AHOU numérique n°3 (23/04/2020)

Ahou : Un cri de résistance

 


Une rentrée à risques couleur


Pétition contre la réouverture des écoles le 11 mai sans masques ni tests


Now Future

La pandémie a plus que jamais mis en lumière la question du financement des services publics, en particulier hospitalier ainsi que la nécessité de contrer les privatisations néolibérales.

D’éventuelles nationalisations ont été évoquées. Il faudrait profiter de cette période de mise à mal des dogmes néolibéraux pour exiger des renationalisations d’entreprises de secteurs stratégiques : moyens de transport (SNCF), énergie (Engie), Télécom (Orange), La Poste, ainsi qu’assurer une véritable indépendance des Médias (TV, presse écrite) que ce soit vis à vis du pouvoir politique ou économique ; ceci afin d’assurer une indépendance du territoire. Ou peut-être devrions-nous parler de collectivisation : ces productions et investissements seraient sous contrôle démocratique quant à leurs grandes orientations.

Le Conseil National de la Résistance est une référence maintes fois citée dans le mouvement des Gilets Jaunes. Ne s’agit-il pas là de l’expression d’un regret de la destruction de la puissance publique qui depuis les années 80 a ravagé la France. Qu’était la période précédente ? Les trente glorieuses. Ses caractéristiques ? Un capital relativement dompté, des inégalités contenues, une économie mixte, de grands secteurs de l’économie (ceux cités précédemment) aux mains de l’État soit un service public de qualité, une France industrialisée avec un commissariat au plan servant à donner de grandes directives pour l’aménagement du territoire.

C’était également avant Maastricht, c’est à dire une période où les politiques budgétaires et monétaires étaient possibles (pas d’absurde règles du déficit public ne devant pas dépasser les 3 % du PIB et la dette 60 % de celui-ci), où la dévaluation était possible si l’industrie manquait en compétitivité par rapport à celle allemande par exemple.

Aujourd’hui c’est tout ce carcan européen qui a volé en éclats par nécessité d’endiguer la pandémie. Ces règles enfreintes (les 3 %, la dette etc.), il ne faudra pas les remettre en place et peut-être nos gouvernants ne s’y résoudront pas, ceci par nécessité et non par idéologie. Leur idéologie et leurs pratiques de politiques économiques ont failli, le corps néolibéral gît au sol, malade. Achevons-le, ne le laissons pas se relever.

Plus que sur un anticapitalisme abstrait et moins évocateur pour l’imaginaire collectif, revenons au souvenir du CNR comme première étape de reprise en main sur l’économie : ne laissons pas au marché nos besoins les plus élémentaires. Ce n’est pas un « état » mais une dynamique de démocratisation et donc de contrôle de l’économie au service du Vivant qui ne devra jamais s’arrêter.

Aujourd’hui, apportons notre soutien à ceux qui peuplent ces quartiers populaires qui se révoltent après ce qui semble une énième bavure policière à Villeneuve-la-Garenne dans la nuit du 18 au 19 avril. Les violences exercées récemment à l’encontre du mouvement social, plus particulièrement des Gilets Jaunes, ils les subissent depuis des années. Les plus pauvres, issus en partie de ces quartiers ne prirent pas part en masse au mouvement des Gilets Jaunes… Aujourd’hui plus que jamais, œuvrons à réaliser cette jonction pour augmenter notre nombre pour être à même de contrer ce système économique et politique aux conséquences sociales et écologiques néfastes pour la majorité de la population. Globalement, celle-ci -excepté l’oligarchie économique et politique- a intérêt à cette grande transformation, sur le papier, du moins… Il nous faudra tout faire pour que les différents groupes sociaux subissant une baisse de leur niveau de vie prennent pleinement conscience de leurs intérêts et se mettent en mouvement afin de changer l’ordre qui leur nuit.

Ahou… Kof !.. voilà qui kof !.. est dit.

 

Sous-financement de l'hôpital Crime néo-libéral

 


En roue libre 2

PUTAIN

(ou la chronique d’un premier jour en Île de France en plein confinement)

Ceci n’est pas vraiment le « journal d’un confiné » au sens strict du terme. Au sens littéral oui, mais ici aucune intention de se prélasser sur la vie au temps du confinement. Il s’agit plutôt de tirer une vision réaliste du monde que nous avons façonné.

