l’élection présidentielle de 2022. Que l’on ne s’y trompe pas, le pusillanime Olivier Faure, 1er secrétaire du PS ayant quand même la clairvoyance de voire sa chute finale, s’empressait de s’attacher au wagon Jadot ne se sentant plus pisser au soir du deuxième tour des municipales. Cela n’a pas dû être facile pour un parti qui exsudait l’arrogance, mais Faure ne voulait surtout pas louper l’attelage dont le chien de traîneau Jadot d’EELV s’était dit favorable « à la libre entreprise et l’économie de marché » afin de donner des gages aux entreprises. Ça ne vous rappelle rien ? Si, le PS bien sûr ! Et oui, la social démocratie renégate ou devrions nous dire le « social libéralisme » semble promis à un lifting, un changement de couleur de peau, le vert bien sûr ! Pouvons-nous leur faire confiance ? Non, assurément. En espérant que celui-ci se fasse balayer en interne par la frange moins soumise au capital que représente Éric Piolle. On ne vous parlera pas de Daniel Cohn-Bendit qui chanta bien l’Internationale ça et là il y a fort longtemps. Oh parce que c’était à la mode et permettait de subvertir le petit bourgeois qu’il avait toujours été. Il n’est pas étonnant de le voir œuvrer aujourd’hui avec et pour les puissants sur des plateaux de télé. Il accomplit ce que sa classe portait en lui comme espoirs. Le reste n’était qu’une question de style. EELV est très sûrement un parti très divisé aux multiples courants : il conviendrait de le faire éclater tout à fait.

De plus, nous pensons qu’il faut quelque chose transcendant la simple addition de groupes, partis, qui semble issue d’une pensée libérale. S’unir oui, mais contre l’oligarchie : les 1 ou 0,1 % qui nous dirigent. Ces pseudo « élites » politiques, économiques et culturelles (pour faire avaler la pilule) nous mènent tout droit dans le mur, dans le chaos économique, politique, culturel et écologique sur fond d’autoritarisme forcené. Les 19 % juste en dessous qui permettent l’accumulation ds 1 % devront comprendre qu’il faut reprendre le gouvernail sous peine de tous se prendre ce foutu iceberg ! Quelle titanesque métaphore !

Unir le peuple, ce n’est pas s’arc-bouter sur de vieilles badernes, de vieux mots de « la gauche » faisant sûrement plaisir à ceux qui les prononcent mais incapables de saisir le « sens commun » et ainsi de parler aux classe populaires. De plus, nous pensons qu’il faudra dépasser les particularismes, corporatismes. L’éclatement de la classe moyenne et la voie de paupérisation/prolétarisation générale devra nous conduire à trouver un signifiant commun. Concernant des minorités dont nous reconnaissons les discriminations qu’elles soient raciales ou par exemple sexuelles, nous pensons que la crise économique aidant, il y aura surtout là des pauvres et des prolétaires, ou pour le moins des précaires. Les revendications économiques sont fondamentales. Il y a un déterminant à tous nos malheurs, il a un nom et mille visages, n’en déplaise à certains, il s’agit du mode de production capitaliste faisant monde et touchant tous les aspects de nos existences, jusqu’à notre sexualité et la culture : il devient véritablement indécent alors que le nombre de pauvres augmente, de voir chaque jour le spectacle de la marchandise s’étaler, toujours aussi factice, sur les murs de nos villes, en de laids panneaux de publicité. Retrouver à minima l’État social, mettre la main sur les communs, bouleverser l’ordre propriétaire…

Quant-au mouvement social, il est à espérer qu’il se transforme en mouvement de masses débordant tous cadres institutionnels qui voudraient les contenir, inventant quelque chose de réellement nouveau en cessant de se parer de vieux habits historiques pour rejouer des scènes du passé.

Nous rappelons aussi que nous ne nous attaquons pas ici aux militants de la base de ces partis. Nous pointons l’hypocrisie de leurs dirigeants qui clairement ne sont pas du côté du peuple, des classe populaires et se vautrent dans la compromission avec les puissances d’argent. Il n’y a pas de capitalisme vert, comme il n’y a pas de capitalisme à visage humain. En période de crises systémiques du capitalisme la bête se fait immonde. À l’avenir, il nous faudra la châtier. Ça ne sera pas facile mais ce n’est pas avec de tels fantoches nommés précédemment que nous pourrons arrêter ce capitalisme autoritaire dont Macron n’est qu’un vulgaire fondé de pouvoir, un laquais pouvant être remplacé au pied levé par n’importe qui, n’importe quel social-traître. Le résultat sera le même, le style changera peut-être un peu… Mais souvenez-vous toujours, il n’a pas fallu beaucoup d’années pour que le chantre de la start-up nation passe de la cool-attitude à la répression la plus féroce.

Souvenez-vous des assassins de La Commune,
Leurs mots semblent se rapprocher,
Les Versaillais ne sont jamais loin,
Tous vêtus de leurs uniformes de brutalité.

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