Présentation du mouvement des Gilets jaunes

Qu’est-ce que les Gilets Jaunes ?

  • Contexte général : une France désindustrialisée à fort taux de chômage pas encore remise de la crise de 2008 et de la crise de la dette dans la zone euro. Gentrification et étalement urbain, découplage entre le lieu de travail et de logement : nécessité de la voiture pour aller travailler…
  • Dans les grandes lignes les GJ ce sont : une classe moyenne basse périurbaine en voie de paupérisation du fait de la hausse des dépenses contraintes (loyers, électricité, gaz, denrées alimentaires, essence, gazole…). C’est une taxe sur l’essence (TICPE) qui mit le feu aux poudres. Avant cela il y eut les fameux 80km/h, la pétition de Priscillia Ludosky, les appels de Jacline Mouraud et Éric Drouet, les réseaux Facebook de ce dernier, de Maxime Nicolle alias Fly Rider etc.

Historique

  • 17 novembre : début du mouvement, 300.000 personnes en France d’après le ministère de l’Intérieur, 1.300.000 d’après le groupe FB Policier en colère.
    • A partir de l’acte 17 et jusqu’au 33, décompte par les GJ : Le nombre jaune
  • 1er décembre : insurrectionnel à Paris (l’Arc de Triomphe est vandalisé) mais aussi en province (incendie de la préfecture du Puy-en-Velay et du péage de Narbonne dans la nuit du 1er au 2/12/2018)
  • 01/12/2018-)08/12/2018 : émergence de la revendication du RIC plébiscité par Maxime Nicolle alias Fly Rider.
  • le 10 décembre : miettes accordées par Macron
  • fin janvier : tentative de structuration du mouvement avec la 1ère ADA, à Commercy, puis beaucoup de monde à celle de St-Nazaire début avril, même si l’ADA représente peu de GJ (10 % selon un organisateur de l’une d’elle) et est plus à gauche.
  • des moments héroïques : transpalette dans la porte d’entrée du ministère de Griveaux , Dettinger (05/01/2019) etc.
  • grand débat (15/01/2019) -) 15/03/2019. Vrai débat en parallèle.
Baisse du mouvement malgré quelques pics :
  • 16 mars : incendie du Fouquet’s
  • 1er mai (mensonge « de La Pitié-Salpêtrière ») et 14 juillet « chamailleurs »
  • 26 mai, électionseuropéennes : 2 listes « gilets jaunes » recueillent moins de 0,6% des suffrages
  • [25 avril : « Macron annonce vouloir réduire « significativement » l’impôt sur le revenu – une baisse de 5 milliards d’euros sera votée à l’automne dans le budget 2020 -, réindexer progressivement les retraites sur l’inflation, supprimer l’ENA » : « 17 milliards d’euros » (gouvernement)]
  • 21 septembre 2019 : marche climat
  • 5 octobre 2019 : convergence avec XR et autres pour le blocage du centre commercial Italie 2
Plus forte répression d’un mouvement social depuis la guerre d’Algérie :

Aux 1ers actes beaucoup de GJ pensaient étant dans leur bon droit pouvoir fraterniser avec la police (au début du mouvement un syndicat policier avait annoncé que la police serait clémente).

  • Chiffres en novembre 2019 :
    • 2495 manifestants blessés depuis le 17 novembre 2018
    • 24 éborgnés
    • 5 mains arrachées
    • 1 mort (autour d’une manif GJ…)
    • 10718 gardes à vue
    • 3000 condamnations
    • 13905 tirs de LBD
    • 313 enquêtes pour violence visant les FDO

Quelle coloration politique du mouvement ?

  • mouvement pas vraiment spontané : activisme de la « patriosphère » sur les réseaux sociaux (Debout la France) avec la création en amont des groupes Colère en réaction aux 80 km/h
  • -« Une enquête (…) à travers les groupes FB de GJ a montré qu’environ 37 % d’entre eux ne s’intéressent pas à la question, s’étaient abstenus ou n’étaient pas en mesure de voter aux élections présidentielles, qu’1/5ème avait voté pour le RN (…) 18,44 % pour la FI » (cf. In Girum)
  • mais consensus à ne pas évoquer la politique qui divise et se dire apartidaire et asyndical
  • présence de l’extrême droite militante (Action Française) au début du mouvement qui s’est faite évincée, notamment par l’extrême gauche. Présence de black blocs (surtout lors des manifs parisiennes).
  • en janvier partout en France : arrivée de militants politiques et syndicaux de gauche (« agéisme »)

Sociologie du mouvement :

Originalité du mouvement :

  • désinstitutionnalisation : asyndical/apartidaire
  • « spontanéité » : manifs non déclarées dans des endroits inattendus, longues marches souvent improvisées et dans les quartiers riches et les lieux de pouvoir à Paris
  • « un mouvement social qui additionne des souffrances atomisées », difficulté de la création d’un Nous (C.LeBart)
  • part de la vie quotidienne pour « monter en généralités » : politisation accélérée (L. Jeanpierre)
  • localisation : le rond-point (cabanes, solidarités)
  • 3 légitimités (C.LeBart) :
    • réseaux sociaux
    • plateaux télé
    • terrain
  • personnels politiques et de médias construisent des porte paroles
  • refus de l’institutionnalisation politique, syndicale ou même de porte-paroles : dès que quelqu’un prétend institutionnaliser le mouvement il est évincé : H. Shahinyan, I. Levavasseur etc.

Les revendications :

  • plus de pouvoir d’achat
  • plus de justice fiscale (taxer les plus riches, rétablissement de l’ISF)
  • plus de démocratie (RIC, constituante)

Petit à petit Nos libertés s'en sont allés

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