Ce premier voyage en Île de France, dans la banlieue, ça marque ; effectuer une migration en sens inverse, aller rejoindre le goudron des parkings des grandes multinationales de notre monde plutôt que l’herbe verte de la campagne, le bruit de l’autoroute toute proche plutôt que celui des vagues se brisant sur les récifs bretons.

Si j’écris ces lignes, c’est parce qu’il existe en périphérie parisienne actuellement tout un concentré de la merde qui nous entoure. Non pas qu’elle soit nouvelle, mais qu’elle soit exacerbée par ce ralentissement général que nous vivons.

En effet, une ZAC (Zone Artisanale Concertée, où seul le premier terme peut éventuellement faire consensus) vidée de ses esclaves habituels (sous-entendu celles et ceux qui y travaillent et celles et ceux qui y consomment), donc vide, nous fait, violemment, prendre conscience de ce que nous avons fait de cette planète. Et à quel point un système de domination, ici le capitalisme, peut être destructeur.

Que reste-t-il alors à faire ? Tout cramer ? ZAC : Zone A Cramer ! Peut être bien. D’ailleurs, quelques voitures laissées ça et là sans surveillance en ont déjà fait les frais. Étrange spectacle qu’une voiture brûlée, où s’entrelacent vitres fondues, cendres des sièges de cuir à l’odeur caractéristique, et ossature métallique du châssis.

Étrangement, ces voitures ne dénotent pas dans le paysage actuel. Elles y ont même toute leur place. Comme elles ne dénotent finalement pas non plus dans une citée HLM, citée débarrassée de ses services publics bien trop onéreux pour un état bourgeois ayant, depuis bien longtemps, choisi de faire la guerre à ses réfugiés de l’intérieur.

On pourrait presque considérer ces objets de révolte (les voitures cramées donc) comme des œuvres d’art intégrées à leur environnement. Une œuvre destructrice dans un paysage détruit, un paysage d’abandon.

Il y a de cela dans l’art de brûler une voiture. Brûler ce symbole du capital, tant par son mode de production que par ses composants issus de l’extraction de matières premières.

Une voiture brûlée, finalement, c’est un cri. Un cri de révolte, un cri de haine. Un cri contre l’inhumanité de notre société. La haine de l’abandon. L’abandon social, l’abandon sécuritaire, l’abandon de l’État aux relents racistes de la police. Les élans de révolte actuels dans les banlieues sont une nouvelle fois là pour en témoigner.

Et il y a de quoi avoir la haine. Si ce paysage désolé, conglomérat d’immenses parkings et de devantures de magasins trop propres pour être honnêtes suffit à gerber ce monde, l’aspect sanitaire actuel et les mesures (et non-mesures) qui l’accompagnent sont tout aussi révoltants.

Un rapide aperçu de la situation des services médicaux suffit encore une fois pour comprendre l’état de la situation. Que ce soit les Maisons de retraité.e.s dans lesquelles les infirmières se démènent pour sauver ce qui peut encore l’être, les cabinets médicaux obligés de créer eux même leur matériel de protection, ou bien encore les hôpitaux psychiatriques abandonnés à leur sort (leur état de délabrement humain et matériel pourrait presque rappeler celui des hôpitaux d’Afrique sub-saharienne), la situation est partout catastrophique.

Mais venons en au dernier point, après avoir fait état de la situation sociétale et sanitaire. Ce dernier traite de ce qui se joue actuellement. Le point capital.

Nous venons de voir que la destruction de l’environnement et des « conquis sociaux » est bien avancée. Certes, le travail n’est pas complètement terminé, mais quand même, c’est en bonne voie. La propagande quotidienne aide activement, qui plus est, à l’entretien de ce phénomène. Alors, que reste-t-il à gagner actuellement pour le capital ? Quelle est désormais l’enjeu majeur de ce nouveau cycle qui vient de s’ouvrir, auquel le COVID-19 peut participer ?

Évidement, la conquête de nouveaux marchés fait partie des enjeux. Cet objectif est intrinsèque au capitalisme. Et la santé ne fera pas exception à la règle durant cette « crise », malgré l’appel oh combien unanime du président de la république quand à la nécessité primordiale de sauvegarder le système sanitaire de l’appétit financier….. n’en déplaise aux 598 employés du CHU de Nancy bientôt mis de côté dans ce nouveau plan de « modernisation » de l’hôpital.

Évidement aussi, on se retrouve dans le cas de La stratégie du choc de Naomi Klein où cette « crise » permet une nouvelle attaque sans précédent contre le code du travail, ainsi qu’un renflouement indécent du système bancaire pendant que les gens sont aveuglés.

Mais actuellement, l’emprise du Capital est telle que l’enjeu est ailleurs. Il peut se permettre de passer à la vitesse supérieure. Cela fait longtemps que les auteurs de Science Fiction nous mettent en garde. La novlangue : cela fait des décennies qu’elle nous imprègne. La destruction des oppositions idéologiques : la chute du mur de Berlin a été l’uppercut final à l’échelle mondiale. La mise en concurrence des travailleurs de tous pays dans un marché commun : la mondialisation a fini de l’acter.

On parle de dystopie en lisant 1984 ou les bandes dessinées d’Alain Damasio. Mais de l’aveu même de ce dernier, ça y est, nous y sommes, en dystopie. Et nous n’avons même pas besoin de le lui entendre dire pour l’avoir compris. La Science Fiction, c’est encore aujourd’hui. A ceci près que cette fois-ci son émergence a été spectaculaire.

Cela faisait quelques temps que nous pressentions l’arrivée de la surveillance de masse. Les exemples Chinois, Hongkongais, Niçois,… Le téléphone portable dans la poche, comme traceur déjà tracé, sans le dire officiellement… Les prédiscours de pseudo-sondages d’opinion des élections municipales, avec partout en France les même thèmes de campagne : armement de la police municipale ? Élargissement de la vidéo-surveillance ? Le tout saupoudré d’une bonne dose dégueulasse de racisme institutionnel….

Voilà ce qui se joue donc surtout au cours de cette « crise » du système : le capital peut-il instaurer un restriction drastique des libertés, associée à un flicage et une criminalisation des individu.e.s toujours décuplés ? La réponse semble être l’affirmative, au vu de la dystopie présente qui nous sert de monde. Le contrôle des corps. Le contrôle des esprits. La peur, la guerre, encore la peur, la guerre, toujours la peur, la guerre,…

Autodiscipline, docilité (par matraquage médiatique d’une pensée unique, attestation auto produite), répression policière (par matraquage physique dans la rue et au commissariat), surveillance numérique à grande échelle (par matraquage technologique : caméras, tracking, drones, hélicoptères,…). Le cocktail est prêt. Il est puissant. Certain.e.s d’entre nous ont déjà compris ce qui se jouait. Le faire intérioriser au plus grand nombre sera une autre paire de manche.’

Si comme le dit le dicton, l’avenir ce n’est pas ce qu’il va se passer, mais ce que nous allons faire, alors oui, il va falloir décupler nos force pour contrer encore un peu plus cette funeste entreprise.


Répression précoce


L’État réarme :


LMH-PSA-Bouygues... payez vos impôts


1 Confinement 2024


2 Confinement 2024


3 Confinement 2024


L'austérité tue


Vers un déconfinement politique du mouvement social ?

 

Le mouvement contre la réforme des retraites en confinement avant l’heure mais des embryons en développement pour la révolution !

L’étalement des luttes dans les secteurs ayant une capacité de blocage économique :

Le 31 mars appelé par les organisations syndicales soucieuses de manifester leur opposition à la réforme des retraites s’annonçait au mieux comme une nouvelle journée où les un.es et des autres auraient pu montrer leur opposition à cette réforme et aux politiques de Macron. L’effet de levier par blocage économique ne se profilait pas. Malgré une longueur et une combativité inédites depuis plusieurs dizaines d’années, le mouvement n’avait jusque là pas réussi à s’amplifier « par la base ». Du côté des directions syndicales affichant leur opposition à la réforme, les soutiens aux mots d’ordre de grève illimitée ou de grève jusqu’au retrait n’ont pas été accompagnés d’une structuration des appareils syndicaux favorisant la mise en grève simultanée de secteurs clés qui auraient pu réellement bloquer l’économie. Les cheminot.e.s n’ont été rejoint.e.s que trop tard par des secteurs de l’énergie puis par les dockers.

La stratégie du dialogue social en toile de fond :

Cet étalement d’engagement de secteurs clés dessine davantage une stratégie consistant à « muscler » le dialogue social plutôt qu’une stratégie de blocage économique destinée à faire plier Jupiter et ses satellites..

Dans les syndicats, les partisan.es du dialogue social ne sont pas sorti.es de leur stratégie consistant à mettre des gens dans la rue pour se donner du poids dans les négociations diverses, agitant sans doute parfois l’arme de la grève plutôt que du débrayage voire le danger de l’explosion d’un mouvement incontrôlé pour convaincre et non contraindre le gouvernement à céder.

Des stratégies « frontales » bien présentes mais insuffisantes.

Les autres catégories classiques d’acteurs et d’actrices des mouvements sociaux sont également restées confinées plus ou moins malgré elles.

Les syndicalistes « lutte de classe » ont un peu gagné en audience mais n’ont pas réussi à contaminer massivement les secteurs qui ne se mobilisent pas traditionnellement. Globalement, les secteurs mobilisés étaient les secteurs habituels, principalement de la Fonction publique ou de secteurs en voie de privatisation mais ayant gardé un « héritage » et quelques traditions de lutte. Les assemblées générales qu’ils et elles ont pu participer à impulser ont parfois été prometteuses mais se sont souvent vite essoufflées.

Les milieux affinitaires ont impulsé des cadres d’auto-organisation mais n’ont pas réussi à fédérer le monde du travail classique resté assez légitimiste bien que souvent critiques vis à vis des cadres proposés par les intersyndicales diverses.

Des liens et des dépassements politiques en développement mais à développer encore.

Les Gilets jaunes et les féministes, les deux se mélangeant parfois, ont davantage réussi à dépasser leurs périmètres habituels mais leurs ampleurs sont restées insuffisantes. Le mouvement Gilet jaune avait jusque là été marqué par une remise en question du pouvoir politique mais agissait en dehors du monde du travail. Il y avait un enjeu à faire se côtoyer les milieux mobilisés « classiques » du monde du travail qui ont un impact potentiel plus fort sur la production, mais sont en général assez « légitimistes » c’est à dire qu’ils ne remettent en général pas en question les institutions et le pouvoir politique. Le déconfinement entre la remise en question du pouvoir politique et de faire porter cette question par les travailleurs et les travailleuses devraient constituer un point d’appui pour les prochain mouvements.

Le mouvement féministe a quant à lui avancé vers le déconfinement entre les différentes formes de violences sociales, en articulant la réforme des retraites aux autres inégalités dans les sphères du travail « marchand » et du travail « domestique » notamment. Cette articulation est aussi un point d’appui pour que le mouvement social puisse déboucher sur des changements profonds de société.

L’impact du coronavirus : des confinements…

Le vieux monde se raccroche à ses fondamentaux :

C’est finalement le coronavirus qui aura déclenché le coup d’arrêt économique que nous jugions nécessaire pour contraindre Macron à faire machine arrière sur la réforme des retraites. Mais si le gouvernement a décidé de reporter cette réforme et d’autres comme celle de l’assurance chômage, il a attaqué sans délai le droit du travail et fait passer d’autres mesures pro-business comme la simplification de l’installation des antennes 5G grâce à la loi d’état d’urgence sanitaire… Le coronavirus a bon dos et tout en annonçant que « Rien ne sera plus comme avant », Macron se confine dans la défense des grands principes du capitalisme. Alors qu’il était hors de question de trouver quelques milliards pour permettre un fonctionnement des hôpitaux publics conformes aux exigences des personnels, le gouvernement vient de réussir à emprunter 100 milliards pour « sauver l’économie ». De son côté, le président du MEDEF articule allongement du temps de travail, suppression de jours fériés et de congés payés pour rembourser les dettes contractées pendant le Coronavirus. Quand on sait que les créanciers ne possèdent qu’une petite partie de l’argent qu’ils prêtent, on se rend compte que cette proposition ne fait que perpétuer les mécanismes du vieux monde consistant à transforme la monnaie de singe en capital réel par le travail de celles et ceux qui n’en verront que peu ou pas la couleur. Quand on apprend que le Fond Monétaire International évoque la possibilité de prélever 10% de l’épargne pour participer au remboursement des capitalistes qui ont émis ou émettront les créances, on se rend compte que les corbeaux et les vautours se confinent dans ce ruissellement qui fonctionne en fait en sens inverse !

Et la contestation institutionnelle continue de vouloir lui faire entendre raison…

Il convient aussi de faire un tour sur les « confinements » des organisations que l’on pourrait qualifier à la louche « de gauche ». Ces organisations ont certes des champs d’intervention et des modes de fonctionnement différents mais elles possèdent en quelque sorte une colonne vertébrale politique commune dont la tribune « Plus jamais ça! » constitue une radiographie qui en résume les grands traits. Dans cette tribune, 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer « le jour d’après ». La tradition française de camoufler les liens entre les organisations politiques et les autres au nom de l’indépendance politique permet certainement d’expliquer pourquoi les organisations politiques institutionnelles comme le PCF ou la France Insoumise n’y sont pas mais leur colonne vertébrale politique n’est pas bien différente. Mais quelle est cette colonne vertébrale ? Si l’objectif de « reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral » est louable, les moyens évoqués pour y parvenir se bornent à demander à l’Etat de mettre en place des mesures en « discutant » avec les organisations syndicales pour demander à ce que la Banque Centrale Européenne ou que les banques publiques prêtent à l’Etat l’argent nécessaire pour mettre en place ces mesures. Sans surprise, la justice fiscale est aussi vue comme un autre moyen de financement. Bref, on continue de dialoguer entre partenaires sociaux pour mieux répartir les richesses sans toucher aux rapports de production ni toucher aux propriétés des capitalistes… Quelque part, malgré la crise, ces organisations restent confinées dans des stratégies pourtant inopérantes depuis des années.

Et des déconfinements :

De la « réaction » mais aussi de l’évidence de la nécessité d’en finir avec l’ordre établi.

Difficile de dire à ce stade quelle sera la nouvelle forme du monde tant la crise accélère la course entre modèle concurrents. En Hongrie, le Premier ministre hongrois Viktor Orban qui flirtait avec l’extrême droite s’est octroyé les pleins pouvoirs pour lutter contre le Coronavirus en s’autorisant à légiférer par décrets sans passer par le parlement ou à emprisonner huit ans « ceux qui bloquent les efforts du gouvernement pour arrêter la pandémie ». En France, l’extrême autoritarisme du gouvernement a encore un peu de marge avant d’en arriver là même s‘il y a eu la mise à pied d’un inspecteur du travail pour avoir entamé des démarches contre une entreprise d’aide à domicile mettant en danger ses salarié.es (et en même temps les patients) car elles ne fournissait pas de matériel de protection… Entre les masques qui manquent et les masques qui tombent, la période est riche en démonstration de la fracture qui existe entre celles et ceux qui mettent leur vie en danger pour faire tourner la baraque et celles et ceux qui en profitent… Avec les mécanismes financiers décrits dans le paragraphe précédent et le dépeçage de l’appareil de production qui a abouti à ne plus fabriquer de masques en France, ajoutés au refus de réquisitionner certaines entreprises pour fabriquer du matériel médical, les choix économiques et politiques de la classe dominante déconfine l’idée que le capitalisme vole, que le capitalisme tue et qu’organiser un autre mode de production et de démocratie devient une question de vie ou de mort !

Les injonctions du MEDEF et de Macron à reprendre le travail le 11 mai, malgré les incompétences coupables de ces dernières semaines dans la gestion de la crise, ne font que confirmer cette urgence.

L’évidence de la priorité à donner à des productions liées aux besoins essentiels déconfine aussi l’idée que, même s’il faut continuer à mettre l’État et ses gouvernant.es élu.es ou non devant les responsabilités sociales qu’ils prétendent endosser, il faut se préparer à déposséder les possédant.es de leur pouvoir économique et politique.

De l’impossibilité de s’en remettre à l’État, au dialogue social, et aux « nouveaux » modèles capitalistes de business pour s’en sortir…

Comme évoqué ci-dessus, la représentation politique institutionnelle de gauche et les syndicats ne comptent pas renverser la table mais plutôt proposer une unité nationale « critique » face à la crise sanitaire. S’il ne faut pas compter sur ces organisations pour modifier les rapports de production, il ne faut tout de même pas négliger les contradictions qui y existent et qui peuvent constituer des points d’appui dans certaines situations. Le PCF et la LFI n’ont par exemple finalement pas voté le budget du 2ème plan d’urgence économique après avoir voté le premier alors que l’un comme l’autre visait surtout à mettre les capitalistes sous perfusion… de liquidités. Si ces partis ne proposeront pas d’alternative concrète, leur fronde et les éventuelles frondes futures pourraient ouvrir une crise de régime avec un affaiblissement des institutions aujourd’hui au service du capitalisme. Sur le plan syndical, les combats pour rendre le droit de retrait effectif ou les dépôts de préavis de grève comme dans la fédération Fonction publique de la CGT ou le syndicat FO lycées et collèges, permettent aux salariés de moins s’exposer aux représailles pour se préserver, préserver leurs proches mais aussi les usagers et usagères lorsque les conditions sanitaires ne sont pas réunies.

Quoique d’une autre nature mais toujours dans la catégorie des impasses, nous avons aussi les protagonistes appartenant à la sous-catégorie de l’Economie Sociale et Solidaire que l’on appelle le Social Business. Le vernis des objectifs de satisfactions de besoins sociaux ou environnementaux cache un modèle où la recherche de profits débouche ou débouchera sur une sélectivité par l’argent des bénéficiaires et/ou sur un fonctionnement avec des conflits d’intérêts structuraux entre le monde politique qui choisit la nature et les rémunération de ces prestations. Ce modèle tend à se substituer aux Services publics à but non lucratif mais dans le mode de production capitaliste, les conflits d’intérêts existent dans les deux modèles et les nationalisations appelées par certain.es ne sont que des appels à perfusion des capitalistes pendant les périodes de rentabilité des services indispensables. De nombreuses start-ups sont à l’affût pour émerger dans ce nouveau modèle, soutenu par la politique macronienne. Même certaines SCOP s’y mettent comme celle proposant de mettre en place le « tracking » évoqué pour le suivi des malades du COVID-19 (et les autres…), comme si la démocratie du fonctionnement interne qui reste à prouver donnait davantage de garantie démocratique à la démarche de contrôle généralisé…

Des luttes des « sujets » dont la crise sanitaire et économique renforcera le poids et des projets d’institutions à mettre en œuvre pour défendre leurs intérêts et ceux du reste de la population (moins les capitalistes…)

La crise sanitaire a mis en première ligne les professions liées aux besoins primaires : santé, alimentation… Ces métiers sont particulièrement touchés par la précarité avec des conditions de travail difficiles et/ou des rémunérations basses : agriculteurs et agricultrices, aide à la personne, livreurs et livreuses à domicile… Les salaires du milieu médical sont souvent meilleurs mais leurs conditions de travail ne cessent de se dégrader depuis des années. Ces secteurs sont aussi fortement marqués par une forte proportion de femmes. Ces caractéristiques étaient aussi très présentes dans le mouvements des Gilets Jaunes et de fait dans le mouvement féministe dont les dépassements politiques et/ou numériques pourraient se renforcer grâce à la légitimité de cette mise en première ligne. Elles sont aussi présentes pour les travailleurs et travailleuses des quartiers populaires et sans papier pour qui la déconsidération envers un État est synonyme de répression et non de solidarité. Le pouvoir de ces secteurs et catégories sociales pourraient aussi être renforcé par la place qu’ils pourraient prendre dans le cas où la crise sanitaire et économique rendraient les capitalistes incapables de répondre durablement aux besoins primaires de tous et toutes.

L’un des enjeux de ces prochains mois sera donc de faire coexister les groupes sociaux et les différentes formes d’organisation pour un mouvement social global. Cette globalité ne pourra pas se faire en nivelant les caractéristiques et les aspirations des un.es et des autres au nom d’une vision unitaire monolithique. Le respect des cadres d’organisations créés par celles qui se battent ou se battront avec leurs spécificités professionnelles, géographiques ou de genre sera primordial pour permettre à chacun.e de prendre part aux luttes et ainsi limiter les illusions de salut envers un homme providentiel qui incarnerait l’espoir lors d’élections et les rabattrait vers une issue institutionnelle. Bien sûr on peut espérer que ces différentes formes d’organisations (Collectifs, Syndicats, Partis, Assemblées Générales, groupes affinitaires…) se côtoieront pour prendre des décisions et agir ensemble, mais une autre manière de créer du commun serait que toutes ces formes d’organisations convergent vers la création de nouvelles institutions qui leurs garantiraient des conditions d’existences communes avec le droit à la santé, à l’alimentation, à la culture et le droit à un travail socialement utile. De telles institutions crées dans les luttes pourraient permettre aux autres secteurs de s’y rattacher et d’offrir leur force de production pour répondre démocratiquement à une crise sanitaire, sociale et écologique que les capitalistes sont incapables de résoudre sans voler ni tuer. Les pistes les plus avancées dans la période pour construire de telles institutions s’incarnent dans la création de caisses de salaire et d’investissements4 qui, gérées démocratiquement, pourraient permettre à chacun et chacune de bénéficier d’une rémunération conséquente de droit et de choisir les productions socialement utiles.


On ne te donne pas un emploi On te vole le fruit de ton travail


Surveillance Répression 2020

 


Auto-défense populaire

La sociologie de Pierre Bourdieu


En quoi Bourdieu peut-il nous être utile en tant que militant ou simplement pour mieux s’informer, décrypter le monde ?

Celui-ci nous permet de déconstruire l’idée de mérite, de talents innés, le mythe du “self-made-man” et autres balivernes en nous montrant les déterminismes sociaux qui font ce que nous sommes.

S’appuyant entre autres sur la sociologie des classes sociales de Karl Marx, Pierre Bourdieu y ajoute une dimension culturelle.

Il parle de capital économique également : ce que l’on possède, ce que l’on hérite et lègue en héritage. Mais il ajoute aussi les concepts de capital culturel, de capital social.

En effet on hérite également de biens culturaux, divers objets, des livres, rien que de savoir qu’ils existent dans la bibliothèque de vos parents fait une différence avec d’autres personnes qui ne pourraient même pas en apercevoir l’existence. Mais c’est également et surtout ce que l’on hérite du langage des parents, ce qu’ils vous apprennent etc. L’auteur ajoute que l’école parle le langage de la classe dominante, des hautes classes en somme, ce qui les favorise vis à vis des classes populaires.

Le capital social, c’est le réseau, toutes nos relations, l’oncle qui va vous dégotter un stage dans une entreprise prestigieuse etc. On en hérite, on en use durant sa vie et on le lègue.

En résumer Pierre Bourdieu nous montre les différences de position dans la hiérarchie sociale en fonction de notre dotation en ces trois formes de capital. Autant vous dire que si l’on est fort doté en capital économique, culturel et social, on a de fortes chances d’occuper des positions de pouvoir dans la société. Mais rarement les gens qui ont eu la chance de ces différents héritages en capital ne vous le diront, ils préféreront mettre en avant leur individualité, leurs propres mérites, que leur carrière et/ou leur prestige ils le doivent à leur travail, leur talent et toutes ces sortes de conneries. La vérité est plus terre à terre : s’il existe des trajectoires individuelles, des bifurcations qui sont le produit de notre personnalité, nous sommes avant tout des êtres sociaux déterminés !.. Ça peut paraître glaçant comme ça mais rassurez vous cela ne veut pas dire que vous n’avez plus de libre arbitre possible, plus aucune liberté en somme, que tout est écrit à l’avance. Non, l’exercice de votre liberté s’exerce mais dans un cadre (milieu) économique, social et culturel qui vous détermine largement.


A voir pendant le confinement :

Un Lallemant à Paris 2


Poe aime

 

(merci, c’est gentil.)

 

Et toujours en bas,

Ce putain de chien qui aboie.

Toute l’Europe est à l’arrêt

Bientôt le monde,

La pandémie se répand.

La machine repartira t-elle ?

Les États-Unis ferment les frontières.

La France, l’Italie, l’Allemagne ne contrôlent pas les leurs,

Le virus se multiplie car il faut faire vivre l’économie.

Un fétiche qui tourne pour lui-même.

Le Président annonce qu’on ne comptera plus.

Cyniquement il fait croire que nous sortons tous ensemble

Du sacré, monde de l’Économie,

Réification à son stade terminal.

Invasion de sauterelles en Afrique de l’Est,

Incendies en Australie, l’Amazonie brûle,

Wall Street s’effondre, avant de remonter très faiblement.

Avant crise, avant virus,

L’Industrie mondiale était en récession,

La Chine, l’Allemagne, les fleurons industriels du capital fléchissaient.

Des économistes pensaient à un choc extérieur pour la crise annoncée,

Financière de 2020.

Ils ne se trompèrent guère,

Celui par qui le krach arrive ?

Un virus nommé Corona.

 


Tant pis pour la rime :

Le problème n'est pas la pangolin mais le capitalisme


Covid-19 Non au travail forcé


Confinement :

“Le temps dure longtemps

Et la vie sûrement,

Plus d’un million d’années…”

Nino Ferrer


Monde d’après :

« Il retourna alors à son travail comme si de rien n’était. »

Franz Kafka


Pour finir, un communiqué de la BAM :

La crise économique c'est fantastique La décadence c'est la bonne ambiance


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